Maroc: A Delhi, le Ramadan peine à reprendre son éclat d'avant Covid-19

New Delhi — Un an après l'apparition de la pandémie de Covid-19, les musulmans d'Inde œuvrent à célébrer le mois béni du Ramadan dans la joie et la spiritualité bien que l'ambiance festive qui accompagne habituellement cette période de l'année fait toujours défaut.

Certes, les fidèles accueillent impatiemment le mois sacré et observent en toute spiritualité le jeûne ou « roza » en langue ourdou, en défiant la chaleur caniculaire qui s'abat ces jours-ci sur la capitale indienne, toutefois les soirées aux mille couleurs marquent leur absence cette année comme l'année précédente en raison des restrictions imposées pour juguler la propagation du virus.

En fait, les autorités viennent de réimposer un couvre-feu nocturne à Delhi de 22H00 à 05H00 après une recrudescence alarmante des cas dans le pays qui a signalé cette semaine le pic le plus élevé depuis le début de la pandémie.

Le Centre islamique de l'Inde a publié vendredi une ordonnance à l'occasion du Ramadan en vertu de laquelle tous les protocoles liés au Covid-19 devraient être strictement suivis, appelant les Rozedars (jeûneurs) à rentrer chez eux avant le début du couvre-feu nocturne et exhorté les responsables des mosquées à ne pas permettre d'accueillir plus de 100 personnes.

Pour tant de musulmans, indiens comme étrangers, l'ambiance de piété et de recueillement propre au mois du Ramadan ou "Ramazan" est bien présente, mais les rassemblements religieux sont interdits comme les veillées religieuses et les Iftars collectifs, mais la situation sanitaire actuelle n'empêcherait guère de vivre avec la petite famille chez soi l'atmosphère festive du mois du jeûne.

La grande mosquée Jamaa Masjid, lieu de culte emblématique au cœur de l'Old Delhi, est rouverte aux fidèles, même si la prière des « Tarawih » est toujours suspendue.

Bâti en 1644 sous le règne de l'empereur moghol Shâh Jahân, Jamaa Masjid peut accueillir en temps normal jusqu'à 25.000 fidèles, et connaissait une forte affluence tout au long du mois de Ramadan.

Quoi qu'il en soit, les musulmans de la mégalopole indienne continuent d'observer durant la journée presque les mêmes habitudes pre-Covid en investissant les rues notamment aux environs de Jama Masjid, où les senteurs du Biryani au poulet et de la soupe haleem déambulent dans l'air.

Dans un pays aussi immense que l'Inde, les plats présentés à l'occasion de ce mois béni contrastent d'une région à une autre, car l'iftar d'un jeuneur au Kerala diffère de celui dans l'État du Cachemire, et les repas des musulmans de Hyderabad et au Bengale diffèrent de ceux du Gujarat.

Si les Indiens du sud optent pour les repas copieux pour le Shour ou "Sehri", ceux du nord se servent habituellement de mets légers dont le "Rabri", un dessert fait du lait et des fruits secs.

"L'absence des Tarawih et des veillées religieuses pendant ce mois béni nous rend profondément tristes", a confié à la MAP Javed Ansari, propriétaire d'un magasin de produits alimentaires situé au fameux marché de Chandni Chowk.

"Depuis le début de la pandémie, je ne travaille que quelques heures pendant la journée. Avant, pendant le mois de Ramadan, nous travaillions jour et nuit, sans fermer", a-t-il dit.

"Nous avons perdu une bonne clientèle qui vient faire ses courses pendant les nuitées du Ramadan", a-t-il regretté.

Outre les rituels religieux, le mois du Ramadan est l'occasion pour tant d'Indiens de mener des actions de charité et consacrer les valeurs de solidarité et de partage que prône l'Islam.

Aux environs de Jama Masjid, une pléiade de bénévoles donnent de leur temps et de leurs argents en faveur d'actions sociales en assurant la distribution de denrées alimentaires chaque jour aux personnes défavorisées.

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