Tunisie: Etudiants et étrangers résidant au pays - Ramadan en solo

16 Avril 2021

Etudiants, étrangers résidant en Tunisie ne peuvent faire le déplacement et passer le mois saint avec leurs familles... Ramadan est vécu autrement pour eux! Entre les soirées ramadanesques passées autour de la télé, les sorties nocturnes «brèves» (à cause de l'horaire du couvre-feu fixé à 22h00), ces jeûneurs sont dans l'obligation de s'adapter à ce nouveau rythme de vie durant tout le mois saint et de trouver d'autres moyens de divertissement pour vivre le mois de façon agréable. Témoignages...

«Passer le mois saint loin de sa famille et encore en confinement n'est pas très cool !», s'exclame Akram, jeune étudiant de 24 ans, qui poursuit ses études universitaires à la faculté d'Ingénierie de Sousse.

Et de poursuivre : «Que dire alors lorsqu'on est obligé de le passer à réviser les matières des examens que l'on devrait passer dans quelques semaines ? Ramadan pour moi a perdu de son charme depuis longtemps. Nous devrions aussi nous adapter à ce nouveau rythme qui marque désormais le mois saint et qui fait que nos soirées soient vécues autrement».

L'étudiant a noté, également, que pour planifier ses soirées ramadanesques, il a choisi de se déplacer pour quelques jours et de sécher les cours à la faculté pour pouvoir être entouré des membres de sa famille et profiter de quelques délicieux plats et mets préparés par sa maman. Ce dernier a l'habitude, pourtant, de préparer lui-même, en compagnie de ses camarades et ses binômes, les plats pour la rupture du jeûne.

Cette situation est mal vécue par un grand nombre d'étudiants poursuivant leurs études universitaires loin de leurs villes natales et loin de leurs familles. Ils se contentent notamment de profiter de la compagnie de leurs camarades et amis pour se sentir entourés et combler le vide marqué par l'absence de leurs proches.

Afin de ne pas s'ennuyer et de pouvoir profiter des soirées en compagnie de la famille et des amis et éviter d'avoir l'impression de passer le mois saint en solo, d'autres fonctionnaires, qui sont dans la même situation et pour des raisons purement professionnelles, ont été obligés d'adapter leurs soirées ramadanesques à leur rythme au quotidien.

A l'instar de Souha, une fonctionnaire qui a dépassé la trentaine et qui vit depuis des années en solo, loin de sa famille, puisqu'elle travaille dans une autre ville distante de plus de 200 kilomètres de sa ville natale. «Cela fait maintenant des années que je passe le moins saint en solo. Depuis l'université, je me suis habituée à être seule pendant le mois de Ramadan. Je passe mes soirées ramadanesques entourée uniquement de quelques amies, sinon, le reste, je le passe en solo, à regarder les feuilletons et les séries télévisées. Je profite du week-end pour rentrer et voir ma famille. Le mois de Ramadan pour moi est vécu de façon particulière, surtout ces deux dernières années, qui nous ont obligés à changer complètement nos habitudes et nous ont privés des soirées en plein air ou dans les cafés, à cause notamment de cette crise sanitaire que nous sommes en train de vivre. Pour ne pas me sentir seule, je téléphone chaque soir à ma mère et mes deux sœurs pour avoir l'impression de vivre ce mois sain entourée des membres de ma famille».

Idem pour certains étrangers résidant en Tunisie qui passent le mois saint parmi nous. Ils doivent adapter leur rythme de vie aux habitudes, traditions et coutumes liés à un événement religieux étranger à leur culture. Vincent Minost, homme d'affaires français, résidant depuis des années en Tunisie, profite, à sa façon, au cours de ce mois saint, en dînant chaque soir chez un ami. «Cela fait quelques années déjà que je me suis adapté à la vie en Tunisie, et notamment pendant le mois saint qui ne me pose pas du tout problème. En général, mes associés tunisiens m'invitent durant tout le mois saint pour la rupture du jeûne et c'est grâce à eux que j'ai découvert des mets traditionnels délicieux. En passant le mois saint avec eux, je me sens bien entouré et je me suis familiarisé avec cette culture qui m'est étrangère», note-t-il.

Le mois saint reste pour plusieurs d'entre nous une bonne occasion pour profiter de la compagnie des amis et des camarades en l'absence de la famille et passer la soirée autour de la télé pour se sentir bien entouré et le vivre comme il se doit...

Plus de: La Presse

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