Congo-Brazzaville: Industrie agropastorale - Guy Aldar Sounga plaide pour la mise en place d'une politique fiable par l'Etat

Un atelier de production et vente d'aliments de bétail et une ferme pour l'élevage des poules pondeuses, telles sont les activités phares que mène Guy Aldar Sounga au sein de sa coopérative agropastorale « Likouala maïs » dont il est le président.

L'aventure a débuté, il y a 7 années. Auparavant, Guy Aldar Sounga et sa coopérative fournissaient, produisaient et commercialisaient le maïs en provenance du département de la Likouala. Pour donner une valeur ajoutée à son produit, la Coopérative agropastorale « Likouala maïs » s'est lancée dans la production et la vente d'aliments de bétail. Au fil du temps, malgré les difficultés pour l'acquisition des intrants (soja, blé et autres), Guy a tenu le pari avant de bénéficier d'une subvention du Projet d'appui au développement de l'agriculture commerciale (Pdac) pour la production d'aliments de bétail.

Dans son atelier situé à Djiri dans le 9e arrondissement de Brazzaville, on y trouve un broyeur mélangeur d'une capacité de production d'une tonne d'aliments par heure, la balance et la couseuse pour coudre les sacs. De même, Guy Aldar Sounga et son équipe constituée de dix personnes produisent des aliments de bétail pour le démarrage, la poulette, la ponte et la finition. « Notre ambition est de faire à ce que les aliments de bétail soient disponibles sur le marché pour que les éleveurs puissent en procurer à tout moment et à moindre coût », a-t-il dit.

Outre la production d'aliments de bétail, la coopérative œuvre également dans l'élevage de poules pondeuses. A quelques encablures de la nationale 2 dans la commune de Kintélé, non loin de la rivière Djiri, cette coopérative possède deux bâtiments d'environ 40 m chacun où sont logées ces poules pondeuses.

A ce stade, explique Guy Aldar Sounga, l'activité a démarré il y a à peine une année. A notre arrivée sur le site, Guy Aldar Sounga vient d'acquérir plus de 1500 poussins d'un jour en provenance de la France. Malgré les soubresauts qui entravent le décollage de leur activité, Guy Aldar Sounga et sa coopérative demeurent sereins et optimistes. Ils ne tarissent pas d'initiatives. Aussi une porcherie avec deux femelles est-elle en plein essor, toujours sur le même site des poules pondeuses.

La covid-19 et le secteur agricole

La pandémie à coronavirus a impacté toute la chaîne d'approvisionnement agricole, car les intrants qui participent à la production d'aliments de bétail ne proviennent que de l'étranger. « Les intrants que nous utilisons dans la production d'aliments de bétail ne sont pas disponibles au Congo. Il faut faire des commandes à l'étranger, notamment au Cameroun, au Sénégal ou en Europe. Cela bloque suffisamment le décollage de notre secteur d'activité », a-t-il déploré. « Nous sommes obligés d'attendre parfois un mois avant la livraison. Les éleveurs qui venaient acheter nos produits n'arrivent plus. Du coup, il y a la baisse d'activités. Au vu de tout cela, beaucoup d'éleveurs ont jeté l'éponge », a regretté Guy Aldar.

Pour relever le secteur agropastoral, il exhorte les autorités à mettre en place une politique fiable pour ce secteur. « Je demande aux pouvoirs publics de se rapprocher des producteurs et éleveurs afin de cerner les besoins essentiels, poser des questions pour connaître réellement ce qu'il faut faire pour relever le secteur agricole dans notre pays », a-t-il conclu. Par ailleurs, auprès des banques, il exhorte à la facilitation de l'accès aux crédits et la réduction du taux d'intérêt souvent très élevé.

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