Tchad: Mahamat Idriss Déby, un pur produit de l'armée à la tête du conseil militaire

Mahamat Idriss Deby, Président du Conseil militaire du Tchad et président par intérim

La mort du chef d'État tchadien Idriss Déby Itno à peine annoncée, un conseil militaire de transition de quinze généraux a pris le pouvoir pour une durée de 18 mois avant, annoncent-ils, la tenue « d'élection libre et démocratique ». Le fils d'Idriss Déby, le général Mahamat Idriss Déby est le premier d'entre eux : un homme de pouvoir, militaire, mais plutôt discret.

Mahamat Idriss Déby est un pur produit de l'armée tchadienne. Selon certaines sources, il jouissait d'ailleurs de toute la confiance de son père sur le plan militaire. Âgé de 37 ans, il a étudié au Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad. Il a ensuite effectué un cours séjour dans une école militaire en France, avant d'intégrer les armées tchadiennes, suivant les directives de son père.

Il entre alors dans la Direction générale de service de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE), la fameuse garde présidentielle. Mahamat Idriss Déby, a déjà passé l'épreuve du feu sur le terrain puisqu'en 2009, à seulement 25 ans, il participe à la bataille victorieuse d'Am-Dam contre une coalition rebelle, menée par Timan Erdimi, dans l'est du Tchad.

À la tête du DGSSIE

En 2012, il est nommé à un poste de confiance, à la tête du groupement chargé de la sécurité du palais présidentiel, toujours au sein de la DGSSIE. Il finira d'ailleurs par prendre la tête de cette dernière.

Moins connu que son frère, Zakaria Idriss Déby Itno, directeur adjoint du cabinet civil à la présidence, il est perçu par certains opposants comme la « main exécutante » d'Idriss Déby. « Ces dernières années, il y a eu des échos de discussions au sein du clan présidentiel pour envisager qu'éventuellement un fils ou un autre membre de la famille puisse succéder au président, explique sur RFI Jérôme Tubiana, spécialiste du Tchad. Mais ces discussions ont plutôt donné lieu à des divisions et n'aboutissaient pas forcément. Donc Mahamat n'était pas la seule option. Là, c'est le choix du "militaire de la famille". Il n'a d'ailleurs pas été forcément choisi pour succéder à son père, mais pour réagir dans l'urgence à un décès qui n'était pas attendu. »

Cette DGSSIE qu'il dirigeait avait donné l'assaut sur le domicile de l'opposant Yaya Dillo il y a quelques mois, alors que ce dernier était en procédure judiciaire avec la première dame. Cette opération avait tué plusieurs membres de la famille de l'opposant, dont sa mère. Malgré tout, pour un observateur de la société civile, c'est un chef très estimé de ses hommes, et qui a su gagner le respect de ses soldats sur le champ de bataille. Dans cette période troublée, il serait un facteur stabilisant, faisant l'unanimité au sein des généraux.

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