Congo-Kinshasa: Derniers hommages - Josky Kiambukuta a sa plaque sur le monument des artistes

La plaque funéraire, dévoilée depuis le 11 avril en fin de matinée à la suite d'une cérémonie tenue à la Place des artistes en guise d'hommage ultime au co-fondateur des Bana Ok, a précédé son inhumation à la Nécropole Entre terre et ciel.

Passage obligé, l'étape de la Place des artistes a permis à plusieurs Kinois d'assister aux obsèques de Joseph Augustin Kiambukuta Londa, Josky Kiambukuta pour les mélomanes ou Djo Sex pour les plus intimes. Une aubaine en ce temps de covid où les manifestations funéraires, même celles des stars censées être publiques, sont souvent organisées dans la stricte intimité familiale, chose pas toujours facile à faire et surtout mal digérée.

Fixée sur la façade ouest du monument des artistes qui a donné son nom à la Place située au milieu du rond-point Victoire, la plaque funéraire de feu Josky porte son nom et deux dates, celle de sa naissance, le 14 février 1949, et de sa mort, le 7 mars 2021. Ce, à l'instar de celle de son voisin de gauche, l'ancien batteur de Zaïko, Meridjo Ngekerme, où sont repris juste son année de naissance et celle de sa mort. C'est sous un ciel bleu que la commissaire provinciale à la Culture, Yvette Tabu, a procédé au dévoilement de la plaque, geste ultime de la cérémonie officielle, en présence de quelques autres autorités. Il s'agit notamment d'un conseiller spécial du président de la République ainsi que du gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila.

Les éloges funèbres prononcés à la Place des artistes ont à l'occasion mis en exergue le parcours du remarquable chanteur qu'était Josky Kiambukuta, partant de l'African Fiesta Sukisa du regretté Dr Nico où il avait fait ses premières armes avant d'intégrer l'OK Jazz de feu Franco, puis du co-fondateur de Bana OK avec Lutumba Simaro, Ndombe Opetun et Madilu System. Orchestre où il a vécu les dernières années de sa prestigieuse carrière musicale marquée notamment par le tube Chandra. Pour Yvette Tabu, s'exprimant de la part du gouverneur, l'artiste musicien a sans conteste rejoint le panthéon des illustres noms de la rumba, mieux la musique congolaise. Jossart Nyoka Longo, représentant la société des droits d'auteurs, Socoda, a de son côté, évoquant la mémoire de son aîné et homologue révélé que Djo Sex était l'un de ses idoles. Quant au doyen, Jeannot Bombenga, 86 ans révolus, a pris soin d'indiquer son appui et apport d'aîné accordé autrefois à Josky Kiambukuta alors en début de carrière.

Alita Tshamala, de mécène à frère

Les Kinois rassemblés autour de la Place des artistes ont assisté à l'ensemble de la cérémonie suivie du vibrant hommage de l'orchestre Bana Ok rendu à l'un de ses ténors à partir du podium érigé en face de l'entrée. Une fleur a été faite au reste des mélomanes avec la retransmission en direct des obsèques à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) et sur Kin 24 assurée grâce au mécène Alita Tshamala. Ce fervent mélomane et fana de la musique congolaise qui s'était montré attentif aux besoins de la famille du défunt depuis l'annonce de sa mort, le 7 mars, lui avait été d'un grand secours durant tout le mois de deuil car il tenait Josky Kiambukuta pour un frère. C'est en ces termes qu'Eric Kalala, mandataire du mécène, parlant des liens l'unissant au chanteur, affirma qu'ils s'étaient mués en fraternité au-delà de la simple amitié. C'est en cette qualité de frère et non de mécène qu'il avait soutenu la famille.

Comme de coutume depuis la pandémie, le recueillement devant la dépouille mortelle de l'illustre disparu s'était effectué dans l'enceinte de l'hôpital du Cinquantenaire. Il était question de permettre à la famille de Josky de lui témoigner sa dernière affection dans une relative intimité loin des regards des nombreux mélomanes et badauds rassemblés à la Place des artistes. Ce, sans oublier les veillées successives organisées tout le long mois de deuil, avant les funérailles proprement dites, dans la parcelle familiale à Kasa-Vubu, où les mélomane, sympathisants et autres férus de culture pouvaient écrire dans le livre de condoléances et témoigner leur sympathie aux proches de l'ancien « Commandant de bord » du Tout-Puissant OK Jazz.

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