Afrique: Au Bénin, des femmes engagées dans les élections

De nombreuses femmes se sont engagées pour le bon fonctionnement du scrutin, en multipliant les appels à la non-violence ou encore à aller voter.

Depuis sept heures du matin, les Béninois votent pour leur futur président et de nombreuses femmes se sont engagés dans ce scrutin. Certaines ont aidé à mobiliser les électeurs, d'autres ont aussi tenté d'éviter les violences. Nous en avons rencontré plusieurs aujourd'hui en périphérie de la ville de Cotonou.

"Voter, c'est d'abord un droit, mais aussi un devoir que tout bon citoyen doit accomplir", insiste cette première femme. "Et c'est fort de cela que nous avons incité toutes les dames de chaque quartier et de chaque village de la commune d'Abomey-Calavi à aller voter. Aucune femme ne devrait manquer".

Une autre femme semble un peu plus perplexe : "Regardez, depuis les communales, il y a toujours eu des morts, il y a toujours eu des tirs à balles réelles, des soulèvements et aujourd'hui encore, on nous dit d'aller voter dans les mêmes conditions. Pour quel intérêt ? C'est une parodie d'élection".

Quant à la troisième, elle est convaincue que voter est une bonne chose : "J'ai décidé d'aller voter parce que c'est un devoir civique. Tout compte fait ici, au niveau des bureaux de vote, il y a la paix, la sérénité. On peut venir voter".

La paix a pris un coup dur

Si un certain calme a régné dans le sud, ce n'est pas le cas dans les collines et le nord du pays. Raimath Djibril Moriba, présidente de l'ONG Femmes engagées pour le développement, a lancé un appel à la non-violence pendant la période électorale. Aujourd'hui, elle exprime son désarroi.

"Au Bénin, où nous étions un pays reconnu pour la paix, notre paix aujourd'hui a reçu un coup dur. Une partie de notre pays est coupé de cette réalité électorale et nous constatons avec amertume que bien que nos messages aient participé à convaincre certains Béninois à ne pas aller à la violence, certains ont décidé tout de même de manifester la rage au cœur, de manifester leur désaccord face au coup de force que nous observons au niveau de la gestion de l'Etat", déplore-t-elle. "Les tirs à balles réelles que nous observons dans notre pays, c'est triste pour nous qui arrivions toujours à transcender les querelles intestines et les clivages socio-culturels. C'est triste que nous assistions aujourd'hui à de telles violences".

Des bureaux de vote déserts

Dans la partie nord du pays, plusieurs communes n'ont pas voté. Si par endroits, la population n'est pas sortie par peur des violences, ailleurs ce sont les responsables des bureaux de vote qui ont déserté. De nombreux électeurs ont aussi fait le choix de ne pas voter.

Plus de: DW

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