Ile Maurice: Intempéries et Covid - Des planteurs dans les choux

Plantations inondées, récoltes emportées par les eaux, nouvelles cultures détruites. Les planteurs ddu Sud et du Sud-Est ont failli s'effondrer en se rendant dans leurs champs, hier matin, face à l'ampleur des dégâts. Après le manque à gagner dû au confinement, ils font face à une perte supplémentaire.

Sollicité pour un constat, Kreepalloo Sunghoon, président de la Small Planters Association (SPA), explique que l'évaluation de l'étendue des dégâts dans les plantations les plus affectées sont en cours. «Si dans le Nord, cette pluie a été plutôt bénéfique pour la culture, dans la région Sud et Sud-Est les pertes ont été conséquentes. Il y a eu des dégâts même dans les champs de canne.»

De son côté, Jugon Farhad, un planteur du Sud, plus précisément à Britannia, Camp-Diable et Bénarès, parle d'une véritable catastrophe. «Pour les deux arpents de pomme d'amour d'une valeur d'environ Rs 200 000, c'est total loss. Deux arpents de culture de concombre d'environ Rs 80 000 et un arpent de cotomilli estimé à Rs 50 000, ont été inondés. Quelques concombres ont été emportés dans les champs de bananes par les eaux.»

Ces pertes s'ajoutent à celles survenues à la fermeture des marchés et des foires et à cause du manque de maind'œuvre pour la récolte dû aux restrictions de sortie. «Je n'ai pu mettre sur le marché que 20 % de la récolte. Ces cultures détruites ont été mises en terre grâce au peu d'argent recueilli depuis le début du confinement. Il faut maintenant recommencer à zéro avec presque rien.» Hormis les quelques légumes restants de la récolte effectuée avant le mauvais temps, il nous confie qu'il n'aura plus de légumes à vendre.

Dans l'Est, les planteurs constatent moins de dégâts. C'est ce que nous explique Dharmaraj Juggoo, ex-président de Belle-Mare Water Users' Multi-Purpose Cooperative Society. «Je constate des dommages de 10% à travers les pertes de haricot, voëm, lalo et piment. C'est là où l'eau s'est accumulée. Heureusement pas plus de dégâts en comparaison aux planteurs du Sud et du Sud-Est.»

Après les pluies torrentielles enregistrées dans ces régions, les officiers du ministère de l'Agroindustrie, du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) et du Small Farmers Welfare Fund visiteront les champs des planteurs couverts par le Crop Loss Compensation Scheme (CLCS) pour évaluer l'impact du mauvais temps.

Les planteurs enregistrés sous le CLCS seront indemnisés en fonction des pertes subies. Ils auront aussi droit à une assistance technique du FAREI pour de nouvelles plantations, indique un commu- niqué du ministère de tutelle.

Par ailleurs, les planteurs font valoir que les consommateurs peuvent s'attendre à une hausse des prix des légumes dans les prochains jours.

Plus de: L'Express

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