Burkina Faso: Ivo Adama - « Le FISTON est un festival qui encourage l'entrepreneuriat des jeunes à travers la sape »

interview

La première édition du festival international de la sape et du textile de Ouagadougou "Nalingui" (FISTON) aura lieu le 11 septembre prochain à l'Institut français de Ouagadougou (IFO) au Burkina Faso. Avant la tenue de cette grande messe vestimentaire qui aura pour invité spécial le sapelogue congolais Ben Moukacha, Les Dépêches de Brazzaville ont donné la parole à son organisateur, Ivo Adama pour plus de précision sur l'événement.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Ivo Adama de nationalité burkinabé, né le 24 juin 1994 à San-Pedro, en Côte-d'Ivoire. J'enseigne l'anglais et aussi le français au collège d'enseignement général de Tiébélé, vers la frontière entre le Burkina et le Ghana. Je ne suis pas sapeur mais je suis un entrepreneur dans la sape, car je développe des activités liées à la sape. J'ai créé ma marque de vêtements dénommée : IVO Boss. Je vends aussi des articles de la sape, et m'apprête à lancer mon atelier de création de mode.

Qu'est-ce qui vous a motivé à organiser ce festival ; que visez-vous à travers ce festival et en quoi est-t-il international ?

Des festivals de sape existent au Congo, en Côte d'Ivoire, ... mais pas ici au Burkina Faso. C'est ce déficit-là qui m'a motivé à organiser ce festival à travers lequel je vise l'internationalisation du pagne burkinabé (le Faso Danfani) et des autres pagnes africains. Je risque d'être débordé pour le défilé de mode. Plusieurs personnes, dans plusieurs pays étrangers, nous contactent déjà pour y participer alors que je n'ai même pas encore ouvert la liste des participants. Il est international parce qu'à partir de l'année prochaine, nous allons commencer à faire des expositions-ventes de vêtements, sur au moins une semaine.

Quand aura-t-il lieu, où et avec quels invités ?

Le festival aura lieu le 11 septembre 2021 à l'Institut français de Ouagadougou. Nous allons officiellement le lancer avec notamment un panel, dont le thème est « Redynamiser le marché du pagne africain, pour en faire un secteur économique : défis et perspectives ». Il est aussi prévu un défilé de mode, des rencontres entre stylistes et créateurs de mode, un don de vêtements à un orphelinat de Ouagadougou. Tout le monde est invité, des sapeurs, des non sapeurs, des créateurs de mode, des journalistes, etc. Toutefois, je n'ai pas assez de moyens pour payer les billets d'avion des grandes figures de la sape internationale car je n'ai, ni parrain, ni sponsor. Mais je suis optimiste et espère qu'ils viendront. J'ai décidé de commencer avec les moyens de bord. Personne n'est derrière moi, c'est moi qui effectue toutes mes dépenses actuellement. Les sapeurs Kaya Maghan de la Côte d'Ivoire et Penseur Sylla de la Guinée seront présents, ainsi que des sapeurs du Congo-Brazzaville. Je les remercie au passage. Ils se joindront aux sapeurs burkinabés qui sont déjà sur place à Ouagadougou.

Outre la sape aviez-vous prévu un symposium ?

Tout ce qui est comme activité génératrice de revenus, est la bienvenue. Le FISTON est un festival qui encourage l'entrepreneuriat des jeunes à travers la sape. Les sapeurs pourront présenter leurs marques de vêtements, les créateurs de mode pourront participer au défilé. C'est aussi un espace pour vendre des accessoires de mode. Il y aura un symposium entre les représentants des pays qui viendront. Nous allons discuter sur la façon de diriger la sape vers un business rentable, capable de nourrir le sapeur, à l'exemple du football, de la musique, etc.

La sape en tant que religion (comme le disent eux-mêmes les sapeurs) nécessite de l'investissement pour s'habiller convenablement. Voulez-vous départir les Burkinabés de leur textile tel que leur proposait feu le président Thomas Sankara au détriment des tissus occidentaux ?

Non, pas du tout. Je suis dans la même lancée que feu le président Thomas Sankara. Le but premier du festival est la promotion de l'élégance avec le textile burkinabé (le Faso Danfani). Partant, les sapeurs des autres pays sont invités à venir aussi faire la promotion des textiles de leurs pays. Ainsi, nous créerons des emplois pour nos cotonculteurs, nos teinturiers, nos tisserands, nos créateurs de mode, etc. Autrement dit, l'argent de l'Afrique restera en Afrique. Mais comme je l'ai dit plus haut, je fais la promotion de l'entrepreneuriat dans la sape, donc tout type de vêtements est accepté.

En tant qu'enseignant, abordez-vous ces valeurs avec vos enseignés et quelles sont vos perspectives ?

Oui, en tant qu'enseignant j'aborde ces valeurs avec mes élèves, mais aussi parfois avec mes amis. J'ai même créé le groupe « Ecole internationale de la sape » sur Facebook pour enseigner les valeurs et le business liés à la sape. Votre compatriote Freddy Mikomo, qui vit à Paris m'a même contacté pour me dire qu'il est prêt à venir enseigner la sape dans mon école, lorsque je l'aurai matérialisée par une salle de classe. J'y pense mais pour le moment, je suis très occupé par l'organisation du festival. Nous sommes plus de six cents personnes dans le groupe actuellement. Quant aux perspectives, mon ambition est de voir ce festival se positionner parmi les plus grands festivals de sape en Afrique.

Et pour clore notre entretien !

Je vous remercie pour l'opportunité que vous m'avez donnée pour m'exprimer sur mon festival. Au besoin, les festivaliers pourront me contacter sur l'adresse mail du festival : fistonouaga@gmail.com ou sur WhatsApp au +22665638815.

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