Gabon: La chanteuse de gospel Salem sur les sillons des artistes légendaires

Libreville — La chanteuse gabonaise de Gospel, Salem, plus connue de son nom Christelle Bidang Ndong épouse Angoué est la 9ème d'une famille de 10 enfants (avec 5 frères et 4 sœurs) originaire de la Province du Woleu-Ntem, Nord du Gabon. Très tôt, elle a fait sienne, l'hymne religieux, negro spiritual qui puise ses origines au début du XXe siècle aux Etats-Unis et en particulier dans le milieu chrétien.

Si le mot Gospel, signifie « évangile » , rappelant que le Gospel fait référence au Nouveau Testament (symbole d'une nouvelle naissance, d'une résurrection, de la grâce qui libère en lien avec l'émancipation des anciens esclaves), les instruments typiques qui accompagnent ce style musical sont le piano, la guitare, l'orgue Hammond, le chant, le ylophone et la harpe.

Salem a choisi le chant qui lui permettrait, d'expérience en expérience de s'ouvrir, pourquoi pas sur le Gospel blues, le blues, la musique soul, etc.

Bercée par le chant religieux, cette jeune femme, « notre Salem » est bien dans sa tête. Alerte dans le geste, attentive, intelligente et réactive au travail, notre artiste a décroché un BTS en Communication d'Entreprises à l'Institut Universitaire des Sciences de l'Organisation (ex ENSS). Ce qui lui vaut de poursuivre une carrière épanouie dans une entreprise basée à Port-Gentil.

Le signe d'un destin glorieux

Orpheline des ses deux parents partis trop tôt, Salem trouvera un père et une mère en Jésus - Christ qu'elle reçoit en 2003 au cours d'une croisade d'Evangélisation organisée par l'homme de Dieu le Docteur Martin TSALA ESSOMBA. Dès ce moment, Salem n'arrêtera plus de chercher son Dieu par une vie de prière, de jeûne et loin de craindre son créateur.

Salem fait ses premiers pas dans le gospel en 2006, encadrée par le Chantre artiste gospel Eliud (Rémi ESSAMA) à l'Eglise locale « Va & Raconte ce que Dieu a fait pour toi ».

En 2008, Salem, pour des raisons professionnelles et familiales, s'installe à Port-Gentil, ville cosmopolite du Gabon, une presqu'île conservatrice et frondeuse. Mais le christianisme et la foi réligieuse y sont plus forts que dans le reste du pays.

Responsable et toujours à la quête d'un meilleur équilibre partagé, elle se marie et continue à servir son Dieu.

Un premier opus pour marquer son élan

En 2009, elle sort un premier opus de 7 titres dénommé « Le Dieu de mon Dieu » au studio EZIM RECORDS, maxi qui ne sera hélas pas promu, mais Salem ne se découragera pas pour autant.

En 2014 elle fera la connaissance de Jeancy ZAM, responsable du Label gospel Lamb Record qui la produira en studio. Ainsi, en 2015, elle met en circulation le second maxi intitulé « Ma reconnaissance ». Mais pour des raisons de calendrier de déplacement du Producteur hors du Gabon, l'album ne connaîtra pas assez de promotion.

Pendant un certain temps, Salem redistribue ses cartes, est absente de la scène locale gospel mais se remet en question, aidée et soutenue par Benoît son époux, la psalmiste Maryse de Sion, la Révérende Diane OMEGA, Samira ADZABE et Bénédicte WORA, pour la sortie de l'album de 10 titres « Dieu a tout changé », consacré exclusivement à la louange, l'adoration et au témoignage des œuvres et merveilles du Très Haut. Cet album produit en 2 ans au studio MB chez Willy MBOUMBA était disponible en 2018 et poursuit sa promotion par l'organisation des concerts dans les églises locales.

La sortie de l'album « Dieu a tout changé »

a été pour Salem l'occasion de recevoir une autre recommandation du Seigneur, celle d'œuvrer dans le social par l'organisation des caravanes médicales annuelles à travers les 9 provinces du Gabon. Le concept consiste en l'organisation d'une journée médicale pour les consultations et soins gratuits aux populations avec distribution de médicaments, l'évangélisation n'étant pas en reste.

