Congo-Kinshasa: Massacres en Ituri - Tomas Lubanga hausse le ton et appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités

Le président du parti Union des patriotes congolais (UPC), Thomas Lubanga dénonce le silence des autorités congolaises sur la recrudescence des massacres horribles dans la province de l'Ituri. Au cours d'une conférence de presse tenue ce mardi 20 avril à Kinshasa, l'autorité morale de l'UPC appelle les autorités congolais à plus de responsabilités pour mettre fin à cette hémorragie de tueries des paisibles citoyens et qui tombent victimes à cause de certains intérêts politiques.

Revenant sur les massacres perpétrés sur les populations de l'Ituri, surtout dans les territoires de Djugu et Irumu, Thomas Lubanga et son regroupement politique UPC et alliés interpellent le gouvernement congolais, la communauté internationale en commençant par l'Union Africaine. Pour Thomas Lubanga, le secrétaire général de l'ONU via la Monusco et tout le corps diplomatique accrédité en RDC notamment, les ambassadeurs et représentants des pays membres du conseil de sécurité sont aussi interpellés. Lubanga les invite à se pencher sur la situation de l'Ituri dont les habitants sont massacrés comme s'ils ont plaidé coupable le fait d'appartenir à cette partie Est du pays.

Dans son évaluation, Thoma Lubanga indique que depuis le début du mois d'avril courant, plus de 6 secteurs dans le territoire de Djugu, sont farouchement attaqués par les miliciens CODECO. Toujours en avril, en territoire d'Irumu, l'autorité morale de l'UPC précise que plus de 3 secteurs sont attaqués par les miliciens FPIC ou Chini ya Kilima. «Le bilan de ces massacres est très lourd. Les morts se comptent par centaines, plusieurs centaines même. Car, beaucoup de sites de massacres sont encore inaccessibles à cause de la présence des éléments CODECO. Quant aux déplacés, ils se comptent par milliers», a poursuivi l'ancien justiciable de la CPI.

Le leader de l'UPC déclare que ce qui choque amèrement n'est pas surtout ces massacres, mais bien le silence, le désintéressement des autorités congolaises sur le sabotage des vies des habitants de l'Ituri. « En effet, personne, à quelque niveau de responsabilité que ce soit, tant en RDC qu'au niveau de la communauté internationale ne peut honnêtement prétendre qu'il ignore cette situation. Tout le monde l'a vu venir, mais personne n'a voulu agir pour empêcher qu'elle n'arrive. Tout se passe comme jadis au Rwanda où les Nations Unies ont laissé les Tutsis à la merci des machettes des miliciens Hutu pour crier après au génocide et verser les larmes de crocodile sur les victimes», s'est indigné Thomas Lubanga en fustigeant l'insensibilité des autorités congolaises et de la communauté internationale.

Sans déclarer la guerre à qui que ce soit, Thomas Lubanga invite le gouvernement congolais, la Monusco et tous ceux qui ont une parcelle d'autorité sur la situation de l'Ituri à stopper ce génocide qui se commet au vu et au su de tous tel que l'avait constaté l'actuel chef de l'Etat lors de son séjour dans ce coin.

Par ailleurs, Thomas Lubanga et son regroupement politique appelle à de fortes mobilisations de toutes les instances du pays, des regroupements politiques et de la société civile participant au gouvernement de l'Union Sacrée de la Nation ou non. Ce SOS, c'est pour sauver ce qui peut être sauvé avant que le chaos ne s'installe en Ituri, à en croire ce notable de l'Ituri. Selon lui, à cause de l'indifférence et l'inaction des décideurs, les morts qui tombent en Ituri hanteront demain leur conscience et ce, de façon inéluctable.

De son côté, l'UPC de Thomas Lubanga annonce des actions de grande envergure, et promet de solliciter des audiences auprès du président de la République, du Premier ministre et du ministre de la défense. Toutes ces démarches visent à éradiquer des massacres incessants qui se commettent du jour au lendemain en Ituri et qui emportent les vies de plusieurs paisibles citoyens.

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