Afrique: Economie mondiale/ Covid-19 - Le FMI prêt à taxer les riches

Face à la crise de la Covid - 19 et aux caisses vides des Etats, le FMI est prêt à augmenter les impôts des plus riches et des entreprises qui ont fait des bénéfices pendant la crise sanitaire en vue de continuer à soutenir les plus vulnérables.

La crise sanitaire a détruit des pans entiers de l'économie mondiale et a affecté durement les personnes les moins qualifiées mais certaines entreprises, comme les géants de la tech, ont largement tiré leur épingle du jeu en 2020, augmentant leurs bénéfices, alors que le monde basculait dans le tout numérique en raison des mesures de confinement. C'est le cas aux Etats-Unis notamment, où certains ménages, déjà aisés, ont continué de s'enrichir en télétravaillant, faisant bonifier leurs actions en Bourse et épargnant plus. Les cours des actions dans le monde, en particulier des entreprises de haute technologie, ont bondi pendant la pandémie, pour établir de nouveaux records ces dernières semaines, alors que l'économie mondiale montre des signes de forte reprise après la récession. Le responsable des Affaires budgétaires du FMI, Paolo Mauro a déclaré, dans le cadre des réunions de printemps, que " la pandémie a accru les inégalités. Il est nécessaire de mobiliser des recettes fiscales supplémentaires » pour les déployer à travers les soins de santé, l'éducation, les filets de sécurité sociale, avec le soutien financier des gouvernements. Ainsi le FMI recommande la mise en place d'une fiscalité provisoire sur les revenus les plus élevés pour aider les gouvernements à répondre à ces besoins de financement.

Paolo Mauro a salué l'initiative internationale "pour parvenir à un accord" sur l'imposition d'une fiscalité minimale mondiale. La France et l'Allemagne ont soutenu cette initiative, annoncée la semaine dernière par la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen. "Ainsi, dans les économies avancées, il y a une opportunité d'inverser" cette tendance en augmentant à la fois l'impôt sur le revenu des sociétés et des particuliers les plus riches, en éliminant les niches fiscales, en augmentant les impôts fonciers ou les droits de succession, a détaillé Paolo Mauro. "Il y a ainsi tout un éventail d'options disponibles", a-t-il poursuivi. L'option retenue est la taxe provisoire pour se remettre de la Covid-19, qui passerait par une surtaxe des entreprises. Ce qui aurait du sens en particulier pour les entreprises ayant fait davantage de bénéfices pendant la crise, a-t-il indiqué, en référence à des géants comme Amazon. Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, a soutenu l'idée d'une hausse des impôts sur les sociétés aux Etats-Unis alors que le président Joe Biden avait dénoncé le fait que le groupe ne paie pas de taxe fédérale sur ses bénéfices.

Le chef des affaires budgétaires du FMI Vitor Gaspar a de son côté défendu la vaccination pour sortir les pays de la crise. Plus de 1.000 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires pourraient être générées d'ici 2025 à l'échelle mondiale si tous les pays parvenaient à maîtriser la pandémie plus tôt que prévu. Cela permettrait aussi "d'économiser des milliards supplémentaires dans les mesures d'aide" aux économies, explique le FMI dans son rapport. "La vaccination est donc plus que rentable, car elle offre un excellent rapport qualité-prix aux fonds publics investis pour accélérer la production et la distribution mondiales de vaccins", selon les auteurs. Pour le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, les mesures annoncées par le FMI et la Banque mondiale sont « un signe d'espoir et de multilatéralisme » pour faire face aux crises de la dette et aux autres dommages résultant de la crise déclenchée par la Covid-19.

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