Burkina Faso: Apollinaire Compaoré, homme d'affaires - « Je suis dans l'activité de la cigarette en toute légalité »

interview

Fils de paysan, garçon de ménage, puis vendeur de ticket de loterie, aujourd'hui homme d'affaires, patron de Planor Afrique et de Wendkuni bank, pour ne citer que ceux-là, Apollinaire Compaoré est le symbole de la persévérance et du courage. Le prédisent du patronat burkinabè, dans cette interview, lève un coin de voile sur ses activités et répond sans détour à ses détracteurs dans l'affaire dite de trafic de cigarettes dont il est accusé depuis quelques mois.

Sidwaya (S) : Vous êtes un homme d'affaires à multiple casquettes. Si on vous demandait qui est Apollinaire Compaoré, que diriez-vous ?

Apollinaire Compaoré (A.C) : Si on reste uniquement dans le domaine des affaires, on va simplement dire que je suis le patron du Groupe Planor Afrique. Un groupe multisectoriel organisé autour d'une quinzaine de sociétés au Burkina Faso et dans la sous-région Ouest africaine, notamment au Mali et en Côte d'Ivoire. Je suis également détenteur de divers intérêts ou participations minoritaires disséminés auprès de plusieurs entreprises au Burkina comme dans la sous-région.

En termes d'activités, Planor Afrique est présente dans divers domaines dont les principaux sont les télécommunications, les assurances, la banque, le transport et la distribution de produits pétroliers, l'hôtellerie, le transport de marchandises, la location de wagons-citernes à Sitarail, la distribution de produits de grande consommation comme les cigarettes, l'importation et la réexportation des cigarettes, la distribution de cyclomoteurs, des pneus, des batteries, des biens d'équipements et enfin les services et l'entretien de véhicules.

C'est grâce à ce parcours d'entrepreneur que je suis devenu, en décembre 2018 à l'issue des élections, Président du Conseil national du Patronat Burkinabè (CNPB). De nombreux autres postes de responsabilités importantes, sur le plan national et international, m'ont été également confiés sur la base de mon statut d'entrepreneur. En termes de reconnaissance, au Burkina, j'ai gravi plusieurs échelons jusqu'au grade de Grand Officier de l'Ordre de l'Etalon auquel les autorités m'ont élevé en 2019. J'ai également reçu, dans mon pays, en Afrique et à l'international, plusieurs distinctions et prix pour mon dynamisme et ma vision dans l'entrepreneuriat.

S : Patron de plusieurs groupes avec des filiales à l'international, président du CNPB, chef de famille, etc. Comment gérez-vous votre quotidien parmi tant de responsabilités ?

A.C. : D'abord, il faut avoir de la lucidité et comprendre que les domaines que vous citez se gèrent différemment et ne doivent pas être mélangés. Ensuite c'est une question d'organisation. Il faut s'organiser pour accorder le temps qu'il faut à chaque domaine de responsabilité afin de pouvoir veiller à ce que les choses se passent comme il se doit. A ce niveau, vous avez besoin de faire valoir toutes vos qualités dans le management. C'est-à-dire votre intelligence, vos talents, vos connaissances et votre expérience. Le dernier élément important dont il faut disposer pour gérer efficacement toutes ces activités c'est le bon entourage. Cela commence par le cadre familial jusqu'aux collaborateurs dans le milieu professionnel. Quand vous avez des personnes investies qui partagent la même vision que vous, il est facile de confier la gestion et le suivi de certaines tâches. Dieu merci je suis bien entouré et tout se passe bien.

S : Avez-vous encore du temps pour votre famille ?

A.C : Bien sûr ! Comme je viens de le dire, non seulement il ne faut pas mélanger les choses mais ensuite il faut s'organiser pour accorder le temps qu'il faut à tous les domaines de responsabilité. Et parmi ces responsabilités la question de la famille est très importante. Malgré les nombreuses choses, dont je dois m'occuper dans le cadre du travail, j'ai aussi une vie de famille. Cette vie de famille va au-delà de ma femme et de mes enfants et s'étend à la famille au sens large dans la conception africaine.

S : Comment êtes-vous venus aux affaires ?

A.C. : Le début de l'histoire qui m'a amené dans les affaires remonte à plus de cinquante ans.

