Congo-Kinshasa: Sama Lukonde Kyenge - L'investiture du gouvernement menacée !

Ils furent des pétitionnaires au moment le plus fort de la recherche de la requalification de la majorité parlementaire. Environ six mois après et grâce à leur action, il y a lieu de noter que le Bureau Mabunda est, finalement, tombé au profit de celui de Mboso N'Kodia Pwanga Christophe.

Au Sénat, ce fut le même mouvement de séisme contre le Bureau de M. Alexis Thambwe Mwamba qui, lui, est aussi tombé avec l'essentiel de ses co-équipiers à l'exception de Samy Badibanga Ntita. Ces Députés pétitionnaires-là sont aujourd'hui en colère. Ils râlent et crient à tue-tête au Palais du Peuple. Se disant déçus de la tournure des choses après la publication de l'équipe gouvernementale, ils menacent de ne pas l'investir. Hier, en effet, l'on appris qu'ils auraient adressé une lettre à Félix Tshisekedi pour l'interpeller et réclamer le respect des promesses qui, à leur avis, n'auraient pas été tenues. D'où, l'épée de Damoclès est, désormais, suspendue sur la tête de Sama Lukonde Kyenge, 43 ans, tant que ces revendications au contenu demeuré, du moins jusqu'ici, flou, n'auront pas été pris en compte.

Au juste, que veulent-ils ? Combien de Députés devrait-on prendre dans cette équipe gouvernementale qui en compte déjà vingt-trois ? Quel serait l'impact d'une telle participation massive des Députés au gouvernement alors qu'ils ont, eux, dans leur mission première, le devoir de se consacrer à l'examen des lois sur les réformes électorales et institutionnelles, de contrôler l'Exécutif et de veiller aux intérêts du peuple congolais ? Que des questions auxquels il est, apparemment, difficile de donner des réponses tant que la masse critique organisée contre l'avènement de la nouvelle configuration du gouvernement n'aura pas encore dit son dernier.

A l'analyse, la meilleure approche serait celle de prendre connaissance de leur cahier de charges et d'apprécier la teneur de leurs réclamations en vue d'y apporter des solutions le plutôt.

L'autre approche que dévoilent ces tapages aux allures des surenchères, serait également celle consistant à doter l'Union sacrée d'un cadre fonctionnel devant rendre facile son opérationnalité.

Si, dès le départ, cette Union sacrée n'était qu'une vision, une idée de gouverner le pays autrement, loin des appétits gloutons des prédateurs, il est temps maintenant de revoir le schéma et de lui doter des structures sans lesquelles, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, ne saura pas continuer à bien diriger le pays sans anicroches venant de ces nombreuses forces politiques et sociales ayant contribué à l'effondrement de la coalition FCC-CACH et qui, de droit, se disent sociétaires de cette Union sacrée.

Puisqu'aujourd'hui, il ne s'agit que d'une question de gouvernance, il va sans dire que demain, lorsqu'il sera possible de revenir vers le peuple congolais pour solliciter son suffrage, ces mêmes surenchères-là iront crescendo.

A tout prendre, l'heure a sonné, à la fois, pour discuter avec ces pétitionnaires enragés et, en même temps, d'anticiper les événements en jetant les jalons de l'édification d'une Union sacrée qui ne serait pas forcément l'Arche de Noé pour embarquer les naufragés de l'ex-Coalition FCC-CACH.

Pourquoi bloquer le gouvernement ?

Depuis le 23 octobre 2020, le pays ne tourne qu'au prix d'une forte navigation à vue. Pas de conseil des Ministres, ni de décisions formelles allant dans le sens de tout remettre les choses sur les rails.

Grèves et misères se côtoient. Incertitudes et surenchères se mêlent à la sauce. Et, puis, la nébuleuse autour du processus électoral n'offre pas la moindre embellie pour un futur rassurant pour la paix et la stabilité institutionnelle.

A cela, s'il faut ajouter la perte substantielle du pouvoir d'achat, la hausse généralisée des prix sur le marché, l'instabilité du taux de change et l'exode des capitaux, le calvaire des congolais trouve-là toutes une motte de raisons pour s'amplifier.

Entre le départ d'un Premier Ministre démissionnaire et l'avènement d'un Premier Ministre, nommé et non investi, le temps file alors que l'opulence d'hier devient la précarité d'aujourd'hui à telle enseigne que personne, à l'exception de ceux qui détournent encore les dénies publics, n'est en mesure d'affirmer, sans se faire taper sur le doigt, que tout va bien et que rien d'inquiétant ne peut arriver.

D'où, la nécessité d'accélérer la machine pour que le gouvernement ainsi formé se mette au travail et que ses actes soient jugés aux résultats.

Quoi qu'il en soit, même si l'on cherchait des Ministres au ciel, le miracle ne viendrait pas en un clin d'œil tant que les paramètres actuels d'une économie exsangue n'auront pas subi des profondes mutations, ni de choix de nouveaux paradigmes.

Les Députés, eux qui sont les élus du peuple, auraient dû, en principe, être les premiers à tracter l'ensemble du peuple congolais vers la matérialisation de la vision de l'Union sacrée pour éviter de le faire tomber dans le piège d'un changement cosmétique.

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