Congo-Kinshasa: L'insécurité persiste à Shabunda, dans le Sud-Kivu

La Monusco s'inquiète de la persistance de l'insécurité à Shabunda, ce vaste territoire du Sud-Kivu. Insécurité due à l'activisme des groupes armés qui s'illustre par les attaques, les pillages et les violences sexuelles dans cette région forestière pleine des minerais. C'est notamment le cas du village de Kigulube.

Dans ce village d'environ 4 000 habitants, des femmes et surtout des jeunes filles expriment leur chagrin avec prudence car, à quelques mètres d'ici, les combattants Maï-Maï se cachent dans la forêt.

Dorika, 18 ans, a été victime du viol il y a deux ans. « J'étais élève. Sur le chemin de l'école avec mes collègues, nous avons croisé les Raiya Mutomboki. Ils m'ont prise par force, ils m'ont violée avant de voler tout ce qu'ils ont trouvé sur nous. Plus tard, je me suis rendue compte que j'étais enceinte.»

Comme tant d'autres villages, Kigulube a été victime des attaques et violences sexuelles perpétrés d'abord par les rebelles rwandais des FDLR entre 1996 et 2010, ensuite par des groupes d'autodéfense locales dénommés « Raiya Mutomboki » après le départ des FDLR. La situation sécuritaire actuelle inquiète la Monusco. Karna Soro est son chef de bureau à Bukavu.

« La situation reste extrêmement précaire dans la zone de Shabunda. C'est aussi un endroit où les groupes armés se livrent à l'exploitation des minerais qui leur permettent de se procurer les moyens létaux de commettre leur forfait. Nous avons sur cette zone une vingtaine des réseaux d'alertes communautaires, et nous recevons par semaine une moyenne d'une vingtaine d'alertes (des violences sexuelles). Dernièrement, les alertes se sont concentrées sur une partie de Bamuguba Nord à la limite avec le Nord-Kivu, et du côté de Kalole à la limite avec le Maniema », précise-t-il.

La Monusco affirme qu'elle travaille d'arrache-pied avec les autorités locales du Sud-Kivu afin de rétablir l'autorité de l'État à Shabunda. Malgré cela, la société civile de Kigulube déplore aussi le mauvais état des routes et surtout les faibles effectifs militaires pour contrôler la zone, et interpelle le gouvernement.

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