De Libreville (au sein de l'église Langues de Feu), en passant par Lambaréné (à l'Ancien hôpital), par Fougamou (au sein de l'église Kol-Ha-Yeshua) et par Oyem, une équipe médicale et des évangélistes œuvrent à la fois pour les soins de santé et pour le salut des âmes. La recommandation donnée par le Seigneur veut que cet évènement se perpétue, dans le but de glorifier le nom de Jéhovah, en organisant cette offrande au début de chaque année.

Quand Salem n'est pas sur scène, elle adore et loue Jésus au sein de l'Eglise Glorieuse à Port-Gentil, et comme une bonne mère de famille, elle prend soin des siens (son époux, ses enfants et tous ceux que Dieu lui a confiés). Salem aime beaucoup le sport, la lecture, le cinéma, la cuisine mais aussi et surtout la décoration intérieure. A son actif, elle compte plusieurs clips vidéo diffusés sur YouTube, facebook et les télévisions.

https://www.facebook.com/Salem-Christelle-Officiel-693325211048943/

https://actuzikgabon.net/tag/salem-christelle/

https://www.facebook.com/watch/Salem-Christelle-Officiel-693325211048943/

https://www.facebook.com/693325211048943/videos/2732682910314891

https://www.facebook.com/693325211048943/videos/790694758201471

etc.

Un maxi single de 5 titres est prévu pour l'été 2021.

Et si le gospel vous était conté ...

Le gospel est un genre de musique chrétienne avec des dominantes vocales qui varient selon la culture. Il s'est développé en même temps que le blues primitif. Les artistes modernes de gospel ont aussi intégré des éléments de musique soul. L'origine de ce style provient des afro-américains chrétiens évangéliques, suivant les negro spirituals.

Arrivés sur le continent américain, les esclaves font l'objet d'une sorte de dressage (période d'acclimatation appelée le seasoning par les esclavagistes anglo-saxons). Coupés de leurs racines (on les sépare de leur famille, de leur groupe ethnique, de leur groupe linguistique, on leur donne un nouveau nom), ils doivent s'habituer aux conditions particulières du pays (apprentissages forcés de la langue, de la vie sociale sur les plantations, de la religion, etc.) et des conditions de travail.

Totalement désocialisés, ils doivent réinventer des liens communautaires qui ne peuvent plus être ceux de l'Afrique et se créer des biens immatériels : prière, spiritualité, musique à travers des chants de travail qui sont à l'origine des negro spirituals qui apparaissent au xviiie siècle en lien avec l'émergence des Églises noires puis des gospel hymns qui se développent au xixe siècle.

Son origine peut être retrouvée dans les réveils religieux des années 1850 aux États-Unis. Un chanteur comme Ira Sankey (1840-1908) est un élément essentiel des campagnes d'évangélisation de Dwight Moody, un compositeur et un promoteur important du gospel.

Depuis les années 1870, les instruments sont de plus en plus présents dans les cultes : orgue, harmonium, instruments à vent, claquements des mains et mouvements du corps. Puis les gospel hymns se développent dans les églises évangéliques.

Le début du xxe siècle voit surgir un véritable développement pour la musique gospel particulièrement dans les églises baptistes et pentecôtistes afro-américaines. Les gospel hymns deviennent des gospel songs dont les bases sont à la fois simples et sophistiquées. Mais au début de ce siècle, on ne peut pas encore véritablement parler de gospel.

Le gospel est incontestablement une révolte musicale dans une Amérique raciste. C'est une expression de la souffrance des Noirs récemment émancipés, mais encore sous l'autorité blanche, particulièrement dans les États du Sud ; d'où une très forte migration vers les grandes villes du Nord (Chicago, Détroit, New York).

Ces populations ne s'engagent pas politiquement même si elles restent fidèles au parti républicain, à Lincoln, leur libérateur. Le gospel fait intervenir plus d'instruments, comme déjà évoqué ci-dessus, mais fait aussi plus souvent référence à Jésus-Christ et aux apôtres, c'est-à-dire aux Évangiles, contrairement aux negro spirituals qui évoquaient plutôt des personnages de l'Ancien Testament (Joshua Fit the Battle of Jerico, Go Down Moses, etc.).

C'est sur les traces de ses aînées que Salem s'inscrit, et ce, dans la durée. Encourageons là !

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