Cameroun: Fraude fiscalo-douanière - Une dizaine de camions saisis

En transit vers le Tchad, les gros porteurs en situation irrégulière ont été stoppés par la gendarmerie à la frontière.

Des camions garés le long de la chaussée à Touboro. A première vue, on croirait qu'ils sont tous en panne. Que non ! C'est que depuis presque un mois, le corridor Douala-Ndjamena vibre au rythme d'un trafic frauduleux. Ces camions stationnés sont, pour certains, dépourvus de plaques d'immatriculation Cemac et pour d'autres, c'est la double immatriculation qui les coince. Sans compter les faux dossiers de mise en circulation. Ces camionneurs, partis du Port de douala, ont réussi à déjouer le contrôle dans les check-points de Douala, Bertoua et Ngaoundéré. Sur le trajet de près de 1200 km, ils ont achevé leur parcours à la frontière, plus précisément au check-point de Touboro dans le département du Mayo-Rey. Ceux-ci s'apprêtaient à franchir la frontière Tchad-Cameroun.

Mardi, 13 avril dernier, le compteur du peloton routier motorisé de Tcholliré affichait neuf camions transportant des conteneurs en situation d'irrégularité administrative saisis. « C'est lors d'un contrôle minutieux que nous avons pu détecter la fraude. Ces faussaires utilisent un seul dossier pour trois ou quatre véhicules d'une même marque. Leur mode opératoire consiste à échanger le numéro de châssis du véhicule afin de circuler librement tout au long de ce corridor international », explique Mamoudou Aliou, commandant du peloton routier motorisé de Tcholliré.

Une fois démasqués, ces camions sont transférés à la fourrière dudit peloton routier motorisé situé à Touboro. Pour ne pas s'expliquer sur cette fraude, certains chauffeurs ont préféré prendre la poudre d'escampette abandonnant véhicule et marchandises. Les plus téméraires ont opté pour un arrangement à l'amiable en misant sur la corruption. « Ils ont tenté à maintes reprises d'acheter notre conscience à coût de millions de F, oubliant que tout le monde ne mange pas de cette nourriture empoisonnée. Nous respectons les recommandations de notre hiérarchie qui consistent à travailler dans le respect de la déontologie », a indiqué le commandant.

A ce jour, la frontière Tchad-Cameroun enregistre par semaine en moyenne une centaine de camions qui circulent dans les deux sens. D'après les syndicats de transporteurs, cette pratique qui prend de l'ampleur constitue un véritable manque à gagner pour les pays de la zone Cemac. « Ces transporteurs véreux sont de toutes les nationalités des pays de la Cemac. Nous leur demandons tout simplement d'être en règle parce que les pertes sont énormes au niveau des transporteurs via les quotas et au niveau économique des Etats camerounais et tchadien. En ce sens que ces faussaires ne payent pas d'impôts de part et d'autres » a conclu Ibrahima Yaya, président du groupement des transporteurs terrestres du Cameroun.

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