Tchad: Idriss Déby réélu dans un contexte de tension

Le président sortant Idriss Déby est réélu avec 79,32 % des voix, à l'issue de la présidentielle du 11 avril, selon les résultats officiels provisoires publiés par la CENI.

Pour les militants et sympathisants du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, c'est une victoire méritée, au premier tour de leur candidat, le président sortant Idriss Deby Itno. Aussitôt ces résultats proclamés, ils se sont réunis à la place de la nation située, juste en face du palais présidentiel pour célébrer cette victoire.

Entouré d'une foule de supporters, Mahamat Zene Bada, le Secrétaire général du MPS et Directeur nationale de campagne du candidat Idriss Deby Itno s'est exprimé en ces termes: " Militants de l'ensemble des partis politiques qui ont soutenu le candidat du consensus Idriss Deby Itno, nous sommes ici pour fêter notre victoire au premier tour. La jeunesse a répondu oui, le peuple a répondu oui. Et Idriss Deby est notre président encore pour six ans. Camarade Idriss Deby Itno, en avant, en avant..yalaaaaaaa."

L'opposition conteste

Mais en face, l'opposition conteste ces résultats. Brice Mbaimongue Guedmbaye le président du MPTR le Mouvement des patriotes tchadiens pour la République est arrivé officiellement cinquième avec 1, 40 % des voix à cette présidentielle.

"Nous rejetons catégoriquement ces résultats. Ça ne reflète même pas la réalité. Pour nous, c'est un non-évènement. La cour suprême sera saisie au sujet de tout le processus électoral. Ce résultat ne nous engage pas du tout, c'est même une honte pour le pays " réagit-il.

La publication de ces résultats intervient dans un contexte marqué par la reprise des hostilités entre l'armée et les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), venus du sud de la Libye qui veulent renverser le président Idriss Déby Itno.

Une incursion dans un contexte de tension

Selon le politologue Evariste Ngarlem Toldé, l'incursion rebelle a sans doute précipité la publication des résultats provisoires de la présidentielle du 11 Avril ; pourtant attendu le mardi 27 avril prochain."La situation politique et militaire aurait joué un rôle dans cette proclamation des résultats. Beaucoup avaient parlé de transition, beaucoup ont appelé au dialogue et il faudrait que ce résultat soit proclamé pour que le Chef de l'Etat ait au moins les mains libres pour engager des négociations, le dialogue avec l'opposition en position de force en tant que président réélu " explique t-Il.

Pour prévenir toute tentative de manifestation contre les résultats de cette élection, le gouvernement tchadien a déployé lundi matin (19 avril) dans la capitale des chars de combat et des blindés dans les ronds-points, carrefours stratégiques et tout autour du Palais présidentiel. Le mouvement de ces engins de guerre a créé une panique générale dans la ville entraînant la fermeture des écoles, bureau et commerce. Une panique qui s'est accentuée dans la nuit à cause des tirs de joie effectués par les partisans du Maréchal-président, comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 2016. Selon un opposant " C'est la preuve que le régime Déby est un régime militaire, un régime autoritaire."

Selon la Commission électorale nationale indépendante le taux de participation à la présidentielle du 11 avril était de 64,81 %.

Plus de: DW

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