Bénin: Bénin - Lendemain agités

Déclaré réélu mardi dernier avec 86% des suffrages le président Patrice Talon a annoncé mercredi qu'une tentative de coup d'Etat vient d'être déjouée.

Au lendemain de sa réélection avec plus de 86% des suffrages au premier tour de la présidentielle de dimanche dernier, Patrice Talon a fait mercredi une sortie inhabituelle. Sur un ton dur, le président béninois a déclaré la guerre à tous ceux qui, selon lui, ont tenté de déstabiliser le pays la semaine dernière pour perturber le vote et le renverser. « On a atteint des proportions inacceptables (de violence, ndlr) et nous allons tout faire pour que cela ne se répète plus jamais », a-t-il tempêté. Le chef de l'Etat a prononcé ces propos de retour de l'hôpital où il est allé rendre visite à des éléments des forces de l'ordre blessées au cours des manifestations pré-électorales ayant secoué la semaine dernière plusieurs communes du Centre du Bénin, fief de l'ancien président, Thomas Boni Yayi. « Nous allons œuvrer ensemble à réparer ce qui ne va pas, à instaurer un climat de stabilité, de sécurité et de paix afin que ce genre de choses n'arrive plus jamais », a poursuivi Patrice Talon. Après avoir promis « d'identifier les instigateurs ».

A la suite du président de la République, le ministre de l'Intérieur a dans une déclaration à la presse, fait savoir que « 21 personnels des forces de défense et de sécurité ont été blessés par balles ». Au cours de cette sortie, Sacca Lafia a expliqué que les manifestations du 6 avril dernier avaient pour objectif le renversement de Patrice Talon afin d'installer un régime de transition. D'après lui, des opérations étaient planifiées à Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi et Parakou. A en croire M. Lafia, les barrages érigés sur les deux axes reliant le sud au Nord, visaient à couper le Bénin en deux. Les présumés auteurs de ces actes ont été arrêtés. Ils sont accusés de recrutement de mercenaires, de jeunes et de chasseurs dans le but de renverser le pouvoir en place. D'autres suspects sont activement recherchés.

De son côté, l'opposition s'inscrit en faux contre toutes ces déclarations. Pour Eugène Azatassou, l'un des vice-présidents du parti, Les Démocrates, il faut plutôt aller chercher l'origine de ces actes dans le camp du pouvoir qui a verrouillé le jeu politique afin d'empêcher plusieurs acteurs politiques de participer à la dernière élection présidentielle. « Non, nous n'avons pas projeté installer un gouvernement de transition. Personne n'a recruté personne. Il n'y aurait pas cette situation si Patrice Talon n'avait pas posé des actes d'exclusion », souligne-t-il.

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.