Madagascar: Relance - Quels plans de relance pour les Mines?

La relance post-covid via le secteur minier nécessite la reconsidération de plusieurs aspects. Des filières et des opérateurs sont encore en difficulté.

Tout est à revoir. L'optimisme du ministère des Mines et des ressources stratégiques souligné dans son rapport 2020, se classant parmi les secteurs clé pour la relance économique, devrait baisser d'un cran au vu des réalités sur le terrain. Des points sont à reconsidérer sérieusement. Un investisseur propose un projet de mise en place d'usines de transformation de labradorite dans le sud du pays. Jusqu'ici, le minéral est exporté brut en bloc de 20 t vers Dubaï ou encore l'Italie.

Pour plus de valeur ajoutée, il envisage de transformer sur place le labradorite en carreaux et en sanitaires. Il se dit quelque peu malmené par les « procédures » d'investissement et a par exemple mis près de trois mois pour pouvoir ouvrir un compte bancaire. Il attend impatiemment la suite de la part de l'administration pour pouvoir ériger son usine.

Dans la même foulée, la gouvernance de cette filière labradorite est demandée à être revue sérieusement. « Quelles sont jusqu'ici les retombées locales et pour l'Etat dans cette exploitation de labradorite d'Ampanihy? Je ne vois qu'une petite malheureuse école et un hôpital, en quinze ans d'activité par une société. Qu'en est-il de sa contribution dans l'entretien du pont de Betioky sur lequel passe ses camions de 30t? N'est-il pas possible de mettre en place des guichets uniques en brousse? » se demande Marcel Eongombelo, sénateur de Toliara.

Efforts

Le saphir d'Ilakaka ne rapporte que deux millions d'ariary à l'État jusqu'ici, ce qui n'est pas compatible avec les bénéfices réels obtenus par les Srilankais.

Quel plan de relance pour ces petites mines? La mise en place d'un système de cadastre minier e t d'un centre d'affaires de près de 7 000 m2 inauguré en 2017, a-t-il amélioré la compétitivité et l'attractivité du pays? Où en est-on avec le rubis, le gypse ou encore le graphite? Pour les grandes mines, les chiffres du ministère des Mines et des ressources stratégiques ne rapportent que 588000 tonnes de produits miniers, toutes substances confondues, exportés en 2020.

Hormis le nickel et le cobalt, l'exportation d'or, de pierres fines et précieuses, de pierres industrielles, a engendré une recette de 1880, 43 milliards en 2020. La part du nickel dans le volume et la valeur des exportations de produits miniers a été quelque peu manquée par le ministère si on se réfère aux chiffres de 2018, car la contribution des industries extractives dans les exportations représente 2793 milliards ariary dont 1429 milliards ariary sont à attribuer au nickel, d'après les chiffres de l'EITI.

230,82 milliards ariary représentent la contribution des industries extractives dans les recettes fiscales de 2018. Qu'en est-il du plan de relance de la production et d'exportation de nickel qui représente 55% de la production minière totale du pays ? Les mines ne pèsent que 4, 41% du PIB, un chiffre qui n'a pas connu d'évolution d'ailleurs. La majorité des entreprises pétrolières sont en phase de prospection, seule Madagascar Oil détient un permis d'exploitation. Encore que...

Plus de: L'Express de Madagascar

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