Afrique: Allocution liminaire du Directeur général lors du point presse sur la Covid-19 - 6 avril 2021

Demain, nous célébrerons la Journée mondiale de la santé. La COVID-19 exacerbe les inégalités entre les pays et au sein des territoires. Les plus pauvres et les plus marginalisés sont les plus touchés, tant en nombre de décès qu'en perte de moyens de subsistance.

Au début de l'année, j'ai appelé chaque pays à commencer la vaccination des agents de santé et des personnes âgées au cours des 100 premiers jours de 2021. Cette semaine marquera le centième jour et 190 pays ont désormais entamé la vaccination. Il est scandaleux que, dans certains pays, les agents de santé et les groupes à risque ne soient absolument pas vaccinés.

Aujourd'hui, je suis heureux d'accueillir quatre chefs d'État pour parler d'équité en matière de santé et des changements qu'ils ont opérés pour parvenir à cette équité.

Demain, nous publierons une nouvelle sélection de films dans le cadre du Festival du film « Santé pour tous ». Cette quatrième sélection est consacrée à l'équité dans le domaine de la santé.

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Bonjour, bon après-midi et bonsoir,

Demain, nous célébrerons la Journée mondiale de la santé.

La COVID-19 exacerbe les inégalités entre les pays et au sein d'un même territoire.

La pandémie pèse sur nous tous, cela ne fait aucun doute. Cependant, les plus pauvres et les plus marginalisés sont les plus touchés, tant en nombre de décès qu'en perte de moyens de subsistance.

Dans l'année qui vient, le monde doit effectuer cinq changements essentiels.

Premièrement, nous devons investir dans une production et un accès aux tests rapides, à l'oxygène, aux traitements et aux vaccins contre la COVID-19 qui soient équitables entre les pays et au sein des territoires.

Au début de l'année, j'ai appelé chaque pays à commencer la vaccination des agents de santé et des personnes âgées au cours des 100 premiers jours de 2021.

Cette semaine marquera le centième jour et 190 pays ont désormais entamé la vaccination.

Le Mécanisme COVAX a déjà livré 36 millions de doses à 86 pays.

Les chaînes d'approvisionnement sont en place et les systèmes de santé sont prêts.

L'augmentation de la production et la distribution équitable des produits restent les principaux obstacles pour mettre fin à la phase aiguë de cette pandémie.

Il est scandaleux que, dans certains pays, les agents de santé et les groupes à risque ne soient absolument pas vaccinés.

Les efforts pour atteindre l'équité vaccinale ne prendront pas fin cette semaine.

L'OMS continuera d'appeler les gouvernements à partager des doses de vaccins et à combler le déficit de financement de 22,1 milliards de dollars des États-Unis de l'Accélérateur ACT pour la distribution équitable des vaccins, des tests rapides et des traitements.

Nous nous efforcerons également de trouver de nouveaux moyens de collaborer avec les fabricants pour augmenter la production globale de vaccins.

Ce mois-ci, les individus du monde entier pourront également participer à l'accélération de l'équité vaccinale grâce à une nouvelle campagne de collecte de fonds.

Conçue par la Fondation pour l'OMS et différents partenaires, la campagne permettra aux particuliers et aux entreprises d'obtenir un vaccin et d'en donner un afin de réduire les disparités globales en matière de vaccination contre la COVID-19. De nouvelles informations seront communiquées au moment du lancement.

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Deuxièmement, il faut réaliser des investissements conséquents en faveur des soins de santé primaires et d'un accès aux services de santé pour tous les membres de toutes les communautés.

La pandémie a mis en évidence la fragilité de nos systèmes de santé.

Avec la suspension des services essentiels, de nombreuses maladies sont revenues en force.

La moitié de la population mondiale, au moins, n'a pas accès à des services de santé essentiels, et les dépenses de santé non remboursées plongent près de 100 millions de personnes dans la pauvreté chaque année.

Alors que les pays se préparent à l'après-COVID-19, il sera essentiel d'éviter les réductions des dépenses publiques en faveur de la santé et des autres secteurs sociaux.

De telles réductions risqueraient en effet d'accroître les difficultés des groupes déjà défavorisés.

Cela affaiblirait les performances des systèmes de santé, augmenterait les risques sanitaires, accentuerait la pression fiscale à l'avenir et nuirait aux avancées en matière de développement.

Les gouvernements doivent plutôt s'efforcer d'atteindre la cible recommandée par l'OMS : augmenter de 1 % du PIB les dépenses en faveur des soins de santé primaires, une mesure essentielle pour améliorer l'équité et l'efficacité des soins.

Ils doivent également réduire la pénurie mondiale d'agents de santé puisqu'il manque 18 millions de professionnels pour atteindre la couverture sanitaire universelle à l'horizon 2030.

Troisièmement, il faut faire de la santé et de la protection sociale une priorité.

Certains pays ont déjà mis en place des mécanismes de protection sociale élargis pour atténuer les conséquences négatives de la pandémie sur la pauvreté, l'éducation, la nutrition et la santé en général.

Ces mécanismes doivent être prolongés jusqu'à ce que les services essentiels soient de nouveau opérationnels.

