Sénégal: Situation socio-politique, émeutes et Covid-19 - Pr Papa Demba Sy et cie posent leur diagnostic

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) a organisé une conférence de presse hier, vendredi 09 avril 2021, à Dakar. Cette rencontre a été d'une part, l'occasion d'une réflexion approfondie sur la l'état de la nation et, d'autre part, le moment choisi pour jeter un regard critique sur les pas franchis, les écueils et les défis à surmonter pour une prise en charge plus aboutie des préoccupations des Sénégalais.

«Pour créer un parti de gauche, il faut un certain nombre de préalables puisque nous sommes des organisations différentes. Et ces mouvements de gauche ont accusé chacun une certaine expérience. C'est la somme de ces expériences que nous voulons faire converger et fusionner pour arriver à un parti », dixit le Pr Papa Demba Sy. Et de poursuivre : « la CDS est, d'une part, l'aboutissement de nombreuses initiatives et tentatives d'unification de la gauche depuis au moins une vingtaine d'années, plus spécifiquement d'un processus d'unification de la gauche depuis dix ans et, d'autre part un point d'impulsion de la lutte contre la division et l'émiettement de la gauche, par la construction d'une grande force de progrès ».

Et pour cela, poursuit le coordonnateur de la CDS, «la Confédération est à cet égard un premier pas vers une unité plus poussée. Elle dépasse la simple unité d'action.

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme(CDS) a pour but d'unifier les forces de gauche en un grand parti en vue de la conquête et de l'exercice démocratique du pouvoir, de l'édification d'un Etat de droit, d'une République citoyenne, laïque, dans une société sénégalaise progressiste, socialiste, démocratique, pacifique, solidaire des autres peuples d'Afrique et du monde », a dit M Sy. En vue de la matérialisation de son projet alternatif de transformation sociale au Sénégal et en Afrique, « cette Gauche entend œuvrer aux côtés des masses populaires, ouvrières et paysannes et de toutes les couches défavorisées, pour la conquête démocratique du pouvoir, autrement dit le respect de la volonté populaire, l'exercice plein et entier de la souveraineté du peuple ».

GESTION DE LA COVID-19 : L'ALERTE DE LA CDS

Evoquant la pandémie de la Covid-19, la CDS est revenue sur l'évolution de la situation au Sénégal pour apprécier « les mesures prises par le gouvernement et les efforts déployés par les personnels de santé. Tout en constatant que malgré tous les efforts consentis, le Sénégal a déjà payé un lourd tribut du fait de cette pandémie. Pour autant, a dit la CDS, « l'inflexion en cours ne doit donc pas empêcher tous les patriotes sénégalais de se livrer à une profonde introspection pour développer les attitudes adaptées».

Et de déclamer : « A l'évidence, les manifestations et organisations de cérémonies familiales demeurent des sources de propagation communautaire du virus, notamment dans un contexte marqué par l'apparition de variants dont la capacité de nuisance est beaucoup plus puissante ». C'est pourquoi, la CDS « élève encore la voix pour appeler les concitoyens à faire preuve de plus de sens des responsabilités individuelles et collectives ».

Pour ce, la CDS a interpellé chaque citoyen « à contribuer à briser la chaine de contamination qui propage la maladie et accroit le nombre de morts de manière conséquente et en dépit des contraintes sociales, prendre sa part de charge dans ce combat de refus d'être un vecteur du virus, d'adopter l'acte citoyen engageant sa responsabilité».

Dans le même sillage, la CDS a exhorté le gouvernement « à renforcer le processus de sensibilisation pour faire respecter les mesures barrières, dans la rigueur la plus stricte. Tout autant aussi, elle a invité les populations, les leaders d'opinion au premier rang « à faire preuve de constance et de conséquence dans l'observation des règles prescrites. Par ailleurs, la CDS n'a pas manqué de dénoncer « l'attitude de certains patrons, particulièrement dans le secteur du tourisme, qui profitent de la situation de la Covid-19 pour licencier, à tour de bras, des travailleurs en violation des accords ayant conduit l'Etat à apporter au secteur un accompagnement substantiel, en termes de subvention, d'allégement fiscal ».

EMEUTES DE MARS : POUR UNE PLUS GRANDE ECOUTE DE LA COMPLAINTE DES JEUNES

Lors de cette conférence de presse, le Pr Papa Demba Sy est revenue également sur les événements du mois de mars dernier. « Le Sénégal a connu une situation de troubles graves, caractérisés par des scènes de brigandage et de vandalisme; des manifestations liées aux développements d'une affaire privée opposant deux citoyens sénégalais, pendante devant la justice. Cela a entrainé la mort de plus d'une dizaine de personnes, des blessés ainsi que la destruction de plusieurs édifices publics et de biens privés appartenant à des gens qui ont consenti à investir dans notre pays. Nous avons assisté, abasourdis, à des mises à sac systématiques de magasins, de stations d'essence, des pillages de banques et de plusieurs entreprises privées opérant sur le territoire national ».

Et même, martèle le coordonnateur de la CDS «des organes de presse ont été attaqués, les véhicules du personnel incendiés comme des maisons de personnalités de la majorité au pouvoir, d'avocats et de particuliers. De surcroît, des journalistes comme des intellectuels sont insultés et menacés de mort ». Jetant un regard lucide sur les politiques publiques en cours au Sénégal, la CDS exhorte le gouvernement à maintenir le cap dans sa volonté de rendre disponible partout dans le pays les moyens de satisfaction des besoins sociaux de base, notamment « électricité, eau, écoles, hôpitaux, routes et infrastructures sportives ».

Dès lors, la CDS encourage et demande à l'Etat de «faire montre d'une plus grande écoute de la complainte des jeunes dont le désœuvrement est renforcé par la pandémie actuelle et à leur trouver des occupations par le biais de la formation professionnelle, de l'artisanat, d'une agriculture modernisée et rentable, seul secteur capable d'absorber le flux soutenu de demandeurs d'emplois ».

Enfin, évoquant la question des élections locales, la CDS prend acte de l'impossibilité de tenir, à la date précédemment retenue, les élections locales en raison de l'exigence de l'opposition d'audit du fichier électoral et l'évaluation du processus électoral. « Il semble en effet impossible de tenir ces élections le 31 mars 2021, ni même au cours de cette année en raison des délais légaux prévus par le code électoral », précise -t-elle.

Plus de: Sud Quotidien

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