Sénégal: Chanteur, guitariste, plasticien - Abdoulaye Diaw «Layranks», artiste multifacette

18 Avril 2021

Natif de Saint-Louis, Abdoulaye Diaw dit Layranks est un artiste touche à tout. Avec plusieurs cordes à son arc, il s'inspire du fleuve et de la mer pour composer ses mélodies et ses œuvres.

Guitariste, chanteur, peintre, décorateur, Abdoulaye Diaw dit Layranks est un artiste multifacette. Il a plusieurs cordes à son arc. Il s'est inspiré du terme scientifique «larynx», qui appartient au système respiratoire, pour se surnommer Layranks. À Saint-Louis, on l'appelle affectueusement «le poète du fleuve». Depuis 25 ans, il chante la vie, les rapports entre les hommes. «Le fleuve, c'est l'âme de Saint-Louis, c'est mon inspiration et il est féminin car toutes les déesses de l'eau sont des femmes», avance Layranks. C'est dans cette ambiance que l'artiste compose ses mélodies, comme s'il était dans l'eau, sous l'eau. Il passe le plus clair de son temps à chanter, à faire vibrer sa guitare sèche, à réaliser des chefs-d'œuvre d'art plastique, de patchwork, entre autres. Cette orientation artistique ne l'empêche pas d'être sensible aux faits qui rythment la société et son environnement. Ce qui me révolte, confie Layranks, «ce sont les actes d'incivisme, les inégalités sociales et les discriminations».

Dans ses compositions musicales, le titre «River Song» est sa chanson fétiche. «Pour tous mes morceaux, ce sont le fleuve et la mer qui m'inspirent», explique Layranks. «Dans River Song, je célèbre le fleuve. Je suis né dans l'île de Saint-Louis, on m'a baigné dans le fleuve et ensuite dans la mer», souligne-t-il. C'est une vieille tradition dans la ville. «Certains n'ont pas eu cette chance car, parfois, nous oublions notre culture, une valeur que nous conservons après avoir tout perdu», affirme l'artiste. Il s'évertue à la perpétuer à travers des mélodies qui chantent la déesse Mame Coumba Bang, génie tutélaire des eaux.

AISANCE ACOUSTIQUE

À travers ses différentes prestations, Layranks, pionnier du mouvement hip-hop de Saint-Louis dans les années 1990 (au sein du groupe Black Muslims), prouve toujours qu'il est l'un des piliers de la musique made in Saint-Louis. Passant avec aisance de l'acoustique au raggamuffin, il se produit dans les cabarets de la capitale du Nord et inspire toujours le respect et l'admiration des nouvelles générations. Agé de 47 ans, il a fait ses études primaires à l'école Ndaté Yalla du sud de l'île, ses études secondaires hors de Ndar. C'est vers 1993 que son destin le plonge subrepticement dans l'univers de l'art. La musique, l'art plastique, la décoration, etc., deviennent ainsi son domaine de prédilection, son espace d'expression et de dialogue avec les autres. Il se retrouve dans ce monde culturel où il finit par exceller. Son art lui a permis, au fil du temps, de sortir de sa coquille et de s'extérioriser.

À l'Institut français de Saint-Louis, lors du dernier concert du Festival «Métissons» initié depuis dix ans par Jean Michel Smitch, Layranks a partagé, dans un bel élan de solidarité et de mobilisation, la scène avec des musiciens espagnols qui jouaient du flamenco et Cheikh Lô. Ce fut une belle soirée au cours de laquelle le public a été également séduit par la prestation de Yinka Esi Graves, une grande danseuse de flamenco, restée profondément marquée par l'introduction de Layranks. Avec ses dreadlocks, son port vestimentaire atypique, Layranks est impressionnant sur scène. Il a le don de captiver les festivaliers. D'une énergie débordante, il mesure ses pas, saisit le micro, qu'il manipule avec une dextérité remarquable.

C'est un grand plaisir de le voir galvaniser son public. Auteur, compositeur et interprète, Layranks a l'habitude de présenter, avec beaucoup d'humilité, à ses fans et autres festivaliers qui le suivent d'une ville à une autre, d'un pays à un autre. L'artiste puise son répertoire musical dans toute la richesse du patrimoine sénégalais pour créer un style musical singulier.

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