Libye: Libération d'«al-Bidja», l'officier des garde-côtes accusé de trafic de migrants

Réclamé par Interpol et sanctionné par l'ONU qui le considère comme « le plus dangereux trafiquant d'êtres humains » en Libye, la libération dimanche dernier, d'Abdelrahman Milad, alias al-Bidja, chef milicien devenu officier des garde-côtes libyens a suscité la polémique. Sa libération, sur ordre du procureur général « faute de preuves », après 5 mois de prison, relance le débat en Libye sur la capacité du nouvel exécutif à stabiliser un pays soumis au pouvoir des milices.

C'est une nouvelle affaire qui symbolise l'échec de l'État de droit en Libye. Une « nouvelle inquiétante » pour reprendre l'expression d'un parlementaire italien dont le pays est en première ligne face aux migrants en Méditerranée orientale.

Amnesty international appelle à juger Abdelrahman Milad ainsi que « d'autres personnes soupçonnées d'avoir commis des exactions contre les migrants en Libye ».

Selon certaines sources, ce sont les nouvelles autorités qui l'ont libéré afin de racheter la « paix civile ». Le pouvoir garde toujours le silence sur l'affaire.

C'est d'ailleurs en héros qu'il a été accueilli à Zaouïa, sa ville natale. Le chef de la milice locale et un parlementaire figurait dans le comité d'accueil alors que les miliciens manifestaient leur joie par un concert de klaxons et des rafales de kalaches.

Al-Bidja conserve toujours son grade d'officier des garde-côtes à Zaouïa ; cet appareil sécuritaire de l'État, composé à l'origine de miliciens, a été créé avec l'aide de l'Union européenne pour intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye.

Au mois de mars dernier, le gouvernement Sarraj, a promu al-Bidja encore en prison, pour sa participation à l'opération « volcan de colère » qui avait repoussé l'offensive de Khalifa Haftar à Tripoli.

Al-Bidja est accusé d'avoir laissé mourir des migrants en pleine mer sans les sauver et d'avoir organisé en personne le trafic d'êtres humains tout en dirigeant des camps de rétention.

Impliqué également dans le trafic de pétrole, il a dénoncé des responsables au plus haut niveau à la NOC, la compagnie pétrolière nationale. Il a affirmé avoir en sa possession des dossiers qu'il a transmis au procureur général.

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