Algérie: Bechar - Deux dictionnaires Korandji cherchent un éditeur

Bechar — Deux dictionnaires Korandji-Arabe-Anglais et Korandji-Arabe-Français, élaborés par deux chercheurs algériens, Ismail Yahiaoui et Lamine Souag, sont actuellement à la recherche d'un éditeur pour les mettre entre les mains des lecteurs ou autres chercheurs et universités, tant en Algérie qu'à l'étranger, a indiqué le sociologue Yahiaoui à Bechar.

"Nous avons mis au point deux dictionnaires dans le but de promouvoir et faire connaitre le parler Korandji, un parler unique tant en Algérie que dans les pays du Grand Maghreb", a précisé à l'APS M.Yahiaoui, enseignant de sociologie à l'université "Tahri Mohamed" à Bechar.

Malgré cette situation, le Korandje est encore parlé par un pan de la population de Tabelbella, notamment dans les quartiers Chraia et Zaouïa, avec ce constat lors de recherches sur le terrain pour l'élaboration de l'étude précitée que même les enfants l'apprennent souvent de leurs amis un peu plus âgés, selon le même universitaire.

L'ouverture d'un laboratoire de recherches dédié à ce parler à l'université "Tahri Mohamed" est un moyen de préservation de ce patrimoine culturel dont les origines historique sont probablement le résultat de l'expansion du commerce entre Tombouctou et Sijilmass au 13 siècle, qui aurait développé une agriculture dans les oasis situées sur cette route pour nourrir les voyageurs.

C'est probablement de cette époque que datent les quelques emprunts que le Korandji doit à un parler Tamazight très proche au zénaga de Mauritanie, explique le même chercheur.

HCA: vers l'officialisation du "Korandji" comme axe de recherches académiques

Ce dernier voit en la décision du haut commissariat à l'Amazighité de contacter la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique du ministère de l'enseignement supérieure et de la recherche scientifique pour inscrire le Korandji comme axe de recherche, au titre des plans nationaux de recherches (PNR) et ceux de l'Académie africaine des langues (ACALAN), une "importante" décision pour la promotion de ce parler.

Avec l'élaboration de ces deux dictionnaires, le public va certainement se familiariser avec le vocabulaire Korandji, et va renforcer ses connaissances concernant ce parler, a fait savoir M.Yahiaoui.

Tachelhit, langue des ksour de la Saoura

Tachelhit reste à ce jour la langue de communication des populations des ksour de la Saoura, notamment Béni-Ounif, Lahmar, Mougheul, Mazer, Igli, Boukais et surtout la localité agricole de Wakda (5 km au nord de Bechar).

Tachelhit reste la plus importante langue usitée dans ces Ksour, compte un nombre très important de locuteurs et reste transmis de génération à génération, constituant ainsi le socle des sociétés de ces localités, indiquent des chercheurs et universitaires locaux.

Cependant, est constaté un manque criard de recherches et d'études liés à cette langue maternelle dans la région, d'où le besoin de création d'un laboratoire de recherches académiques au sein de la faculté des sciences sociales, consacrées au parler Korandji et à Tachelhit, comme a tenu à le faire savoir le chercheur Yahiaoui.

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