Congo-Brazzaville: La quête des fondements du vivre-ensemble dans le contexte postélectoral

S'investir dans la quête des fondements du vivre-ensemble, c'est consolider davantage l'instauration d'une vision globale, noble, celle qui consiste à faire que, malgré tout, la paix et l'unité nationale demeurent. En d'autres termes, dans le contexte postélectoral, il est nécessaire et même urgent de faire, à nouveaux frais, de la question du « vivre-ensemble » un idéal à atteindre.

Sous-tendue par ce qui a été dit jusqu'à ce jour, et autour de «la marche du développement », actualisée, par l'ambition renouvelée de voir le pays aller vers ce qui est indivisible, la volonté de vivre ensemble est désormais perçue comme étant au fondement de la poursuite d'une marche vers le développement qui rassemble toutes les filles et fils, et donc qui est rendue possible par le souci majeur de ne jamais construire une Nation sans les « autres ».

Ceci cadre avec le renouvellement des objectifs que poursuit l'Association Désir d'Unité (Adu), à savoir : promouvoir l'unité nationale, les valeurs de la République, le vivre-ensemble, le patriotisme et la tolérance en privilégiant les intérêts du Congo, contribuer à la consolidation de l'unité nationale et de la paix dans un esprit de justice sociale, en vue de favoriser l'égalité des droits et des chances à travers les actions éducatives, culturelles, sportives. (Jean De Dieu Kourissa, (dir.), Paris, L'Harmattan, 2016, p.242.)

Il y a là un réel croisement de visions et d'intentions fraîches, en vue de faire attention à ce que le Congo a de plus essentiel: «le désir d'unité nationale». Quoi de plus logique que de rechercher davantage «la justice impartiale». Quoi de plus normal que de «combattre» ou «d'éradiquer» le séparatisme pour quelque motif que ce soit. On le voit, l'Adu avait déjà anticipé sur quelques valeurs universelles à promouvoir avec raison, dans notre pays, si tant est qu'il s'attache à l'unité nationale, et s'il est admis par tous que la paix, qu'elle vienne d'en haut ou qu'elle se construise dans les efforts fournis par les esprits des hommes, vaut plus que tout.

On l'aura compris, dans le fond, tout comme dans le ton, que l'Adu n'a jamais eu raison que maintenant où le chef de l'Etat, Denis Sassou N'Guesso, a choisi de placer le « vivre-ensemble» au fondement des valeurs servant de fil conducteur au projet de société des Congolais pour consolider et promouvoir un Congo né de nouveau, où rien ne va sans critique du «repli-identitaire». En témoigne la série des traits distinctifs de son nouveau Projet de société.

Bientôt une équipe gouvernementale va être mise en place par le président de la République pour le bonheur des Congolais; sous peu des cabinets ministériels vont pouvoir naître de nouveau, le désir ardent qui anime les Congolais serait de voir et de vivre dans une nouvelle configuration qui met en avant la représentativité de toutes les couches de la nation, de tous les coins et recoins du territoire. Pareille territorialité enveloppée de toutes les ethnies, races, etc., est l'indice d'une nation censée vivre longtemps. Car «sans paix, sans unité nationale», «sans désir d'unité», il n'y a pas d'avenir radieux.

Les autorités publiques se doivent de tirer quelques leçons: tenir une posture historique essentielle et responsable devant l'avenir du fait de la volonté des Congolais de créer les conditions d'une existence sociale apaisée. Eprouver davantage le désir de rêver d'un Congo à construire en nouveauté de vie, au sein duquel chacun de nous devrait se sentir acteur et non pas protagoniste du développement intégral. Cesser d'être spectateur sous le prétexte théorique d'un repli identitaire qui a dû présenter ses insuffisances au regard des avancées significatives dans l'optique de vivre ensemble.

Au final, le moment est venu où nous devons tous chanter le bonheur d'être Congolais sur fond d'un code d'honneur, celui d'avoir en partage avec autrui une part d'humanité qui lui fait reconnaître que la vraie différence réside premièrement dans celle de nos idées et de nos jugements sains et qui sont eux-mêmes tributaires d'une éthique environnementale.

L'Adu cultive le désir de vivre-ensemble et le promeut afin que chacun de nous trouve le levier méthodologique couplé à une radicalité éthique qui construit davantage sa raison d'être. De la sorte, le Congolais pourrait s'épanouir par le savoir et par le sens aigü d'ouverture vers l'autre non pas comme « altérité », mais comme un «alter ego».

La République du Congo est condamnée à vivre ensemble. Il lui est interdit, désormais, d'échouer, car c'est d'expérience qu'elle a tant souffert de la honte nationale, et c'est toujours par expérience qu'elle montre aux yeux du monde que c'est l'avenir qui éclaire le passé. Consolidons les fondements du vivre-ensemble par l'acte de faire ensemble, d'être ensemble, d'agir ensemble et donc de marcher toujours ensemble.

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