Ouganda: Dominic Ongwen s'exprime pour le première fois lors de son procès à la CPI

Capture d’écran de Dominic Ongwen, un chef militaire de la LRA qui doit bientôt être transféré à La Haye pour faire face à des accusations de crimes contre l’humanité devant la CPI.

Dominic Ongwen sort de son silence. Celui qui fut l'un des principaux chefs de la LRA est toujours en procès à La Haye devant la CPI, qui l'a reconnu coupable début février de 61 chefs d'accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis dans le nord de l'Ouganda entre 2002 et 2005. Alors que les audiences en vue de la détermination de sa peine se déroulent depuis mercredi, cet ancien homme de confiance de Joseph Kony a raconté son histoire et fait part de ses troubles et de ses remords.

Dominic Ongwen s'est exprimé pendant près de deux heures en acholi. Une première pour celui qui avait refusé jusque-là de donner sa version des faits. « Je ne me sentais pas bien durant la procédure », s'est-il justifié.

Il a raconté son enlèvement, en 1987, sur le chemin de l'école, par les hommes de Joseph Kony. Comment, après une tentative d'évasion, on l'a armé d'une machette, fait massacrer des prisonniers, contraint à manger leur sang et leurs intestins mélangés avec des haricots.

Des remords

Au fil des ans, l'adolescent devient un guerrier féroce, il passera 27 ans à suivre, dit-il, les ordres d'un Joseph Kony « possédé par de mauvais esprits ». « J'ai reçu onze balles », précise-t-il, « je suis malchanceux de ne pas être mort. »

Dominic Ongwen a ensuite mis en avant sa rédemption : « Je me suis rendu, j'ai demandé au monde de m'aider ». Il dit s'être tourné vers la religion et la thérapie pour tenter de dépasser les terreurs qui l'empêchent encore de dormir. Ses remords aussi : « Je ne peux pas demander le pardon de tout le monde », « Aidez-moi, réhabilitez-moi, entrainez-moi. Je sais me battre, c'est la seule chose que je connaisse. »

La Cour devra décider si ses excuses et son parcours d'ancien enfant-soldat tiendront lieu de circonstances atténuantes au moment du prononcé de la peine. Il risque trente ans de prison.

Plus de: RFI

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