Ethiopie: Un nouveau front entre Amharas et Oromos

Un jeune réfugié éthiopien dort sur un matelas sur un site de transit à Hamdayet, au Soudan.

Un nouveau foyer de violences en Éthiopie, déjà déstabilisée par la guerre dans le Tigré et des affrontements intercommunautaires dans plusieurs provinces. Cette fois, ce sont des membres des deux peuples les plus nombreux de la fédération éthiopienne qui s'affrontent de plus en plus violemment : les Amharas et les Oromos. Depuis plusieurs mois, une guérilla oromo mène des attaques meurtrières, notamment contre des Amharas.

Malgré l'état d'urgence déclaré dimanche 18 avril dans le sud de la région, des manifestations nationalistes amharas ont eu lieu ce mardi 20 avril, faisant monter un peu plus la tension. Un peu partout dans l'Amhara, ils étaient des milliers à marcher sous le drapeau aux trois couleurs de l'ancienne Éthiopie. Le poing levé, les manifestants dénonçaient ce qu'ils appellent le « génocide » des Amharas.

Depuis quelques semaines, les affrontements avec les Oromos se multiplient, là où les deux peuples se côtoient. Dans la ville d'Ataye, vendredi 16 avril, les forces de sécurité amharas ont abattu un commerçant oromo de la « zone spéciale », un district de l'Amhara ou vivent une majorité d'Oromos, après quoi des expéditions punitives d'habitants ont tué 18 personnes. Le mois dernier, c'étaient des dizaines de paysans oromos de la « zone spéciale » qui avaient été tués, parfois au cours d'épisodes de lynchage.

Abiy Ahmed accusé par certains nationalistes amharas de favoriser les attaques

Les autorités régionales et le gouvernement fédéral disent mener des opérations contre un mouvement de guérilla oromo. Mais les plus nationalistes dans la classe politique amhara accusent le Premier ministre Abiy Ahmed, lui-même d'origine oromo et s'appuyant sur des cadres oromos, de favoriser ces attaques. Les nationalistes oromos, en revanche, accusent les Amharas, désormais appuyés par l'armée érythréenne, selon eux, de chercher à prendre le pouvoir par la force et à réduire par la violence l'influence des Oromos sur la fédération.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.