Ile Maurice: Dialyse - «Je ne laisse pas la maladie me dominer» dit l'ancien handballeur Jeannot Dorasamy

C'est avec la boule au ventre que l'ancien handballeur Jeannot Dorasamy se rend, trois fois par semaine, à sa séance de dialyse. Sa peur, il l'a vainc en s'appuyant sur les valeurs sportives. «Il y a une grosse frayeur, alimentée par la situation malheureuse que vivent les patients dialysés de l'hôpital de Souillac.

Certes, à celui de Rose-Belle, là où je fais ma dialyse, il n'y a pas de cas d'infection à la Covid-19 chez les dialysés, heureusement. Néanmoins, il y a toujours une peur, un stress qui m'envahissent à chaque fois je m'y rends. Du fait que le risque zéro n'existe pas. Les ambulanciers, par exemple, ont contact avec de nombreux patients et ont accès en même temps à la salle de dialyse. On ne sait donc pas ce qui peut se passer. Du coup, l'on se met à se demander si on va mourir du dysfonctionnement des reins ou d'autre chose, comme une éventuelle négligence entraînant une infection à la Covid-19 qui va nous tuer», explique Jeannot Dorasamy.

Les patients dialysés sont très à risque du fait que leur système immunitaire est déjà très affaibli. Selon l'un des médecins présents au press briefing sur la Covid-19, lundi après-midi, le risque de mortalité chez les patients dialysés atteint de la Covid-19 est de 25%. A ce jour, l'île Maurice a enregistré neuf décès chez les patients dialysés ayant contracté la Covid-19 à l'hôpital de Souillac. Les autorités sont montrées du doigt pour négligence alléguée. Même l'ex-vice-Premier ministre et actuel député du gouvernement, Ivan Collendavelloo, est monté au créneau pour dénoncer la situation désespérée dans laquelle se retrouvent les dialysés. Il demande même une enquête sur la source de contamination de ces derniers ainsi que leur condition de quarantaine.

Jeannot Dorasamy confirme entre-temps que les dialysés méritent une plus grande attention par rapport aux autres patients. «Il faut prendre deux, trois, voire dix fois plus de précautions avec les dialysés, que ce soit au niveau du traitement, de leur alimentation ou encore en matière d'hygiène.» Les difficultés, les interrogations, la peur qu'engendre la situation, il affirme les surmonter grâce aux valeurs qu'il a développées au cours de son parcours de sportif de haut niveau. «Si je suis l'homme que je suis aujourd'hui, un monsieur y a grandement contribué. Il s'agit de Bertin (NdlR : exdirecteur technique national de handball).

Il nous a quitté la semaine dernière mais ses conseils vivent toujours en moi. Et, ceux-ci m'aident énormément à faire face à la situation compliquée que je traverse. Bertin a fait de moi un bon joueur mais pas que. Il a fait de moi un leader. Il m'a appris à me surpasser, sur le terrain et dans ma vie. Il m'a aidé à acquérir le courage, la détermination, m'a montré le sens du partage et celui de la patience. Grâce à lui, je me suis forgé un mental de guerrier. Je me rappelle cette phrase qu'il m'a une fois dite : 'la vie ne te fera pas de cadeau, bats-toi. Et c'est ce que je fais. Je ne laisse pas la maladie, la peur me dominer. Grâce à Bertin, je suis plus fort dans mon combat. Je ne me laisse jamais abattre. Une fois ma séance de dialyse terminée, je mène une vie normale avec ma famille. M'apitoyer sur mon sort, comme je le faisais au moment où on avait découvert ma maladie, ne me mènera nulle part.»

C'est en 2005, lors d'un examen de santé, que Jeannot Dorasamy apprend qu'il est atteint d'un dysfonctionnement rénal. Après neuf mois de dialyse, on lui transplante un rein, offert par sa mère. Mais, douze ans plus tard, celui-ci arrête de fonctionner et Jeannot Dorasamy doit se remettre à la dialyse. Il s'apprête, une fois que le contexte sanitaire le lui permettra, à subir une autre transplantation à Chennai en Inde.

Plus de: L'Express

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