Afrique de l'Ouest: Sahel - Le nouveau bataillon tchadien suscite l'espoir de stabilisation de la région

Arrivés sur le terrain en mars dernier, ces militaires très aguerris et aptes aux combats se trouvent actuellemement dans la zone dite des Trois frontières (Niger, Burkina Faso, Mali). Leur présence redonne à la force du G5 Sahel et à ses partenaires l'espoir de vaincre les groupes terroristes qui sévissent dans la région.

Le contingent a pris position dans le Gourma malien afin de ratisser la zone et de changer la donne grâce à l'opération Samata 3. Il s'agit de combattre très efficacement les groupes qui y opèrent, notamment le Groupe de soutien à l'Islam et au Musulmans du touareg malien Iyad Ag Ghali et la katiba Macina d'Amadou Koufa.

Evoquant la présence du bataillon tchadien qui fait la jonction avec 900 soldats de la force conjointe et un sous groupement tactique désert de la force Barkhane, le commandant de la force conjointe du G5 Sahel, le général Oumarou Namata, s'en est réjoui, soulignant que « l'excellente nouvelle » de son arrivée est saluée par la population des pays de la région. Ce qui ne surprend guère puisqu'au moment de passer le témoin à son homologue tchadien, le président mauritanien, Mohamed Ould El-Ghazaouani qui présidait le G5 Sahel, avait rendu hommage à Idriss Déby Itno pour sa décision d'envoyer un contingent tchadien au Sahel.

« Je voudrais lui exprimer toute notre reconnaissance pour les efforts et sacrifices que le Tchad ne cesse de consentir en faveur de la paix et de la sécurité dans la région. Je citerai en particulier sa décision de déployer un deuxième bataillon au profit de la force conjointe du G5 Sahel. », soulignait-Il.

Des experts estiment que la présence des soldats tchadiens va permettre de soulager Barkhane dans cette région. Et la force européenne Takuba pourra servir d'appui, ajoute-t-on. Fort de cela, le président français appelle à décapiter les groupes djihadistes affiliés à al-Qaïda au Sahel.

Paris et ses alliés envisagent d'éliminer les groupes djihadistes

« Notre objectif est d'arriver à 2000 hommes pour Takuba, avec un pilier français autour de 500 hommes dans la durée, et une coopération avec les armées de la région, en appui, ce qui est une logique différente de celles des Opex. Nous ne le ferons pas tout de suite, mais c'est ainsi que je nous projette dans la durée, parce que je pense que c'est cohérent. », indiquait récemment Emmanuel Macron. L'objectif est d'éliminer seulement les groupes qui menacent la stabilité de la région, précisait-il.

L'envoi de soldats tchadiens avait été initialement annoncé il y a un an lors du précédent sommet de Pau (Sud-Ouest de la France). Mais l'opération avait été retardée par la menace djihadiste grandissante sur les bords du lac Tchad, et par un désaccord entre N'djamena et ses partenaires sur les modalités, notamment financières, de ce déploiement. Le président tchadien souhaitait, entre autres, qu'une partie des primes des soldats déployés soit prise en charge par les partenaires, selon plusieurs sources diplomatiques concordantes au Sahel.

La France, partenaire du G5 Sahel, voulait que le déploiement d'un nouveau contingent tchadien se fasse dans les meilleurs délais parce qu'elle souhaite réduire sa présence militaire dans la région, alors que 5.100 soldats français sont actuellement présents dans la zone des « trois frontières ». Paris mise, en effet, sur la montée en puissance des forces locales, surtout tchadiennes pour procéder à un ajustement de sa force.

Acteur important de la lutte contre le terrorisme au Sahel, l'armée tchadienne joue un rôle central dans le dispositif international au Sahel. Son contingent déployé au Sahel ne sera à la hauteur de la tache qui lui incombe que si un engagement croissant des alliés européens de la France se concrétise, ainsi que celui des Etats-Unis qui y fournissent de précieuses capacités de renseignement et de surveillance, de ravitaillement en vol et de transport logistique, pour un coût de 45 millions de dollars par an.

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