Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point de presse sur la Covid-19 - 9 avril 2021

document

Sur 220 pays et économies, 194 ont désormais commencé la vaccination et 26 ne l'ont pas encore fait - dont sept ont reçu des vaccins et peuvent commencer alors que cinq autres devraient les recevoir ces prochains jours.

Plus de 700 millions de doses ont été administrées dans le monde, mais plus de 87 % l'ont été dans des pays à revenu élevé ou intermédiaire de la tranche supérieure, alors que les pays à faible revenu n'en ont reçu que 0,2 %.

L'OMS, l'Alliance Gavi, la CEPI et nos autres partenaires du Mécanisme COVAX collaborent sur plusieurs options pour accélérer la production et l'approvisionnement.

Le Comité consultatif mondial OMS de la sécurité vaccinale a indiqué qu'un lien de cause à effet entre le vaccin d'AstraZeneca contre la COVID-19 et la survenue d'une thrombose atypique associée à une thrombopénie est plausible, mais des examens plus poussés s'imposent. L'OMS, l'AEM et la MHRA continuent de recommander le vaccin, dont les avantages l'emportent sur le risque de ces très rares effets secondaires.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Bonjour et bonsoir à toutes et à tous.

Comme vous le savez, au début de cette année nous avons lancé un appel au commencement de la vaccination dans tous les pays dans un délai de 100 jours.

Demain sera le centième jour de l'année.

Sur 220 pays et économies, 194 ont désormais commencé la vaccination et 26 ne l'ont pas encore fait- dont sept ont reçu des vaccins et peuvent commencer alors que cinq autres devraient les recevoir ces prochains jours.

Restent donc 14 pays qui, pour des raisons diverses, n'ont toujours pas commencé à vacciner leur population. Certains n'ont pas demandé de doses par l'intermédiaire du COVAX, d'autres ne sont pas prêts, d'autres encore prévoient de se lancer au cours des semaines et des mois à venir.

Plus de 38 millions de doses de vaccins ont désormais été fournies par l'intermédiaire du COVAX dans plus de 100 pays et économies au cours des six dernières semaines.

Il est encourageant de constater que presque tous les pays qui le voulaient ont pu commencer à vacciner.

J'ai bien dit « commencer ». La plupart en effet n'ont de loin pas assez de doses pour vacciner tous les agents de santé ou tous les groupes à risque, sans parler du reste de la population.

Un déséquilibre choquant subsiste dans la répartition mondiale des vaccins.

Plus de 700 millions de doses ont été administrées dans le monde, mais plus de 87 % l'ont été dans des pays à revenu élevé ou intermédiaire de la tranche supérieure, alors que les pays à faible revenu n'en ont reçu que 0,2 %.

En moyenne, dans les pays à haut revenu, près d'une personne sur quatre a reçu un vaccin alors que dans les pays à revenu faible on en est à une personne sur 500. Une sur quatre contre une sur 500 !

Le COVAX prévoyait de distribuer près de 100 millions de doses à fin mars, mais à cause d'une réduction marquée de l'approvisionnement, 38 millions de doses seulement ont pu être distribuées.

Nous espérons pouvoir rattraper le retard en avril et en mai.

Le COVAX fonctionne. Il s'agit d'un mécanisme solide qui permet de distribuer des vaccins plus vite et plus efficacement que n'importe quel autre. Nous sommes confrontés non à un problème de distribution à partir du COVAX, mais bien à un problème d'approvisionnement du mécanisme.

Nous savons que certains pays et entreprises entendent effectuer des dons de vaccins sur une base bilatérale, en évitant le COVAX, pour des raisons politiques ou commerciales qui leur sont propres.

De tels accords bilatéraux risquent d'accentuer les inégalités.

Il s'agit de privilégier le partenariat et non le clientélisme.

Le manque de stocks pousse à un nationalisme et à une diplomatie du vaccin.

C'est pourquoi l'Alliance Gavi, l'OMS, la CEPI et nos autres partenaires du Mécanisme COVAX collaborent sur plusieurs options pour accélérer la production et l'approvisionnement.

Des discussions sont en cours avec le Gouvernement indien concernant la fourniture de vaccins par le Serum Institute of India ;

Nous cherchons aussi à accélérer la production et le déploiement des vaccins provenant de SK Bio en République de Corée ;

Nous nous efforçons d'accélérer la distribution du vaccin de J&J ;

Nous continuons à rechercher des dons de doses auprès de pays qui disposent de stocks suffisants pour couvrir plusieurs fois l'ensemble de leur population - des dons immédiats et non dans quelques mois ;

Nous accélérons les examens d'autres vaccins, y compris ceux de Sinopharn, Sinovac et Gamaleya ;

Et nous poursuivons les discussions avec plusieurs pays dans le but d'élargir la capacité mondiale de production.

Il est stupéfiant de penser que, moins d'une année après le lancement de l'Accélérateur ACT, des vaccins ont été approuvés et la vaccination a commencé dans presque tous les pays.

Rien de cela n'aurait été possible sans nos partenaires du COVAX et notamment de l'Alliance Gavi.

Aujourd'hui, je suis heureux d'accueillir le Directeur général de Gavi, mon ami le Dr Seth Berkley.

Seth, je vous remercie, vous-même et votre équipe, pour tout ce que vous avez fait et tout ce que vous continuez de faire. Je vous remercie aussi du leadership dont vous faites preuve. Seth vous avez la parole.

[LE DR BERKLEY S'ADRESSE AUX MÉDIAS]

Merci encore, Seth, pour votre leadership et votre partenariat. J'envisage avec plaisir de continuer à collaborer avec vous pour atteindre notre objectif commun des vaccins pour tous.

Et, tout en cherchant à élargir l'accès aux vaccins, nous continuons de nous préoccuper de près de leur sécurité.

En début de semaine, l'Agence européenne des médicaments et la Medicines and other Health Products Regulatory Agency du Royaume-Uni ont considéré que la thrombose atypique associée à une thrombopénie devait figurer parmi les effets secondaires très rares du vaccin d'AstraZeneca contre la COVID-19.

Le sous-comité COVID-19 du Comité consultatif mondial OMS de la sécurité vaccinale qui a examiné les informations disponibles provenant de l'Europe et d'autres Régions a conclu qu'un lien de cause à effet entre le vaccin et la survenue d'une thrombose atypique associée à une thrombopénie est plausible, mais des examens plus poussés s'imposent.

L'OMS, l'AEM et la MHRA continuent de recommander ce vaccin dont les avantages l'emportent sur le risque de ces très rares effets secondaires.

Tout vaccin ou médicament comporte un risque d'effets secondaires. En l'occurrence, les risques d'affection grave et de décès dus à la COVID-19 sont bien supérieurs aux risques très faibles liés au vaccin.

Nous continuons d'inviter chacun à faire attention. Les vaccins nous font voir la lumière au bout du tunnel, mais nous n'y sommes pas encore.

Et les vaccins ne représentent que l'un des nombreux outils dont nous disposons pour prévenir l'infection et sauver des vies. Celle qui s'impose est une approche globale.

Nous devons tous continuer à nous protéger et à protéger ceux qui nous entourent en faisant les bons choix.

Nous avons tous des responsabilités à assumer, individuellement et en tant que chefs, pour mettre fin à cette pandémie.

Christian, je vous rends la parole.

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.