Tchad: Présidentielle - Pouvoir et opposition crient victoire

Plus de sept millions d'électeurs étaient aux urnes le 11 avril pour élire leur président de la République. Le taux de participation est faible et le président sortant est favori.

Pas de premières tendances, ni de taux de participation officiel jusqu'à notre journal Info Matin de ce lundi (12.04.2021). Mais dans quelques bureaux de vote visités par l'équipe de la DW, le président sortant Idriss Deby Itno est en tête devant les six candidats qui lui font face. Même les opposants Saleh Kebzabo, Ngarleji Yorongar et Théophile Bongoro qui ont pourtant retiré leur candidature à cette présidentielle et appelé leurs militants à boycotter ce scrutin, ont eu quelques voix.

Des soldats d'élite aux bérets rouges de la Garde républicaine, la garde prétorienne du régime, étaient positionnés depuis samedi massivement aux endroits les plus sensibles. Des policiers et militaires étaient stationnés près des sièges des partis appelant au boycott.

Mais d'ores-et déjà, le parti Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT-Le Réveil) de l'ancien Premier ministre Albert Pahimi Padacké, candidat à cette élection dénonce des irrégularités au niveau du dépouillement dans plusieurs bureaux de vote.

"Ce que nous déplorons au niveau du dépouillement, c'est que certains bulletins ne sont pas conformes aux principes de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), mais malgré cela les membres du bureau essaient de valider ces bulletins. C'est que nous avons trouvé cela inadmissible. Mais en tant qu'observateur, on n'y peut rien. On observe et on remonte l'information au niveau de la hiérarchie", affirme Kaltouma Doulgué, une observatrice du parti RNDT-Le Réveil.

Message au président Déby

Pour François Djekombé, le porte-parole de l'Alliance Victoire qui a été représentée à cette élection par Théophile Bongoro, la faible participation des électeurs au scrutin est un message adressé au président sortant Idriss Déby qui doit en tirer les conséquences qui s'imposent.

"Nous tenons à féliciter tous les acteurs, tout le peuple tchadien pour avoir répondu à notre mot d'ordre et boycotté cette élection qui est une mascarade. Et je crois qu'aujourd'hui, le régime tyrannique et dictatorial doit simplement tirer les leçons de cet échec et simplement annuler cette élection".

Mais MahamatZene Bada, le secrétaire général du Mouvement patriotique du salut (MPS au pouvoir) et porte-parole du "candidat du consensus" Idriss Déby Itno, dit attendre sereinement les résultats de cette élection. Il demande par ailleurs à ceux qui ont appelé au boycott de cette élection de "regagner tout simplement la légalité".

"La démocratie en dehors de textes de la République vaut illégalité et désordre. Ces leaders doivent renoncer à la voix de l'impasse et revenir dans le cadre régulier du fonctionnement des institutions. Ils doivent comprendre et se plier aux vœux exprimés par les Tchadiens ces 10 et 11 avril. Ils doivent privilégier le respect des lois dans le dialogue", soutient Mahamat Zene Bada.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a jusqu'au 25 Avril pour proclamer les résultats provisoires du premier tour de cette présidentielle. La Cour suprême devra publier les résultats définitifs, au plus tard le 15 mai.

En cas de second tour, les électeurs seront convoqués de nouveau le 23 mai prochain.

La Cour suprême a invalidé les candidatures de sept des 16 prétendants. Puis trois candidats, dont le rival "historique" Saleh Kebzabo, se sont retirés pour protester contre les violences et ont appelé au boycott, mais la Cour a maintenu leurs noms sur les bulletins de vote qui affichent donc 10 candidats.

Six seulement défient effectivement le président : Félix Nialbé Romadoumngar, Albert Pahimi Padacké, Théophile Yombombe Madjitoloum, Baltazar Aladoum Djarma, Brice Mbaïmon Guedmbaye et, première femme candidate de l'histoire du Tchad, Lydie Beassemda.

Des soldats d'élite aux bérets rouges de la Garde républicaine étaient positionnés depuis samedi massivement aux endroits les plus stratégiques de la capitale N'Djaména. Des policiers et militaires étaient stationnés près des sièges des partis appelant au boycott.

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