A l'âge de 15 ans, j'ai quitté mon village parce que mes parents étaient pauvres alors qu'il n'y avait pas d'opportunités en dehors du travail au champ, qui, lui aussi, est limité dans l'année. Je suis arrivé à Ouagadougou sans argent en poche mais avec une certaine ambition d'entreprendre une activité qui puisse me permettre non seulement de me prendre en charge mais aussi d'être utile à ma communauté. Mon aventure a commencé comme garçon de ménage (domestique). Puis je suis passé de domestique à vendeur de billets de loterie. Comme domestique, en 1968, je touchais 1500 FCFA par mois et comme revendeur de billets de loterie, je touchais une commission de 5 FCFA par ticket vendu. En 1970, je devenais un partenaire direct de la loterie nationale avec la possibilité de gagner plus d'argent en employant des revendeurs. Ce nouveau rôle m'a permis d'économiser 750 000 FCFA en début 1973 et de poursuivre mes ambitions en revendant des mobylettes. Ainsi, une mobylette achetée à crédit par un fonctionnaire à 53 000 FCFA pouvait être revendue avec un bénéfice de 5 000 FCFA. Cette nouvelle activité m'a permis de réunir un million FCFA en avril 1973 et d'envisager l'avenir avec espoir. Cinq années plus tard (1978), j'ai réussi à créer ma toute première société, la Volta Moto. Société rebaptisée plus tard Burkina Moto.

S : Comment avez-vous su vous constituer un si important empire économique qui s'étend à l'international ?

A.C. : La création de Volta Moto devenue Burkina Moto a imprimé une autre tournure à mes affaires. Avec la représentation des motos Kawasaki, Yamaha, de pneus Bridgestone, la vente des produits SIFA Bobo et l'ouverture de plusieurs agences Burkina Moto à travers le pays, les opportunités d'affaires se présentaient de plus en plus en moi. Je n'ai donc pas manqué de saisir celles qui m'ont paru intéressantes.

Il faudra aussi ajouter que mon profil d'autodidacte était pour moi, non pas un handicap, mais une source d'inspiration, de motivation et de courage. Dans tout ce que je faisais je mettais du sérieux et de l'abnégation. C'est la combinaison de tous ces éléments qui m'a permis, avec l'aide de Dieu, de créer, en l'espace de 50 ans, toutes ces sociétés regroupées au sein de Planor Afrique et d'acquérir des parts dans de grandes sociétés.

S: Il ne vous arrive pas de mélanger les pédales, voire les comptes dans le suivi de vos multiples entreprises ?

A.C. : Pas du tout ! Je vous l'ai expliqué, nous n'avons pas parachuté de nulle part dans ce que nous faisons aujourd'hui. C'est une suite logique. Nous avons avancé étape par étape en regardant les opportunités qui se présentaient à nous au fur et à mesure. Les premières affaires nous ont permis de préparer les suivantes. Chaque opportunité d'affaires est étudiée avant que je m'y lance. Et lorsque je m'engage c'est vraiment de façon avertie que les choses sont conduites. Cela veut dire qu'à l'avance nous avons préparé les éléments nécessaires à la gestion lucide. Quand vous avez étudié un domaine d'affaires avant de vous y lancer, vous savez quels types de compétences, il vous faut et quels moyens il vous faut pour faire vivre cette affaire.

S : Les secteurs de la banque, des télécommunications sont considérés élitiques, voire fermés. D'où et comment vous est venue l'idée d'investir dans ces secteurs réservés à une certaine classe d'hommes d'affaires ?

A.C. : Quand vous êtes dans les affaires et que vous évoluez, vous êtes naturellement amenés à vous fixer de nouvelles ambitions et d'apprécier toutes les opportunités qui apparaissent dans votre environnement.

Dans le domaine des télécommunications, c'est à partir de 2004 que je suis entré dans le capital de Telecel Faso avec l'acquisition d'abord de 44% du capital. Ensuite, à partir de 2008 je suis devenu l'unique actionnaire à la suite du rachat des parts de mes associés.

Pour la banque, le projet de création de Wendkuni Bank International est né de notre volonté, à travers le groupe Planor Afrique, en association avec des partenaires locaux, de mettre en place une institution bancaire susceptible de contribuer au renforcement de la bancarisation et du financement de l'économie du Burkina Faso.

C'est ainsi que les démarches ont été entamées en vue de l'obtention de l'agrément. Le précieux sésame a été obtenu en octobre 2017 et c'est en mai 2018 que la banque a ouvert les portes de son agence principale.

S : Vous êtes dans plusieurs secteurs d'activités. Quel est le secteur qui vous enchante le plus ?

