Congo-Kinshasa: Lancement ce lundi aux Cliniques Universitaires de Kinshasa - Vaccination, la vraie bataille

19 Avril 2021

Comme annoncé il y a un mois et confirmé au milieu de la semaine dernière par la Task Force présidentielle chargée de la riposte contre la Covid-19, la vaccination contre cette pandémie en République Démocratique du Congo sera lancée ce lundi 19 avril 2021 dans la matinée à partir des Cliniques Universitaires de Kinshasa.

Sauf imprévu, la cérémonie sera pilotée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, en présence de plusieurs personnalités, notamment le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo et son collègue de l'Assemblée nationale, Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, des membres du corps diplomatique, etc. Les premières doses du vaccin AstraZeneca devraient être administrées aux personnels de santé.

Un chronogramme et des sites seront communiqués incessamment aux «volontaires», aux quatre coins du pays

L'option de vacciner la population congolaise a été levée, selon le ministre sortant de la Santé, Eteni Longondo, dans le but de mieux la protéger. Selon le même membre du gouvernement démissionnaire, toutes les conditions sont réunies pour l'administration, sans risque, de l'Astra Zeneca.

Casser la chaine de la méfiance

Il y a lieu de souligner que la campagne de vaccination anti-Covid-19 en République Démocratique du Congo démarre dans un contexte de forte méfiance des hommes, des femmes et des enfants de tous les âges à l'égard de toute la gamme des vaccins mis sur le marché à travers le monde. La planète « Terre » étant devenue un « petit village » grâce à la magie des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication), toutes les informations et mêmes les rumeurs en circulation en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie et en Océanie, avec en ligne de mire quelques cas d'effets secondaires parfois mortels sont connues du commun de Congolais.

Ici même au pays, plusieurs fausses alertes à la vaccination obligatoire des écoliers avaient semé la panique dans plusieurs écoles de l'arrière-pays, installant du coup une véritable psychose dans la mémoire collective. Pourtant, le caractère non obligatoire de la vaccination anti-coronavirus a été affirmé et réaffirmé plus d'une fois par les officiels.

Le lancement de la campagne de vaccination en RDC intervient au moment où la 3ème vague de la pandémie de Covid-19 a démarré dans le monde. Cette dernière, selon les informations disponibles, fait davantage des victimes parmi les jeunes. Chacun doit donc faire le bon choix, entre se protéger ou tenter le diable.

Selon les statistiques rendues publiques le week-end par l'OMS, trois millions de morts ont déjà été enregistrées depuis le début de la crise sanitaire. Notre pays a été faiblement frappé jusqu'ici mais rien ne nous rassure sur ce qui pourrait arriver avec les différents variants qui se développent aujourd'hui à travers le monde. Face aux nombreux risques auxquels nous sommes tous exposés, la solution à conseiller est celle de la vaccination. Et à ce stade, le monde dispose en dehors des vaccins chinois et russe, des vaccins AstraZaneca, Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson.

La campagne de la RDC démarre, avec le vaccin AstraZeneca qui a permis à l'Angleterre de maîtriser l'évolution de la pandémie sur son territoire. Il faut espérer que des efforts nnecessaires seront accomplis pour acquérir d'autres vaccins comme Pfizer et Moderna.

Améliorer la communication

S'il y a une stratégie que le Secrétariat Technique de Riposte contre la Covid-19 devrait privilégier, c'est la communication permanente sur les avantages et les inconvénients éventuels des vaccins qui seront utilisés en République Démocratique du Congo. La désinformation ayant tendance à prendre facilement le dessus sur la bonne information, une claire et rapide mise au point devrait être faite face à la moindre rumeur de vraie-fausse allergie, de vrai-faux décès, de vrais-faux effets secondaires... bref, de manipulation de l'opinion nationale.

On devrait se souvenir, à ce sujet, des rumeurs ayant circulé avec persistance l'année dernière à Kinshasa et faisant état d'une prime de 5.000 dollars américains réservée par le gouvernement à toute famille qui accepterait que son membre serait décédé de coronavirus. Cette cagnotte, laissait-on entendre, avait pour soubassement des milliards de dollars américains offerts par les partenaires extérieurs au gouvernement congolais, dans le but de promouvoir la vente des médicaments anti-Covid-19.

Il n'est pas exclu qu'une campagne faisant état de la motivation financière des volontaires à la vaccination contre le coronavirus ne soit de nouveau lancée dans les réseaux sociaux ou encore celle annonçant une hécatombe parmi les citoyens congolais vaccinés.

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