Cameroun: Cinéma - Yaoundé en labo du film

La deuxième édition de cette rencontre intellectuelle d'Afrique centrale autour du 7e art se tient depuis le 6 avril dernier, convoquant experts et acteurs du secteur.

Dix jours intenses de réflexion autour du cinéma. La deuxième édition du Laboratoire de développement et de coproduction des projets de films en Afrique centrale en abrégé « Yaoundé Film Lab » s'est récemment tenue dans la capitale camerounaise. Producteurs, scénaristes, distributeurs et diffuseurs issus de 11 pays africains ont travaillé pendant près de deux semaines avec de jeunes porteurs de projets. A cet effet, de nombreuses articulations, entre conférences, analyses et projections, ont meublé ces travaux organisés du 6 au 15 avril 2021.

Dans le but de relancer la production en Afrique centrale, distributeurs et cinéastes ont échangé le 10 avril dernier à l'Institut français de Yaoundé, sur la distribution des films locaux à l'international. Plusieurs obstacles ont été énumérés dans le cadre de la vente des productions camerounaises. « Nous faisons des films comme si le monde entier n'existait pas. C'est-à-dire qu'on fait de la répétition mais, très mal. On traite des problèmes de façon superficielle », déplore le distributeur, producteur et réalisateur Jean Roke Patoudem. Initiés par le producteur camerounais Dieudonné Alaka, les échanges du « Yaoundé Film Lab » autour d'enjeux comme ceux de la distribution des productions africaines à l'international, ont permis aux experts présents de s'interroger sur la qualité des contenus cinématographiques camerounais. « Nos thématiques ne tournent qu'autour des maîtresses. Personne ne s'intéresse aux causes de l'adultère », rajoute Jean Roke Patoudem.

Les problématiques abordées dans les films locaux ne sont pas les seuls malheurs de leur distribution à l'international. A celles-ci s'ajoutent, le manque d'émotion dans les productions et le type de voix off employé. Face à des spectateurs francophones habitués aux intonations parisiennes, l'accent camerounais a du mal à se vendre dans certains pays d'Afrique, auprès de TV5 et à ARTE, d'après les panélistes.

Si certains films du 237 ont trouvé preneurs, l'usage des musiques libres d'accès et le manque de professionnalisme des producteurs locaux agacent les diffuseurs étrangers. « Nous avons très souvent du mal à reverser les frais d'achat d'un film à un producteur qui ne possède pas d'entreprise. Etant soumis à des accords fiscaux bien définis en France, nous avons encore du mal à collaborer avec un producteur qui ne travaille qu'avec son compte bancaire », a confié le principal distributeur de films africains à l'Institut français du Cameroun, Alain Modot.

Au terme de dix jours de partage d'expériences, les distributeurs et producteurs, mais aussi des réalisateurs et acteurs, ont proposé de s'appesantir également sur des thèmes tirés de l'actualité à l'image du Covid-19 pour contextualiser les productions. Ces échanges autour de la relance du 7e art en Afrique centrale se sont achevés hier, jeudi 15 avril.

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