Madagascar: Tracts à Anjanahary - Menaces de représailles contre les voleurs à la tire

Des victimes crient vengeance ! Une victime de vol à la tire a décidé de disperser des tracts dans le quartier d'Anjanahary, hier, pour réclamer « vengeance ». Depuis le début de l'année, ce type de crime est en constante augmentation près du cimetière d'Anjanahary mais aussi dans les autres quartiers. On recense près d'une dizaine de vols toutes les semaines, dont la majorité des victimes sont des piétons.

La semaine dernière, un passager d'un taxi en a aussi été victime. En raison de l'état de la route, le chauffeur du taxi a dû ralentir, laissant le temps à des jeunes hommes de barrer la route. Ces derniers ont enfoncé la portière du véhicule et en quelques secondes, les bijoux, le téléphone portable et le sac du passager ont disparu. Après avoir obtenu leur butin, les criminels se sont empressés de prendre la fuite dans les ruelles du quartier. Les habitants du lieu déplorent la situation. « Nous faisons face à beaucoup d'actes criminels ces derniers temps.

Le sujet de la sécurité chez nous n'est pas nouveau », déplore Lolona, habitant dans le fokontany d'Anjanahary. Elle affirme que « Le manque de policiers et leur mobilisation à certains endroits explique, au moins partiellement, ces faits». Faute de moyens, les fokontany comptent sur la vigilance de la population.

Mais en matière de sécurité, le ressenti est souvent différent de la réalité. Depuis le début de cette année, les vols aggravés et les vols à la tire ont augmenté. Malheureusement, les fokontany n'ont pas de chiffres exacts sur ces délits. « Nous savons qu'il y a une augmentation des plaintes verbales, mais les chiffres ne sont pas suffisamment précis pour savoir si on assiste à une explosion des crimes dans ces localités où la population a un sentiment d'insécurité », raconte le responsable d'un fokontany à Anjanahary.

Les quartiers mobiles font le nécessaire pour identifier les voleurs résidant dans les quartiers, mais cela pourrait durer encore longtemps tant le phénomène est prégnant. C'est malheureusement une tendance de fond depuis maintenant plusieurs mois qui risque de continuer si aucune mesure n'est prise par les autorités. Auparavant, seuls les passants étaient visés, mais actuellement les automobilistes sont aussi concernés.«

Depuis quelques années, on a vraiment le sentiment que la violence s'est banalisée, et on ne veut pas rester les bras croisés pendant que ça perdure », constate un quartier mobile. Et d'ajouter que « les voleurs sont de plus en plus agressifs. Les vols à l'arraché sont souvent accompagnés de violence et à la moindre résistance, les coups pleuvent. Les voleurs sont d'ailleurs munis d'armes blanches ».

Ce phénomène touche principalement les fokontany à Antananarivo, la nuit. Dans la plupart des cas, les vols sont commis sur des passants qui rentrent tard. Un choix également motivé par la nature des biens recherchés. Les voleurs ciblent principalement les bijoux et le matériel électronique qui se revendent plus facilement sur le marché noir.

Plus de: Midi Madagasikara

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