Congo-Kinshasa: Campagne de vaccination et méfiance envers le vaccin AstraZeneca

La campagne de vaccination commence ce lundi en République démocratique du Congo. Une cérémonie aura même lieu à l'Université de Kinshasa, en présence du ministre sortant de la Santé, le docteur Eteni. Un peu plus d'un an après que l'épidémie a été décrétée, selon les dernières statistiques officielles, le pays a connu moins de 29 000 cas et 745 décès.

Le vaccin qui sera utilisée sera l'AstraZeneca, un vaccin qui fait l'objet d'une certaine controverse. Comment va se passer cette campagne ? Qui est concerné ?

La RDC a reçu 1,7 million de doses du vaccin AstraZeneca. La vaccination, qui devait commencer le 15 mars, avait été reportée « par mesure de précaution » après la suspension par d'autres pays de l'utilisation de ce vaccin. Mais c'est finalement le même dispositif de vaccination qui va être repris. Pour cette première phase, onze hôpitaux sont concernés à Kinshasa, la capitale. Puis la campagne devrait être élargie aux cinq provinces les plus touchées.

Elle concerne d'abord le personnel de santé et les travailleurs sociaux, qui représentent 1% de la population selon le ministère de la Santé... Les personnes avec des comorbidités, maladie rénale chronique, hypertension et diabète. 13% des Congolais en souffriraient, mais ces pathologies sont souvent mal dépistées. Et puis, il y a les plus de 55 ans. Cela représente 6% seulement de la population de la RDC, où l'espérance de vie est de moins de 49 ans selon la Banque mondiale.

Pour les autres, pas question de vaccination pour l'instant. L'annonce du lancement de cette campagne suscite bien des interrogations, y compris parmi les personnels de santé qui ne comprennent pas pourquoi le pays n'a pas accès à d'autres vaccins que l'AstraZeneca, et elle a même provoqué quelques scènes de panique, notamment au Sud Kivu où d'autres campagnes de vaccination sont en cours.

Scepticisme et méfiance

Beaucoup de Congolais sont encore sceptiques et disent se méfier du vaccin AstraZeneca dont ses effets secondaires sont au centre des débats dans plusieurs pays au monde, rapporte notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho.

Monsieur Godefroid Kisimba est âgé de 67 ans. L'an dernier, il a été atteint du Covid-19 mais s'en est sorti. Quand on lui demande s'il est prêt à se faire vacciner, il reste sceptique :« Non, ça ne m'inspire pas confiance. Pour moi, en tout cas, ici au Congo, je ne peux pas être vacciné malgré mon âge. Je me protège et je prie mon Dieu ».

Même réserves pour Peter. Agent à la régie des voies aériennes de l'aéroport international de Lubumbashi, il fait partie des personnes cibles pour le démarrage de cette campagne :« Moi, je refuse ce vaccin. Il y a des pays occidentaux qui ont refusé ce vaccin, car il semble que ce vaccin entraine des conséquences très fâcheuses sur des personnes qui l'ont accepté. »

Ce scepticisme est accentué par un manque de communication et de sensibilisation sur les effets secondaires du vaccin AstraZeneca. C'est ce qu'estime un médecin de l'hôpital général Jason Sendwe de Lubumbashi qui a requis l'anonymat : « On devrait sensibiliser surtout le personnel soignant pour que nous puissions comprendre le contour de cette vaccination. Mais rien n'est encore fait. Pourtant, c'est nous qui devrons faire comprendre à la population le bienfondé de la vaccination »

Pour l'heure, aucune communication officielle sur la vaccination contre le Covid-19 n'a été faite à Lubumbashi. Des sources proches du ministère provincial de la Santé indiquent que l'équipe locale de riposte attend des instructions de Kinshasa.

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