De plus, les gouvernements doivent tenir compte des groupes marginalisés dans la planification et la mise en œuvre de futurs mécanismes.

Quatrièmement, il faut créer des quartiers sûrs et sains, où chacun a sa place.

Les responsables municipaux mènent souvent une action efficace en faveur de la santé. Ils améliorent par exemple les systèmes de transports ou encore les infrastructures de distribution d'eau et d'assainissement.

L'accès à des logements sains dans des quartiers sûrs est essentiel pour assurer la santé de tous.

Pourtant, trop souvent, l'absence de services sociaux élémentaires entraîne certaines communautés dans une spirale de maladie et d'insécurité. Il faut que cela change.

Parallèlement, 80 % des personnes en situation d'extrême pauvreté dans le monde vivent en zone rurale où sept personnes sur dix n'ont pas accès à des services essentiels d'eau et d'assainissement.

C'est pourquoi les pays doivent intensifier leurs efforts visant à fournir des services de santé et d'autres services sociaux de base à ces populations rurales.

Enfin, les données et les systèmes d'information sanitaire doivent être renforcés.

Des données de qualité et ventilées rapidement par sexe, quintile de richesse, niveau d'éducation, ethnie, race, genre et lieu de résidence sont indispensables pour déterminer où se logent les inégalités et lutter contre celles-ci.

Le suivi des inégalités en matière de santé doit faire partie intégrante de tous les systèmes d'information sanitaire. Or, actuellement, la moitié des pays seulement disposent des capacités pour le faire.

Aujourd'hui, je suis heureux d'accueillir quatre chefs d'État pour parler d'équité en matière de santé et des changements qu'ils ont opérés pour parvenir à cette équité.

Son Excellence Mia Amor Mottley, Première Ministre de la Barbade, prendra d'abord la parole, et je suis impatient d'en savoir plus sur l'expérience de son pays au cours de l'année écoulée et sur ses projets.

Madame la Première Ministre, vous avez la parole.

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Merci, Madame la Première Ministre. L'expérience de la Barbade dans la lutte contre la COVID-19 et ses investissements en faveur de la couverture sanitaire universelle sont un exemple pour la région et pour le monde entier. Merci encore.

Je me tourne maintenant vers Son Excellence Carlos Alvarado, Président du Costa Rica qui travaille en étroite collaboration avec l'OMS pour faire en sorte que les nouvelles technologies de la santé soient accessibles dans tous les pays grâce à son idée C-TAP, un projet auquel nous œuvrons ensemble.

M. Alvarado, vous avez la parole.

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Gracias, M. Alvarado, je suis entièrement d'accord avec vous.

Le partage équitable des tests rapides, des traitements, de l'oxygène et des vaccins est essentiel pour mettre fin à la phase aiguë de la pandémie.

Cela suppose des transferts de technologie, un partage des savoir-faire et un renoncement aux droits de propriété intellectuelle. Merci encore pour votre rôle moteur dans ce domaine.

Je me réjouis d'accueillir à présent Son Excellence Hage Geingob, Président de la Namibie, qui va nous parler des efforts menés à l'échelle de toute la société pour lutter contre la COVID-19 et des enseignements tirés pour l'avenir sur l'équité en matière de santé.

M. Geingob, vous avez la parole.

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Merci, M. Geingob.

Quand on veut, on peut. Le déploiement des vaccins en Namibie est une excellente nouvelle, et j'ai appris que les livraisons du Mécanisme COVAX auraient lieu dans deux semaines.

Je suis d'accord avec vous : les problèmes que nous rencontrons concernent l'équité et l'apartheid en matière de vaccination.

La riposte à la pandémie est problématique, car comme vous l'avez dit : tant que tout le monde n'est pas protégé, personne ne sera à l'abri.

J'accueille à présent Son Excellence Ilham Aliyev, Président de l'Azerbaïdjan, qui ne pouvait pas se joindre à nous en direct, mais qui a fait parvenir une vidéo.

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Merci, M. Aliyev. Je salue votre initiative concernant l'appel en faveur d'une vaccination équitable, abordable, rapide et universelle devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, et je conviens que nous devons faire davantage pour garantir une distribution équitable des vaccins.

Je remercie encore une fois tous les chefs de gouvernement qui se sont joints à nous aujourd'hui.

Il reste beaucoup à faire pour garantir l'équité en matière de santé, mais je suis fier de voir des chefs d'État jouer un rôle moteur dans ce domaine. Cela sera essentiel pour renforcer les systèmes de santé en général et pour se préparer à de futures pandémies.

Je vous remercie !

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Enfin, demain, nous publierons une nouvelle sélection de films dans le cadre du Festival du film « Santé pour tous ». Cette quatrième sélection est consacrée à l'équité dans le domaine de la santé.

J'invite le public à poser des questions dans la section « commentaires » des vidéos sélectionnées qui sont accessibles sur YouTube ou sur le site Web de l'OMS.

Certaines questions seront posées au jury et aux lauréats lors des cérémonies de remise des prix qui seront diffusées en direct sur la chaîne YouTube de l'OMS le 13 mai 2021.

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