Congo-Kinshasa: Gouvernement - Les Warriors bientôt à pied d'œuvre ! (Par Angèle Makombo, Présidente de la LIDEC)

"Ne confondant pas l'urgence à la précipitation", le Gouvernement du Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde n'a pas rompu pas avec la tradition congolaise d'une longue attente pour la formation du gouvernement

. En effet après une gestation compliquée d'une durée de deux mois, suite à sa nomination à la Primature le 15 février dernier, le nouveau gouvernement a enfin vu le jour lundi 12 avril en plein jour et non nuitamment, comme à l'accoutumée. Mais, ce jour-là hélas, la Société nationale d'électricité/SNEL nous a encore joué un mauvais tour en nous privant d'électricité dans nos quartiers à quelques heures de l'annonce fatidique du Gouvernement de l'Union Sacrée de la Nation. Qu'à cela ne tienne, j'ai pu suivre la publication du Gouvernement dit des Warriors sur les réseaux sociaux.

Trois jours après l'effervescence à Kinshasa due à l'annonce du nouveau gouvernement, que retenir ? Comme de nombreux Congolais, j'ai noté plusieurs aspects positifs, notamment la réduction de la taille de la nouvelle équipe qui est passée de 65 à 56 membres ; une représentativité féminine de 27%; le renouvellement de la classe politique (moyenne d'âge de 47 ans, 80% de nouvelles personnalités) ; et un certain équilibre géopolitique, quoi qu'on dise... .

Je tiens à saluer la participation de 27% de femmes dans le Gouvernement. C'est une avancée indéniable pour les femmes congolaises, avancée pour laquelle nous tenons à remercier le Président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo. C'est presque les 30% que les femmes réclamaient à cor et à cri, les 30% pour lesquels la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi a fait en personne un plaidoyer auprès du Premier Ministre le 8 mars dernier dans le cadre de la Journée Internationale des Droits des Femmes, et les 30% selon l'engagement du Chef de l'Etat envers les femmes congolaises.

C'est une avancée non seulement compte tenu de la quantité, 27% de femmes, mais également de la qualité des postes régaliens décernés à plusieurs d'entre elles dont les compétences et les expériences ne sont plus à démontrer. Il s'agit notamment de la Vice-Primature en charge de l'Environnement et du Développement Durable avec Mme Eve Bazaïba Masudi; de deux Ministères d'Etat avec Mme Rose Mutombo, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Mme Adèle Kahinda, Ministre du Portefeuille, et Mme Nsamba Kalambayi, Ministre des Mines.

La gente féminine congolaise a reçu une autre bonne nouvelle de la part du Président de la République avec la nomination annoncée le 14 avril de Mme Nicole Bwatshia comme Directrice de Cabinet Adjointe du Chef de l'Etat.

En dépit de toutes ces bonnes nouvelles, 27% de femmes, faut-il le rappeler, ne font pas 30% de femmes et surtout, c'est loin des 50% que notre Constitution nous octroie, conformément aux dispositions de son article 14; dispositions que les institutions de la République tardent à respecter.

Donc, la lutte des femmes congolaises pour l'égalité doit continuer. A cet égard, de nombreuses femmes se sont ému des propos attribués récemment au Premier Ministre selon lesquels il aurait incité les femmes ministres à bien travailler si elles souhaitaient augmenter la participation des femmes aux postes décisionnels. Ces propos ont été jugés discriminatoires : pourquoi en effet interpeller seulement les femmes ? On suppose d'office que les hommes eux travaillent bien, mais les femmes, il faut les exhorter au travail ?

Cela dit et sous un autre registre, je voudrais relever que parmi les recommandations soumises au Président de la République lors de ses consultations en novembre dernier avec les forces vives de de la nation, figurait celle demandant que les Députés ne soient pas nommés dans le Gouvernement. Or, il semble que 23 Députés nationaux de la présente législature sont devenus membres du nouveau gouvernement. Aussi se pose une question préoccupante : ces anciens honorables vont être remplacés par qui dans l'hémicycle ? Leurs suppléants respectifs selon la loi. Mais, ces suppléants sont-ils formés à la tâche ? Ne s'agira-t-il pas de "Mme mon épouse" pour les uns, le fils et/ou la fille pour les autres, frère et/ou sœur ou encore neveu et/ou nièce, choisis comme suppléants par le candidat député ? La qualité du travail législatif en souffrira. Aussi voudrais-je inviter nos journalistes d'investigation à suivre cette question de près et à partager leurs conclusions pour contribuer au chantier de la réforme électorale.

Une autre recommandation émanant des consultations présidentielles mais restée également sans effet, porte sur un gouvernement de taille réduite. Or avec 56 membres, l'équipe gouvernementale demeure pléthorique.

Quoiqu'il en soit, je réitère mes sincères et chaleureuses félicitations aux heureux élus membres du Gouvernement des Warriors, surtout aux 27% de Femmes Warriors. A tous, place au travail car le peuple congolais attend des résultats.

Pour conclure, je tiens à ajouter une recommandation à l'attention du Premier Ministre Sama Lukonde, suite aux recommandations que je m'étais déjà permise de faire en vue de l'élaboration du programme du Gouvernement ; recommandations publiées dans le quotidien La Prospérité du 5 mars 2021.

Je préconise, en effet, une réduction des salaires des membres du Gouvernement afin de contribuer à la baisse du train de vie de l'Etat et pour marquer la solidarité des Warriors envers la masse laborieuse des Congolais qui vivent tous les jours dans la précarité.

*Présidente Nationale de la Ligue des Démocrates Congolais (LIDEC)

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