Madagascar: Eau et électricité - Mécontentement des usagers face aux coupures fréquentes et intempestives

Avant-hier, c'était le black out ou presque dans tous les quartiers d'Antananarivo Renivohitra, une zone pourtant fortement touchée par la pandémie de covid-19.

Les coupures fréquentes et intempestives d'électricité se sont poursuivies hier alors qu'il n'y a ni fortes pluies ni cyclone et encore moins de grêle. On va procéder au changement de transformateurs et à l'amélioration du réseau de distribution de courant.

C'est également la faute aux cerfs-volants des gamins. Les responsables de la JIRAMA trouvent toujours des alibis pour expliquer la raison de ces délestages répétitifs et permanents non seulement dans la Capitale mais aussi dans les autres régions de l'île, alors que cela dure depuis des années. C'est le ras le bol de tous les abonnés puisqu'aucune solution valable n'a été trouvée jusqu'à présent. « Ils se fichent complètement des dégâts causés par cette entreprise d'Etat, pour ne citer que l'endommagement de nos appareils électroménagers et la recrudescence de l'insécurité. Toutes nos provisions qui sont conservées dans le réfrigérateur deviennent incomestibles », raconte une mère de famille habitant à Antaninandro.

Mauvaise qualité de services. Il faut savoir que plusieurs quartiers ont été touchés par ce black out. On peut citer entre autres, Talatamaty, Ambohibao, Antehiroka, Ambodimita, Ambohimanarina, Ampefiloha, Antaninandro, Ambondrona, Faravohitra, Alasora, Ankadilalampotsy, Ankaraobato, Isotry. Les abonnés affirment que le délestage survient tous les jours. Quid ainsi des ménages qui utilisent des bouteilles d'oxygène à la maison pour tenir en vie leurs proches victimes de la covid-19 ? Bon nombre d'abonnés ne peuvent pas non plus avoir accès aux informations sur la sensibilisation de la population dans la lutte contre cette pandémie faute d'électricité, étant donné que les coupures de courant peuvent durer plusieurs heures en une journée.

Il est normal que les personnes enquêtées par le Transparency International à Madagascar témoignent d'une faible communication du gouvernement concernant cette maladie qui continue de se propager. En outre, cette mauvaise qualité de services offerte par la JIRAMA ne fait qu'augmenter le stress des abonnés face à cette crise sanitaire. En effet, « nous ne pouvons même pas charger nos téléphones portables alors que c'est un outil indispensable en cas d'urgence sanitaire ou autres », a fait savoir un père de famille résidant à Ambohimanarina.

Nouveau tarif incompréhensible. En tout, « nous ne sommes pas du tout satisfaits des services fournis par la JIRAMA et ce, depuis des années. Outre les coupures fréquentes et intempestives du courant, nos robinets sont également à sec presque tous les jours », d'après toujours les témoignages des abonnés. Certains habitants dans d'autres quartiers comme Antaninandro, n'ont droit à l'approvisionnement en eau potable qu'entre 4 heures et 5 heures et demie du matin seulement. Ceux qui résident à Faravohitra, doivent remplir leurs seaux vers minuit ou à une heure du matin. « Nous ne sommes pas des sorciers pour sortir la nuit. Et qui se soucie en plus de notre sécurité à une heure pareille ? », grognent-ils.

Les dirigeants de la JIRAMA ont promis que tout cela sera résolu prochainement, sans avancer de dates précises alors que des années sont passées mais aucun résultat concret n'a été constaté. D'autres abonnés vont jusqu'à les insulter publiquement pour manifester leur mécontentement. Et parlant des factures de la JIRAMA, elles restent salées et inchangées malgré toutes ces coupures fréquentes et intempestives d'eau et d'électricité. La plupart des abonnés déclarent que le nouveau tarif appliqué reste encore incompréhensible. « La JIRAMA ne fait pas le relevé mais présente une facture estimée pour un mois et une autre facture cumulée pour deux mois. Les responsables ont expliqué que cette première sera à déduire de la seconde facture. Cependant, ils n'enlèvent pas les taxes et redevances payées auparavant. Nous devons ainsi les payer deux fois », ont exprimé les abonnés victimes.

Plus de: Midi Madagasikara

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