Cote d'Ivoire: Bouaké - 122 agents de la mairie menacés de licenciement

Un projet de réduction de l'effectif du personnel de la mairie de Bouaké a été entériné par la première réunion du conseil municipal qui s'est tenue, le 17 avril 2021, à la salle de mariage de la mairie, sous la présidence du maire Nicolas Djibo. Ce sont 122 sur 964 agents qui seront concernés par cette mesure. Laquelle n'est pas du goût du personnel qui, 24 heures avant la prise officielle de cette décision, a entamé une grève. Les agents ont pris rendez-vous devant les locaux de la mairie. Certains ont érigé des barricades qui ont perturbé la circulation. Les forces de l'ordre sont montées au créneau pour calmer les ardeurs.

Face à cette situation, Nicolas Djibo a invité les grévistes à une rencontre. Animant par la suite une conférence de presse, le premier magistrat de la commune de Bouaké, dira que cette décision de licenciement est une décision prise par la direction générale de la décentralisation et du développement local compte tenu du nombre pléthorique d'agents. Surtout que le budget communal qui est de deux milliards de F Cfa ne peut plus faire face, à la fois aux charges salariales et aux investissements. « Nous avons reçu un courrier spécifique de cette injonction de la part de ladite direction », a-t-il révélé.

Du reste, a-t-il informé, cette injonction est tellement formelle qu'elle est assujettie au budget 2021 de la mairie. « Le budget 2021 n'est pas mis en place parce que la tutelle attend que la mesure de licenciement soit prise et appliquée », a soutenu, Nicolas Djibo, non sans indiquer qu'une autre structure, à savoir, la direction générale du trésor leur a également recommandé, une réduction drastique du personnel avec pour conséquence, la réduction de la masse salariale. « C'est à la suite d'un audit fait par la direction générale du trésor que cette recommandation nous a été faite. Nous leur demandons de mettre fin à la grève », a-t-il lancé. Les personnes concernées par cette situation, dira le maire, sont tous les agents en situation précaire et permanente. Ceux qui sont régulièrement absents ou non réguliers au travail, ou ayant un rendement en baisse.

Pour le personnel, cette décision de réduire le nombre des agents n'est pas la seule solution qui vaille. Si l'on en croit, Oumar Koné, porte-parole du personnel, cette situation difficile que traverse la mairie est du fait de certains agents qu'il accuse de mauvaise gestion des deniers et leur manque d'initiatives en vue de renflouer les caisses de la mairie. « Par conséquent, nous avons demandé au maire de se séparer de ces agents. La mairie s'en portera mieux sur le plan financier », a-t-il exigé.

Poursuivant, Oumar Koné a rappelé qu'à la suite d'un atelier qui s'est déroulé récemment, des propositions de solutions avaient été émises par les participants en vue de trouver des mécanismes pour faire augmenter substantiellement le budget annuel de la mairie pour le faire passer à quatre milliards de F Cfa « Cela n'a pas été appliqué. Nous allons poursuivre la grève jusqu'à ce que cette décision de réduire le personnel soit levée », a-t-il prévenu.

Eric Brendoumi Kouamé, Directeur des services administratifs (Dsa), a rassuré que les agents qui partiront vont bénéficier du paiement des droits légaux de rupture de contrat ou de fin d'engagement avec paiement du préavis. Pour ce qui est des agents permanents, a-t-il insisté, ceux-ci vont bénéficier du paiement de six mois de salaire anticipé, ainsi que le rachat de la pension de retraite pour les agents engagés avant la crise de 2002 et n'ayant pas atteints les 15 ans de cotisation à la Cnps. Autre traitement spécial qu'a relevé le Dsa, c'est que la mairie se charge du paiement de la dette liée aux indemnités de départ à la retraite au titre des années 2018, 2019 et 2020.

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