Cote d'Ivoire: Amadé Ouérémi condamné à la perpétuité

Le verdict de la cour d'assises d'Abidjan est tombé ce jeudi après-midi. Amadé Ouérémi est condamné pour des faits commis en 2011 dans la ville de Duékoué.

Les juges ont préféré suivre le réquisitoire du procureur général. "Je demande au tribunal de reconnaître M. Amadé Ouérémi coupable des faits qui lui sont reprochés et le condamner à la prison à perpétuité", avait déjà réclamé mercredi, le procureur général Ernest Kouassi.

Amadé Ouérémi en détention préventive depuis huit ans devrait aussi payer une amende d'un million et demi d'euros à 34 civils qui sont des plaignants.

Au total, 24 chefs d'accusation pesaient contre l'ancien chef de guerre : assassinats massifs, viols, traitements inhumains et dégradants. Ces faits ont été commis dans la ville de Duékoué qui a enregistré des massacres les 28 et 29 mars 2011 durant la crise postélectorale qui a déchiré la Côte d'Ivoire.

Le nombre de victimes exécutées en une journée varie entre 817 selon la Croix-Rouge, 300 selon l'ONU. Ces chiffres ont été rendus publics lors de l'audience.

"Je n'avais pas de fusil"

Une semaine avant le verdict, Amadé Ouérémi a pourtant tenté de dégager sa responsabilités des faits qui lui sont reprochés. "Moi en 2011, je n'avais pas de fusil", a-t-il affirmé à la barre.

La défense a de son côté dénoncé "des zones d'ombre" dans ce procès qui a débuté le 24 mars. En faveur de son client, l'avocate Me Roseline Aka Sérikpa a demandé au tribunal "de lui trouver des circonstances atténuantes".

L'accusé "est resté constant, il n'a pas nié les massacres, il était sous le commandement des chefs de la rébellion pro-Ouattara qui avait conquis l'Ouest", a affirmé l'avocate de la défense, déplorant "un spectacle désolant au tribunal qui veut faire porter le chapeau à un seul homme".

Des témoignages troublants

La première partie du procès a été marquée par les témoignages glaçants de rescapés des massacres.

Ainsi, Yvette Diao a raconté avoir perdu trois frères et une soeur, exécutés par les miliciens. Son frère Diao Nessemon David a eu "son sexe et ses oreilles arrachés et emportés par ses bourreaux", a-t-elle raconté.

Franck Glazai, bras droit amputé, a témoigné que les soldats de Amadé Ouérémi ont tiré sur une centaine de personnes qui s'étaient réfugiés dans une église, après avoir séparé les femmes des hommes.

Chef de gang, puis chef d'une milice qui a martyrisé les populations locales, Amadé Ouérémi a placé la région sous sa coupe et jeté son dévolu sur les riches terres du Mont Péko, une forêt classée dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Cette région frontalière du Liberia et zone de production de cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, a été la plus meurtrie pendant la crise postélectorale de 2010-2011, née du conflit politique entre le président sortant Laurent Gbagbo et son rival à l'élection présidentielle Alassane Ouattara.

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