Congo-Brazzaville: Du rêve à la réalité ?

Imaginons un instant, même si cela paraît fou dans le moment présent, que les cinq ou six grandes puissances qui se défient plus ou moins ouvertement sur la scène internationale décident de s'accorder sur l'essentiel : l'essentiel c'est-à-dire la paix mondiale, la protection de la nature, la lutte contre les pandémies présentes et à venir, l'aide au développement des pays émergents. Autrement dit, que la Chine, l'Europe, les Etats-Unis, l'Inde, la Russie s'assoient enfin autour de la même table non pour apaiser simplement leurs relations, mais pour prendre les dispositions collectives qui permettront à l'humanité de résoudre les problèmes auxquels elle se trouve confrontée en ce début de troisième millénaire.

Contrairement aux apparences les conditions pour faire de ce rêve une réalité sont aujourd'hui sinon réunies, du moins en cours de réunion et permettent donc d'espérer en un avenir collectif qui protègera mieux notre espèce des maux à venir. En témoigne la mobilisation croissante des opinions publiques sur les cinq continents contre le dérèglement climatique, pour la lutte contre le coronavirus et ses variants, contre la misère ou la pauvreté dont souffre plus de la moitié des êtres humains, pour une réforme de la gouvernance mondiale qui protège la paix partout où elle se trouve menacée, contre les extrémismes de toute nature dont sont victimes nombre de peuples sur cette Terre.

Même si cela ne se voit pas encore clairement, l'abolition du temps et de l'espace que génère la mondialisation, notamment dans le domaine de la communication, a comme conséquence que les nouvelles générations perçoivent mieux que leurs aînées le danger que porte en lui l'affrontement des grandes puissances. Un affrontement qui, certes, reste pour le moment indirect mais qui peut dégénérer à tout instant en un combat ouvert comme le font craindre les tensions croissantes dans le golfe Persique, en Mer de Chine du Sud, dans l'immense région du Sahel-Sahara. Combat dont le pire sortirait à coup sûr étant donné la puissance des armes que détiennent les Grands de ce temps.

La puissance acquise tout au long des dernières décennies par les réseaux sociaux est en réalité devenue telle que les gouvernants ne peuvent plus ignorer les attentes que ceux-ci traduisent. Même si elle génère une avalanche de « fake news » contre laquelle il est difficile de lutter, elle confère simultanément à la société civile, sur tous les continents et dans tous les pays, une influence qu'elle n'avait pas jusqu'à présent, qui ne peut que se renforcer dans les années à venir et qui, tôt ou tard, contraindra les Etats à mieux se concerter pour protéger la paix et éviter des crises destructrices qu'ils paieraient au prix fort.

Si les « Grands » de ce monde sont sages, ce qui est le cas, ils doivent dès à présent anticiper le mouvement planétaire qui se dessine et se réunir pour réfléchir ensemble au futur apaisé dont rêvent leurs concitoyens.

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