A.C. : Tous les secteurs d'activités dans lesquels j'ai des sociétés me tiennent à cœur. Dieu a voulu que je découvre certaines activités avant d'autres et que les premières me servent à préparer les suivantes. Par ailleurs, sur le terrain certaines sont plus impressionnantes que d'autres mais je les aime toutes. Aujourd'hui toutes ces sociétés que j'ai créées me représentent et ensemble elles valident le profil de l'entrepreneur que je suis.

S : Certains vous qualifient de quelqu'un de sans état d'âme en affaires ! Que répondez-vous ?

A.C. : Sur cette terre, c'est impossible d'obtenir que tout le monde dise du bien de vous. Je ne m'attarde pas trop sur les commentaires des gens qui vous jugent sans réellement vous connaître ou parfois qui ont décidé de salir votre réputation parce qu'ils ne sont pas à votre place. L'essentiel c'est d'être concentré sur ses objectifs et ne jamais décider de nuire délibérément à quelqu'un. Pour le reste c'est Dieu qui donne à chacun ce qu'il obtient.

S : Quels sont vos rapports avec vos collaborateurs ?

A.C. : Ce sont des rapports de travail induits par la confiance réciproque dès le départ et maintenus par le respect mutuel des engagements contractuels. De ce fait, je n'ai aucun problème avec mes collaborateurs qui n'abusent pas de ma confiance et qui font correctement leur travail.

S : Quels étaient vos rapports avec l'ancien régime ?

A.C. : Nos rapports n'étaient pas autre chose que les rapports normaux assurés par les cadres de concertations et de dialogue établis entre le pouvoir et l'ensemble des hommes d'affaires. Je suis un entrepreneur et l'un des principaux employeurs de notre pays. Je vois difficilement comment cette réalité pourrait être ignorée.

S : Que répondez-vous à ceux qui disent que vous avez été fabriqué par l'ancien régime ?

A.C. : Pourquoi ils ne disent pas que j'ai été fabriqué par tous les anciens régimes successifs ? Ils peuvent le dire aussi parce que j'ai créé ma toute première société en 1978 et ce n'est pas le précédent régime qui était là à l'époque. Comme je l'ai déjà expliqué, au fur et à mesure que j'évoluais je saisissais de nouvelles opportunités. Chaque chose se fait en son temps et selon la volonté de Dieu. Pas celle des hommes. Je ne comprends pas pourquoi les gens, dont vous parlez, auraient voulu que sous l'ancien régime mon évolution se soit arrêtée et que je disparaisse ? En plus je ne crois pas qu'il existe un pouvoir qui se donne pour mission de faire couler des hommes d'affaires. Au contraire chaque gouvernement doit favoriser le dynamisme économique en soutenant les entrepreneurs. Pour moi, l'évolution dans les affaires est une suite logique voulue par Dieu.

S : Quels sont vos rapports avec le régime actuel ?

A.C. : Aujourd'hui je fais partie des principaux entrepreneurs du Burkina et en tant que tel je suis naturellement amené à rencontrer les autorités dans les cadres où on parle économie, mais aussi pour relayer les demandes et interrogations du patronat que je préside. C'est en cela que se résument mes relations avec le pouvoir actuel.

S : En Occident, les Etats s'organisent pour protéger et défendre leurs champions nationaux, surtout à l'international. Qu'en est-il sous nos tropiques ?

A.C. : On aurait aimé voir nos autorités s'investir de la même façon pour protéger les acteurs de notre économie. Pas pour défendre des affaires douteuses qui méritent d'être dénoncées mais je pense qu'il faudra soutenir les entrepreneurs lorsqu'ils font l'objet de cabale organisée au nom de la méchanceté et de la jalousie.

S : Comment appréciez-vous le dynamisme du secteur privé burkinabè aujourd'hui comparé à l'époque où vous débutiez ?

A.C. : Ces deux périodes sont totalement différentes. Les choses ont beaucoup évolué. Aujourd'hui, il y a des facilités qui n'existaient pas avant. Je veux parler notamment de la formation et de l'encadrement des entrepreneurs, la disponibilité des moyens de voyage et de transports des marchandises, la possibilité d'échanger à distance avec les partenaires et même de réaliser des opérations de commande et de paiement à distance grâce aux nouvelles technologies. Il y a également des fonds d'appui aux petites activités économiques qu'on ne pouvait pas voir dans le temps. Tout cela rend les choses plus faciles aujourd'hui. Mais au même moment les acteurs sont devenus nombreux à s'adresser aux mêmes sources de financement et à poursuivre les mêmes opportunités d'affaires. Il y a une certaine concurrence qui s'installe et la compétition est de plus en plus rude. Chaque période a ses avantages et ses inconvénients. Mais de façon globale la période actuelle est plus propice aux affaires que celle d'avant. C'est la raison pour laquelle vous avez beaucoup d'entreprises aujourd'hui. En plus, les secteurs qu'on considérait comme inaccessibles aux Burkinabè sont largement investis par nos compatriotes. Tout cela est appréciable.

