Sénégal: Reprise de l'initiative politique chez Khalifa Sall - Un coup gagnant, à... moyen terme

Lors d'une rencontre avec ses militants le week-end dernier à Dakar, l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, a adopté une nouvelle stratégie de leadership et semble se radicaliser. Pour cause, le leader de la coalition "Taxawu Sénégal" qui a tiré à boulets rouges sur le régime en place a appelé ses collègues de l'opposition à cesser "l'opposition de salon" et à descendre sur le terrain pour mener le combat. Pour les analystes politiques Momar Thiam et le Pr Ousmane Sène, cette méthode peut s'avérer payante, si Khalifa Sall continue d'occuper l'espace politique jusqu'aux élections locales.

A en croire Momar Thiam, spécialiste en communication politique, l'ex-maire de la Ville de Dakar essaie de profiter du remue-ménage politique né des événements dits de l'affaire Ousmane Sonko, pour se repositionner. « Evidemment, Khalifa Sall lui a apporté son soutien et fort de ce soutien, il essaie d'en récolter des dividendes», dira Momar Thiam.

Avant de poursuivre : « Puisqu'on a vu qu'Ousmane Sonko est dans une bataille médiatique et politique assez exacerbée et qui lui donnait quelque part une image de va-t-en guerre. Or, cette image de va-t-en guerre ne collait pas à l'image de Khalifa Sall qui a compris qu'au moment de choisir, si toutefois on fait de la politique-fiction dans une Présidentielle entre le leader du Pastef Les Patriotes et l'ancien maire de Dakar, la balance va évidemment se pencher du côté de Khalifa Sall de par son expérience politique, de par son vécu politique, de ses compétences comme maire de Dakar, de l'ancien ministre du Parti Socialiste (PS) et surtout de par sa sérénité (Daal en wolof) ».

Pour sa part, le Professeur Ousmane Sène du WARC, la pondération de Khalifa Ababacar Sall s'explique par le fait qu'il a hérité d'une culture républicaine au sein du PS et il souligne : « Que ça soit Aminata Mbengue Ndiaye ou bien Khalifa Sall, entre autres, je crois que l'approche est une approche républicaine ». Maintenant, relève le professeur Sène : « Il sort de sa réserve parce que, ne l'oublions pas, les Locales sont là. Alors, il faut bien, je crois, se manifester pour pouvoir avoir quelque chose».

Par ailleurs, ajoute Ousmane Sène, « tout ce qu'on demande au landernau politique, c'est peut-être de se manifester, de se montrer, de présenter sur la table des programmes mais qu'on évite le maximum possible les débordements qui pourraient faire gicler le sang des Sénégalais», a martelé le Professeur Sène. Tout compte fait, selon Momar Thiam, l'ancien maire de Dakar ne veut pas être dans la posture du leader du Parti Pastef. « Il a attendu que tout cela se tasse parce que Sonko, on l'a pas entendu depuis un moment, surtout depuis que le Président a prononcé son fameux discours du 08 mars dernier et il s'est emmuré dans un mutisme. Et là, Khalifa Sall revient à la charge dans sa seconde phase de stratégie pour justement occuper l'espace et dérouler ».

D'ailleurs, poursuit le communicant politique, « on l'a vu dans une émission et aujourd'hui on le voit encore dans des sorties qui ne sont pas forcément intempestives, c'est des sorties bien calculées et qui nous montrent une autre facette de sa personnalité politique».

Et de relever : « On le taquinait un peu en le traitant de peureux, de ne pas prendre des initiatives et là, il reprend l'initiative. Donc, il essaie quelque part non seulement d'occuper l'espace politique et médiatique, l'espace de l'opposition mais il essaie aussi de se donner une autre image ».

Enfin, pour le communicant politique, après une période de latence politique et d'élargissement de la base "Taaxawu Sénégal", Khalifa Sall « reprend l'initiative et va continuer à occuper l'espace politique en direction des échéances électorales ».

Plus de: Sud Quotidien

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