Madagascar: Transports et médicaments - Le circuit clandestin a le vent en poupe

Le nombre de vendeurs ambulants de médicaments a considérablement augmenté dans le quartier d'Ambohipo.

Les secteurs du transport et des produits pharmaceutiques subissent actuellement le développement d'une filière clandestine.

Les transporteurs qui sont en colère ont affirmé l'existence de certains véhicules qui assurent clandestinement la liaison sur les routes nationales. Sur l'axe Antananarivo-Antsirabe, qui est concerné par la fermeture de la région Analamanga, des véhicules tout-terrains, utilitaires et mêmes des taxi-brousses assurent, selon les transporteurs, le transport de personnes depuis la suspension de la liaison sur la route nationale 7 depuis Antananarivo.

La fermeture de la région Analamanga, qui se trouve au cœur du trafic routier du secteur du transport de personnes, a provoqué le développement d'un réseau clandestin de transport sur les routes nationales. « Le client établit le contact avec les transporteurs clandestins et fixe le rendez-vous depuis un point donné, qui, dans la plupart des cas, se trouve en ville ou sur le stationnement de la ville, et, une fois sur la route, l'on fait descendre les voyageurs à l'approche des barrages routiers pour les récupérer après que le transporteur ait négocié pour les franchir », a témoigné une jeune femme qui venait de rallier Antananarivo après une mission dans la région Vakinankaratra. Et ce genre d'activités est de plus en plus courant.

Laxisme. Les transporteurs refusent d'avaler la pilule, montent au créneau et lèvent la voix face à l'existence de ce réseau de transporteurs clandestins. Ils se sentent lésés et demandent soit l'autorisation de transport sur les routes nationales, soit la suspension de toute activité de transport sur le territoire national pendant la crise sanitaire. Les transporteurs n'apprécient pas non plus le laxisme face à ces clandestins qui s'enrichissent sur leur dos. Le tarif d'un aller simple Antsirabe-Antananarivo peut atteindre, selon un transporteur, les « 30 000 à 50 000 ariary » dans ce circuit « au black ». Néanmoins, les autorités n'ont pas pris les mesures nécessaires pour y mettre un terme, se plaignent-ils. Et le fait que ces derniers aient appris que certains véhicules qui pratiquent cette activité « appartiennent aux autorités », attise les tensions.

Concurrence. Dans le secteur pharmaceutique, les ventes clandestines ont le vent en poupe. Les « revendeurs » de différents produits pharmaceutiques sont de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux, depuis le début de la deuxième vague de la pandémie. Allant des médicaments génériques, qui sont inscrits dans le protocole de traitement de la Covid-19, aux autres solutions spécialisées, jusqu'aux bouteilles d'oxygène, on trouve presque toutes les offres sur les réseaux sociaux. Et les prix défient toute concurrence. Pourtant, certains ne sont pas en mesure de présenter un agrément officiel si d'autres se présentent comme de simples particuliers. Ils pratiquent tous cette activité clandestinement. D'où viennent alors tous ces produits pharmaceutiques et médicaux que beaucoup s'arrachent sur les réseaux sociaux ? Jusqu'à présent, les autorités se félicitent et communiquent sur l'arrestation de quelques personnes, récemment annoncée par la directrice de la communication de la présidence, qui vendent en informel des médicaments anti-covid.

Tard. Le développement de ces circuits clandestins témoigne une certaine désorganisation au niveau du ravitaillement des médicaments durant cette crise. Des familles préfèrent se procurer des médicaments auprès du circuit informel, compte tenu des prix qui y sont plus abordables, ainsi que de la disponibilité des produits. Les autorités sanitaires, quant à elles, ont réagi tardivement. Il leur a fallu presque une semaine, après la montée des statistiques des contaminations, pour réaliser la hausse exponentielle des besoins en produits pharmaceutiques et qu'elles organisent, en conséquence, la vente et la disponibilité des produits en mobilisant les réseaux de pharmacies de jour et de nuit.

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.