S : Quelles sont les contraintes auxquelles le secteur privé national fait face ?

A.C. : Les contraintes sont nombreuses et elles varient d'une activité à une autre. Mais de façon générale on peut citer la fiscalité qu'on doit continuer à réviser et adapter. Il y a aussi le dialogue social qui doit être géré de façon permanente et renforcée. Le secteur privé a aussi besoin de la réalisation d'infrastructures de soutien à l'économie. Il y a la question de la sécurisation des biens et des personnes, le paiement de la dette intérieure, même si là-dessus, des efforts sont régulièrement faits. Nous avons besoin d'un assouplissement des conditions d'importation d'équipements et de matériel de travail. Il faudra également favoriser et renforcer l'accès des PME à la commande publique. De même que la promotion et la protection des industries par la lutte contre la fraude et l'assistance aux industries de transformation des produits locaux. On doit aussi parvenir à une simplification administrative par la relecture des textes régissant les affaires dans notre pays. Chaque activité a ses contraintes et c'est difficile de les lister toutes.

S : La crise sécuritaire et sanitaire a eu un impact sur l'activité économique nationale. En tant que chef d'entreprises et patron des patrons burkinabè, parlez-nous des conséquences de cette double crise sur les entreprises burkinabè ?

A.C. : Comme vous le dites, le Burkina Faso connaissait depuis 2015 pratiquement, une situation sécuritaire préoccupante liée aux attaques terroristes. Puis au cours de l'année 2020, une crise sanitaire est venue s'ajouter avec l'avènement de la COVID-19. Ces deux crises entrainent des conséquences socioéconomiques importantes.

A cause de l'insécurité, l'activité économique souffrait déjà de nombreux maux tels que la réduction du chiffre d'affaires des entreprises, la baisse ou la réduction des investissements, la fermeture partielle de certaines entreprises, l'augmentation des charges d'exploitation des entreprises avec le renforcement des mesures sécuritaires. Il y a aussi l'incapacité d'honorer certains marchés porteurs.

La maladie de la COVID-19 est venue aggraver la situation que vivaient déjà les entreprises. Ses conséquences ont affecté tous les secteurs d'activités de l'économie nationale à cause de la limitation de la circulation des personnes et des biens.

S : Quelles ont été les stratégies de mitigations mises en place par le secteur privé burkinabè pour faire face à ces deux crises ?

A.C. : Face aux crises sécuritaires et sanitaires, il est clair que chaque acteur du secteur privé a eu à développer sa propre stratégie d'adaptation et de survie. Il fallait nécessairement le faire pour maintenir son activité et ne pas disparaître. Les gens l'ont fait pour eux-mêmes mais ils ont eu également à contribuer, à titre individuel, aux efforts et aux initiatives qui ont été mis en place par les autorités.

Pour ce qui concerne les actions menées au sein des organisations faîtières et regroupements professionnels, il y a eu également beaucoup d'initiatives. J'évoquerai seulement le cas du Patronat que je dirige. Pour soutenir le ministère de la Santé dans la riposte contre la COVID-19, nous avons offert, en 2020, un chèque de plus de 139 millions F CFA et un don en nature d'une valeur de 10 millions F CFA. C'était important parce qu'il faut des gens en bonne santé avant toute chose.

Le même geste de solidarité nous l'avons fait en 2019 dans le cadre de la lutte contre l'insécurité. C'est un chèque d'une valeur de 100 millions F CFA que nous avions remis au ministère de la Sécurité pour soutenir nos Forces de Défense et de sécurité.

S : L'Etat a pris un certain nombre de mesures d'accompagnement. Ont-elles été à la hauteur de vos attentes ?

A.C. : L'Etat a fait de son mieux mais en pareille situation, vous ne pouvez jamais être comblés à la hauteur des préjudices subis. Il y aura toujours un manque à gagner, des préoccupations restées sans réponses et des retards qu'on ne peut pas rattraper facilement. Nous préférons toujours ne pas connaître ce genre de crises que d'avoir à compter sur les compensations de l'Etat.

