Madagascar: Redressement de la Jirama - Difficile arbitrage entre le tarif Optima ou le statu quo

Sans le tarif Optima, le projet de redressement de la Jirama se retrouve dans un cul de sac.

A l'heure où l'administration cherche des solutions pour maintenir à flot l'économie, les diverses subventions continuent de grever les caisses de l'Etat. Or, les décideurs hésitent à s'attaquer aux problèmes de fond(s), comme la révision tarifaire pour les classes aisées.

La Jirama a accumulé un déficit énergétique d'un milliard de dollars américain, depuis 2009. Ce gouffre abyssal n'a jamais été comblé, pis, les régimes successifs ont toujours privilégié les baisses tarifaires ou le statu quo, malgré un contexte économique fluctuant.

Equilibre financier. De nombreuses pistes de solutions doivent être appliquées comme les améliorations techniques et financières. Dans une analyse que nous nous sommes procurés, il a été établi que quatre facteurs sont nécessaires pour que la Jirama retrouve l'équilibre opérationnel : la restructuration des arriérés, l'amélioration de l'efficacité opérationnelle, la renégociation des contrats, l'investissement dans des infrastructures hydroélectriques. Mais l'accroissement du tarif moyen est un facteur déterminant qui pourrait permettre à la compagnie nationale d'engranger jusqu'à 695 milliards de dollars en dix ans. Certes, la renégociation des contrats avec les fournisseurs a porté ses fruits, mais les résultats impactent encore peu les caisses de la Jirama. Les techniciens, partenaires de développement et analystes s'accordent à dire que même dans le meilleur des scénarios, la société d'État ne pourra jamais atteindre l'équilibre financier, avec les tarifs actuels. En termes de coûts réels, les tarifs ont baissé de 20% pendant que le coût du kWh a augmenté de 70%, notamment à cause des marges excessives des fournisseurs.

Rappel à l'ordre. Par ailleurs, Madagascar devrait faire face à la relance économique, dans un contexte de crise sanitaire. Extrêmement lucide, Thierry Rajaona, président du Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM), avait expliqué en marge de l'Assemblée générale du groupement économique, que « (l'application d'Optima) était une nécessité pour améliorer les performances opérationnelles de la Jirama. L'Etat ne pourra pas subventionner indéfiniment cette compagnie nationale. Les subsides qui ont été injectés n'ont pas produit les effets escomptés avec peu de résultats pour la population ». Aujourd'hui, la tarification est redevenue à son ancien niveau, avant Optima. Ce statu quo perpétuel est difficilement soutenable pour les caisses de l'Etat. Les Partenaires techniques et financiers n'ont de cesse de l'appuyer, mais les rappels à l'ordre sont tombés dans les oreilles de sourds. Jusqu'à maintenant, le tarif est gelé, au plus grand bonheur de l'administration qui, paradoxalement, doit encore trouver des solutions pour boucher les trous causés par les subventions pour la prochaine année.

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.