Maroc: Racisme virtuel - Trois questions à Fatima-Zahra Quatabou

interview

Rabat — Fatima-Zahra Quatabou, une jeune marocaine qui milite contre le racisme, livre un état des lieux du racisme sur les réseaux sociaux et des moyens pour lutter contre ce phénomène. Dans un entretien accordé à la MAP, l'ingénieur opérant dans le domaine de la recherche et développement (R&D) revient également sur les raisons l'ayant encouragée à créer une page virtuelle sur Instagram pour lutter contre le racisme par le digital.

1- Comment décrivez vous la situation du racisme sur les réseaux sociaux?

Le problème mondial du racisme sur les réseaux sociaux est bien plus profond, dans la mesure où certains utilisateurs considèrent Internet comme un défouloir.

Certains internautes ne réalisent pas la gravité de leurs propos car ils sont cachés derrière un écran. Ils sont le reflet des énormes défis qu'il faut relever pour remédier à ce phénomène.

Il faut que les internautes et surtout les jeunes assimilent qu'être derrière un écran ne protège pas de la gravité des propos et que c'est punissable par la loi.

2- Dans quelle mesure peut-on utiliser le digital pour lutter contre le racisme?

La sensibilisation peut prendre plusieurs formes dans le digital. Elle peut provenir de différents organes constituant la société et c'est justement ce cumul d'efforts qui va créer une dynamique positive pour lutter contre le phénomène.

D'un côté, cela devrait essentiellement provenir des institutions étatiques, qui sont énormément écoutées et suivies par les masses et ça peut être des messages ou vidéos explicitant des situations réelles avec en prime, l'explication des lois existantes contre l'incitation à la haine raciale et la cybersécurité.

Ce serait très louable qu'il y ait, par exemple, une plateforme en lien avec les autorités, permettant aux internautes de signaler les contenus inappropriés et illicites repérés en ligne.

D'un autre côté, cela devrait provenir des citoyens via des plateformes d'échanges sur le sujet, que ce soit des blogs, des sites internet, des pages dans les réseaux sociaux, des podcasts, des chansons, de l'art plastique, de la peinture...

Il serait plus que temps que les citoyens ne soient plus passifs et agissent. Par exemple, quand on voit un troll raciste utilisant le nom d'une marque connue, il ne faut pas hésiter à le signaler à la marque en question, que ce soit par mail ou par les réseaux sociaux.

3- Vous avez lancé une page sur Instagram contre le racisme, à quelle fin ?

J'ai toujours vu des posts racistes passer mais à aucun moment, on ne s'arrête dessus pour en débattre et expliquer en quoi ce n'est pas normal.

Il est plus que nécessaire de démasquer le racisme. Depuis la création de cet espace qui n'a cessé de s'agrandir, jour après jour, il y a une belle dynamique, des conversations constructives et c'est le plus important.

Le champ des possibilités est large et c'est à nous citoyens, jeunes et moins jeunes, d'agir et d'apporter notre pierre à l'édifice pour promouvoir l'acceptation de la différence.

Plus de: MAP

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