S : Vous êtes un richissime homme d'affaires dont la fortune a une histoire. Quels conseils avez-vous à donner à la jeune génération montante d'entrepreneurs ?

A.C. : Chaque fois que j'ai l'occasion de m'adresser à des étudiants ou à des jeunes intéressés par l'entrepreneuriat, je leur dis qu'il n'y a pas de secret. Les seules choses qui comptent sont l'ardeur au travail et la bénédiction de Dieu. Il faut savoir oser et aussi choisir le type d'activité qui convient à sa personne et à son environnement. Lorsque vous ne réussissez pas dans une activité c'est qu'il y a une autre qui vous conviendra. Tout ne peut pas aller mais tout ne peut pas ne pas aller.

S : On ne peut pas terminer cet entretien sans évoquer l'actualité vous concernant. On vous accuse d'être dans des affaires pas claires. Qu'en est-il et que répondez-vous à ces accusations ?

A.C. : Merci de me poser cette question car je pense que ceux qui ont porté les accusations dans leurs écrits n'ont jamais voulu comprendre la vérité sur mes activités, dont ils parlent. S'ils étaient de bonne foi, ils seraient venus directement vérifier leurs informations avant de publier tous ces mensonges.

Je suis dans l'activité de la vente de la cigarette - puisque c'est de cela dont il s'agit - à travers deux sociétés créées en toute légalité et avec des missions clairement définies.

Il y a d'un côté la SODICOM (Société de Distribution et de Commercialisation de produits de grande consommation), dont les activités se limitent au marché local. De l'autre côté, il y a la SOBUREX (Société Burkinabè d'Importation, d'Exportation et de Réexportation des produits de Grande Consommation). Comme vous pouvez l'entendre le travail de cette société c'est l'importation et la réexportation des produits. Et pour pouvoir mener ces activités comme indiquées, la SOBUREX a obtenu, dès sa création en 1998, des autorisations de la douane pour le transit et l'escorte des produits sur le territoire burkinabè. Ainsi les produits destinés à la réexportation sont escortés depuis les ports de débarquement jusqu'à la frontière du Burkina par les douanes des pays voisins puis par les douanes du Burkina lorsqu'ils entrent sur notre territoire.

Ensuite, ils sont entreposés dans un magasin, dont les clés sont détenues par la douane. Toutes les opérations de réexportations se font sous le suivi de la douane.

Nous avons également un contrat clairement établi avec notre fournisseur pour commander nos produits.

C'est pour vous dire qu'il s'agit d'une activité légale, suivie par les services compétents et disposant d'une traçabilité. Mes sociétés paient leurs impôts et je ne vois pas comment on peut parler de contrebande. S'il y a des gens qui font de la contrebande, il faut les trouver ailleurs. Pas à SOBUREX et encore moins à SODICOM.

S : Quel est l'objectif de cette campagne médiatique contre vous parce que c'est bien de cela qu'il s'agit ?

A.C. : Je laisse le soin à ceux qui ont fait ces écrits de répondre à cette question. Eux seuls connaissent les tenants et les aboutissants de cette campagne mensongère dirigée contre ma personne et mes sociétés.

Avant que le terrorisme ne s'installe dans le Sahel, il y avait déjà de nombreuses activités commerciales régulières qui passaient par cette zone. C'est d'ailleurs le terrorisme qui a entrainé l'arrêt de la plupart de ces activités, y compris celles de SOBUREX depuis trois ans maintenant. Mais pourquoi l'on cible une seule activité aujourd'hui pour dire que c'est elle qui alimente le terrorisme ?

En plus, on nous accuse d'avoir traité avec des personnes que ma société ne connaît pas, n'a jamais vu et avec qui on n'a jamais eu de relation. Pas même de façon indirecte.

S : Avez-vous rencontré les enquêteurs en question qui se sont intéressés à vos activités ?

A.C. : Je n'ai jamais vu ces enquêteurs, en dehors d'un questionnaire très ambigu qu'ils nous ont fait parvenir par mail. Ce questionnaire qui allait dans tous les sens avec des questions très vagues et absurdes, cachaient en réalité leurs intentions. On ne pouvait pas tout de suite comprendre qu'il s'agit d'avoir un éclairage sur comment se déroule le commerce de la cigarette destiné à la réexportation. Si cela nous avait été clairement demandé nous l'aurions expliqué avec tous les éléments de preuve à l'appui

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