Afrique subsaharienne - Le FMI annonce des perspectives «exceptionnellement incertaines»

16 Avril 2021

Dans ses Perspectives économiques régionales pour l'Afrique subsaharienne dévoilées hier, le Fmi table sur une croissance de 3,4 % cette année, après la contraction de 1,9 % observée en 2020 (le pire résultat jamais enregistré). Cependant, le rapport souligne que les perspectives de la région restent « exceptionnellement incertaines » et qu'il sera difficile de trouver la voie de la reprise et de surmonter les effets de longue durée de la pandémie.

La croissance économique devrait reprendre en Afrique subsaharienne en 2021. Selon les projections du Fmi, qui a dévoilé, hier, ses Perspectives économiques régionales pour l'Afrique subsaharienne, la croissance du continent devrait atteindre 3,4 % cette année, après la contraction de 1,9 % observée en 2020 (le pire résultat jamais enregistré), qui a entraîné une forte hausse de la pauvreté. Toutefois, les perspectives à court terme sont « sujettes à des incertitudes considérables » qui sont liées à l'évolution de la pandémie, à l'accès aux vaccins et à des conditions de financement extérieur moins favorables.

Dans de nombreux pays, le revenu par habitant ne retrouvera pas son niveau d'avant la crise avant 2025, souligne le rapport. Aussi, le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté en Afrique subsaharienne a augmenté de plus de 32 millions, d'après les projections du Fmi.

« L'Afrique subsaharienne sera la région du monde où la croissance sera la plus lente en 2021 : le manque d'accès aux vaccins et de marge de manœuvre pour les pouvoirs publics freine la reprise à court terme », explique Abebe Aemro Selassie, Directeur du Département Afrique du Fmi. Outre les difficultés d'accès aux vaccins, il constate que la plupart des pays de la région n'ont pas été en mesure de prendre les mesures extraordinaires de soutien budgétaire et monétaire qui tirent, aujourd'hui, la reprise dans les pays avancés.

Des besoins estimés à 232 972 milliards de FCfa sur les cinq ans à venir

Pour débloquer le « potentiel immense » de la région, le Fmi préconise une stratégie à trois volets : des réformes audacieuses pour stimuler la croissance économique et la diversification ; des mesures budgétaires, en particulier pour accroître les recettes et limiter la vulnérabilité liée à la dette, ainsi qu'une augmentation considérable des financements concessionnels extérieurs à l'appui de ce programme de réforme. Des « choix difficiles » s'imposent, notamment en matière budgétaire : donner la priorité aux dépenses essentielles, gérer plus efficacement la dette publique...

Le continent aura aussi besoin de l'aide extérieure. En effet, selon le Fmi, pour accroître les dépenses de lutte contre la pandémie, maintenir des réserves suffisantes et accélérer la convergence des revenus, les pays à faible revenu d'Afrique subsaharienne font face à des besoins supplémentaires de financement extérieur d'environ 245 milliards de dollars (environ 134 301 milliards de FCfa) sur les cinq prochaines années, le chiffre correspondant pour la région étant de 425 milliards de dollars (232 972 milliards de FCfa). Ces questions seront examinées en mai, lors du Sommet international de haut niveau sur le financement pour l'Afrique.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.