Cote d'Ivoire: Crimes contre l'humanité, pillage, viol... - La prison à vie requis contre Amadé Ouérémi

Le ministère public veut mettre Amadé Ouérémi derrière les barreaux pour le restant de sa vie. Le procureur adjoint de la République, M. Amian a, à cet effet, requis ce mercredi 14 avril 2021 contre lui, au cours de son procès au Palais de justice au Plateau, la perpétuité pour les charges de crime contre l'humanité, viol, chef de bande armée organisée, séquestration, coups et blessures volontaires, incendies, pillage, vol en réunion, etc., dont il est accusé.

Les faits qui lui sont imputés, selon le magistrat du ministère public, ont été perpétrés en mars 2011, après la cessation des hostilités entre les factions belligérantes.

Dans son plaidoyer, le procureur adjoint de la République a fait savoir que tous les témoins qui sont passés à la barre ont reconnu Amadé Ouérémi comme le chef de bande armée qui commettait des exactions et endeuillait des familles sans état d'âme dans l'ouest du pays, précisément à Duékoué, dans le quartier Duékoué-Carrefour.

« Dans les images projetés ici dans ce procès, on a vu Amadé Ouérémi ôter la vie aux simples citoyens. On l'a vu sur le théâtre des opérations, armes au poing. Il régnait avec sa bande dans le Mont Péko et avait droit de vie et de mort sur les âmes qui vivaient à Bagohouo, localité qu'il gérait de main de maître », a-t-il justifié.

M. Amian a aussi relaté que le prévenu, comme pris de folie, a tué, en février 2011, des gendarmes et militaires tombés dans une embuscade qu'il leur avait tendue à Bagohouo.

À ces crimes, selon lui, s'ajoutent les tueries des femmes, l'assassinat des hommes et le massacre des personnes dont des rescapés portent encore les séquelles. Au vu des charges graves pesant sur Ouérémi, le magistrat a requis la prison à vie contre le concerné.

Un réquisitoire qualifié d'excessif par l'avocat du prévenu, Me Roselyne Aka. Pour elle, cette peine est même injustifiée. Dans son argumentaire, celle-ci a déclaré que son client a été victime de son ignorance et de sa naïveté. « Il ne savait pas qu'il était pris dans un engrenage. Durant tout le procès, il a dit qu'il obéissait aux ordres d'une hiérarchie militaire. Comment un réparateur de vélo, reconverti en agriculteur, est devenu aussi puissant avec des armes ? Il n'était pas militaire. Il n'avait pas une formation militaire. Qui lui a donc donné toutes ses armes ? », a-t-elle interrogé.

A en croire Me Roselyn Aka Séripka, dans ce procès, on laisse la proie pour l'ombre. En ce sens que ce sont les autorités militaires Frci, lors de la crise post-électorale, qui faisaient la loi et Amadé leur servait de pion pour combattre les forces régulières qui étaient en face. « M. le président, mon client ne mérite pas la peine requise par le procureur adjoint de la République », a-t-elle plaidé auprès du juge, Charles Bini.

Me Gahoué Moroko et sa collègue Me Assa, représentants le Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), la Ligue ivoirien des droits de l'homme ( Lidho) et la Fédération internationale des droits de l'homme ( Fidh) et des victimes qui se sont constitués en partie civile, dans leurs plaidoyers, ont réclamé des millions en guise de répartition pour leurs clients.

Amadé Ouérémi, appelé à s'exprimer une dernière fois avant le verdict, a soutenu qu'il n'était pas le chef d'une bande armée encore moins un chef de guerre. Il a également nié avoir commis toutes les tueries dont il est accusé.

Après la phase des plaidoiries, le juge Charles Bini, entouré de ses assesseurs, a suspendu l'audience. Il a déclaré que le tribunal rendra sa décision aujourd'hui à 15h.

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