Madagascar: Anjozorobe - Des ravisseurs assiègent plusieurs villages

Au moins sept villageois ont été kidnappés, des hameaux assiégés, des écoles fermées et des gens dépouillés de leurs biens à Ambohibary Anjozorobe au cours des cinq derniers mois.

Insécurité grandissante. Des habitants de la commune d'Ambohibary Vohilena, du district d'Anjozorobe, tirent actuellement la sonnette d'alarme face aux invasions armées de kidnappeurs. Au cours des cinq derniers mois, une série d'enlèvements contre rançon à l'encontre d'au moins sept personnes, des vols de bœufs et des exactions se sont produits. « Un habitant d'Amparihy a été ravi et libéré après avoir versé 25 millions d'ariary, un autre à Amboniakondro a payé 10 millions d'ariary. Un autre encore, d'Ankerandava, avait été menacé au téléphone et contraint de donner 50 millions d'ariary », ont raconté nos lanceurs d'alerte.

« Les bandes de Del Kely, de Jarifa et de Dah Mena sont les auteurs de tous ces crimes. Depuis cinq mois, onze villages ont entièrement été désertés. Trois écoles primaires publiques (EPP) ont dû être fermées. Les dahalo venaient déranger les écoliers et leurs enseignants. Le collège d'enseignement général (CEG) d'Amboniakondro Nord a récemment reçu des menaces », ont-ils expliqué.

Des gendarmes sont pourtant présents à Amboniakondro, à Mangarano, et des militaires à Andranomiantra. Les repaires des dahalo ne se trouvent pas très loin de ces localités, selon les témoignages recueillis.

Grande fête

« Il est déjà arrivé qu'un vol de bétail se produise à 19h 40, un trajet de cinq minutes du bureau des gendarmes à Amboniakondro. Les dahalo avaient froidement abattu un membre du fokonolona. Ils lui ont tiré une balle dans la tête. Aucun des zébus volés n'a pu être récupéré à ce jour », a relaté un notable ayant requis l'anonymat par peur d'éventuelles représailles.

Le lundi de Pâques, à 11h, des coups de feu ont retenti à Antsaokamilaika. « Les dahalo auraient fait une grande fête car ils avaient reçu une rançon. Puis, vers 16h, ils ont enlevé une personne et tué une autre à Ankerandava. Et encore, ils ont tenté d'attaquer un habitant de Bedanga, du fokontany de Morarano », a ajouté un responsable pédagogique faisant partie des victimes d'actes de banditisme dans la contrée.

« Nous voulons attirer l'attention des maires, du député, du chef de district, ainsi que de tous les autres responsables pour prendre des mesures sérieuses pour mettre fin à l'insécurité incessante. En effet, nous voudrions une opération militaire. Il est maintenant inutile de chercher les dahalo dans la brousse, mais ils sont bel et bien présents aux villages, sans peur », ont rapporté nos interlocuteurs. Joint par téléphone, un chef de la gendarmerie a affirmé être sur le terrain, hier toute la journée, et n'a pas encore grand-chose à communiquer.

Plus de: L'Express de Madagascar

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