Congo-Kinshasa: Fustigeant les propos de Mike Hammer, le professeur Célestin Musao affirme qu'il n'y a pas eu un vrai changement au pays

Les propos tenus dernièrement par Mike Hammer, l'Ambassadeur des Etats-Unis en République Démocratique du Congo, à l'issue de sa rencontre avec le Président de l'Assemblée nationale Christophe Mboso N'kodia Mpwanga, faisant allusion à un vrai changement intervenu au sein des institutions de la République notamment dans les deux Chambres du Parlement, ont produit un son désagréable aux Oreilles de l'Honorable Musao Kalombo Célestin.

C'est après avoir déchiffré la partition de l'interview du Représentant du Pays de l'Oncle Sam à Kinshasa accordée à la Presse parlementaire que le Coordonnateur de l'Observatoire de la Gouvernance-RDC a rejeté en bloc, dans une mise point, l'avis de cet Ambassadeur résidant dans la capitale congolaise. Il y a lieu, estime Musao, de parler d'un putsch constitutionnel en lieu et place d'un changement.

Visiblement époustouflé, l'Ancien Rapporteur de la Chambre basse du Parlement du bureau Mabunda pense que l'Ambassadeur Mike Hammer devrait être rappelé aux Etats-Unis après une énième intervention de qu'il qualifie de raté en termes de violations à répétition des lois régissant la Coopération entre les Etats.

Brève mise au point de l'honorable Prof. Musao Kalombo Mbuyu, Coordonnateur de l'Observatoire de la Gouvernance-RDC, à la suite de l'interview accordée par le diplomate américain à la presse parlementaire

Le Diplomate américain devrait sans délai être rappelé dans son pays d'origine suite à ses nombreux ratés en termes de violations à répétitions des lois régissant la coopération entre les Etats. Jusqu'où notre pays va-t-il demeurer la risée du monde, singulièrement des Etats-Unis, (pays) qui prétend avoir le monopole sur le destin de notre communauté nationale ?

En effet, j'ai eu, ce jour, la chair de poule, après avoir décrypté intelligemment la vidéo de l'interview de l'Ambassadeur américain, M. Mike Hammer, aux prises avec la presse parlementaire, à l'issue de l'audience lui accordée, ce Vendredi, par le Speaker de la Chambre basse du Parlement congolais Christophe Mboso N'kodia Mpwanga. Ce premier d'entre les citoyens américains présents sur le sol congolais a semblé parler d'un vrai changement intervenu au sein des institutions de la République notamment dans les deux chambres du Parlement et au niveau du gouvernement central, autant que dans certains exécutifs provinciaux.

Notre indignation est grande, notre consternation est totale, nos regrets sont sans commune mesure, à raison. L'attitude, les faits, et les gestes du diplomate américain en poste à Kinshasa, déçoivent plus d'un observateur averti. Nul analyste épris d'esprit nationaliste cher à M'zée Laurent-Désiré Kabila, John Magufuli, Robert Mugabe, Lumumba Patrice, tous d'heureuse mémoire, pour ne citer que ces pairs de la révolution continentale, ne devrait permettre les logomachies de cet ambassadeur, vis-à-vis de notre identité nationale et nos aspirations profondes, en tant que peuple.

La préoccupation ci-dessous vaut son pesant d'or : " Qui dicte la loi au pays de Lumumba Patrice Emery, 61 ans après l'indépendance chèrement acquise ? " La mère patrie a-t-elle véritablement besoin des diktats d'un probable pays puissant pour écrire sa propre histoire ? Si oui, doit-on dans ce cas regretter n'est-ce pas pourquoi nos martyrs et héros ont sacrifié leur sang au profit de la postérité ? La réponse à la précédente question est non. Non parce que le Congo de nos aïeux est libre, indépendant, émancipé selon la lettre et l'esprit du législateur congolais. Le préambule de notre belle constitution en vigueur insiste, par ailleurs, sur cet acquis historique.

Monsieur l'Ambassadeur américain ; le changement auquel vous faites allusion est un leurre, un recul démocratique inédit auquel vous avez contribué au détriment de nos lois et de nos valeurs intrinsèques. Du basculement éventuel de la majorité FCC à la chute du Gouvernement Ilunkamba, les démissions des membres de l'ancien bureau définitif du Sénat, les lois ont dû être carrément bafouées, sous l'œil impuissant et complice de la communauté internationale. Il n'y a pas eu vrai changement, non plus le simple changement. Par conséquent, il y a lieu de parler d'un putsch constitutionnel.

Bravo, quand vous faites d'ores et déjà allusion aux élections de 2023. Celles-ci devront inéluctablement se tenir, dans le respect du délai constitutionnel. Ces élections-là sont les nôtres, nous congolais, nous les voudrons transparentes, apaisées, générales et organisées sur fonds propres. Assez aux diktats ! Assez à l'impérialisme ! Assez aux leçons creuses qui n'en sont pas unes. A la classe politique de se prendre en charge, il n'est pas tard pour s'y mettre, étant donné que notre devenir radieux est fonction de nos efforts collectifs en tant que peuple congolais.

Coordonnateur de l'Observatoire de la Gouvernance-RDC

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