Sénégal: Ramadan sous Covid-19 - Les Sénégalais renouent avec les activités nocturnes après la levée de l'état d'urgence

Dakar — Au Sénégal, comme partout ailleurs, la communauté musulmane accueille et vit le mois béni de Ramadan dans un environnement sanitaire particulier et une ambiance envahie par l'indésirable intrus : Covid-19.

L'édition 2021 du Ramadan intervient, toutefois, dans un climat d'apaisement après la levée des mesures contraignantes de lutte contre le virus. L'état d'urgence et de catastrophe sanitaire en vigueur au Sénégal dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 a, en effet, pris fin le 19 mars dernier dans un geste de décompression sociale au lendemain des violences urbaines ayant secoué le pays début mars.

Le président Macky Sall avait, néanmoins, souligné que la levée de l'état d'urgence et de catastrophe sanitaire, ne signifie pas la fin de la pandémie, invitant le gouvernement à développer auprès des populations, une stratégie de communication persuasive et une mobilisation communautaire adaptée afin d'éviter tout relâchement, préjudiciable aux efforts collectifs jusque-là consentis pour faire face à la pandémie Covid-19.

Décidée à la veille du mois sacré, la fin de l'état d'urgence a été largement accueillie par les Sénégalais qui ont vécu, en 2020, un Ramadan très particulier, sans aucune activité nocturne. Couvre-feu oblige.

Cette année, la donne a changé mais le risque Covid pèse toujours sur le quotidien et rappelle aux uns comme aux autres, à travers des campagnes de sensibilisation, que le mal est toujours là et que le virus continue de circuler et de faire des victimes.

Les artères de Dakar, en particulier le Plateau et la névralgique Sandaga, vibrent comme à l'accoutumée au rythme de l'évènement. Pendant la journée, les rues et les mosquées ne désemplissent pas, et en dehors du port de masque imposé comme barrière, les gens vaquent à leurs occupations, les commerces s'activent et les ambulants envahissent les artères.

Le soir, les fidèles renouent avec la pratique des incontournables tarawih, et les mosquées connaissent une grand affluence au grand dam des autorités administratives et sanitaires qui redoutent plus de propagation du virus dans un pays qui subit, depuis quelques semaines, les affres d'une seconde vague plus virulente du coronavirus.

Touché par la Covid-19, le Sénégal qui a enregistré jusqu'à présent 39 782 cas positifs, dont 38 511 guéris, 1091 décès et 179 patients encore sous traitement, a lancé depuis le 23 février dernier, une campagne de vaccination. A la date du 18 avril, 380 665 personnes ont été vaccinées, selon le ministère de la santé, alors que l'objectif annoncé est de vacciner quatre millions de personnes.

Se souciant peu du port de masque, mesure "obligatoire" encore en vigueur officiellement, les Sénégalais dont les dispositions anti-Covid avaient complètement chamboulé le quotidien, semblent se rattraper cette année.

Le "manger ensemble", cette habitude ramadanesque par excellence refait surface pour partager en famille le Ndogou (repas de rupture de jeûne en wolof), et les nombreuses mosquées et zaouiyas confrériques du pays ne désemplissent pas et enregistrent une forte affluence.

Mois de piété et de recueillement avant tout, Ramadan imprègne, en effet, les longues nuits des Sénégalais qui veillent, à tout prix, sur l'accomplissement des prières collectives et la programmation de veillées et de rencontres religieuses pour la récitation et la déclamation du Saint Coran, ou encore pour le ressourcement à partir de la vie et des traditions du prophète Sidna Mohamed PSL.

Les responsables des mosquées peinent à faire imposer et respecter les dispositions préventives, notamment la distanciation. Peine perdue face à des fidèles convaincus que "la baraka" du mois sacré les protègera du virus.

Cet optimisme du Sénégalais lambda est loin d'être partagé par les spécialistes et les autorités du pays, préoccupés par la progression continue de la pandémie et inquiétés par une seconde vague marquée notamment par la détection du variant britannique chez des dizaines de patients.

Plus de: MAP

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