Tchad: Décédé des suites de blessures lors de combats contre des rebelles - Idriss Déby Itno perd son 6ème mandat

Au pouvoir depuis 30 ans, le président tchadien Idriss Déby Itno est décédé hier, mardi 20 avril des suites de blessures reçues alors qu'il commandait son armée dans des combats contre des rebelles dans le nord, durant le week-end, a annoncé le porte-parole sur la télévision d'Etat. Agé de 68 ans, Déby venait tout juste d'être réélu à 79,32% des suffrages exprimés, selon des résultats provisoires énoncés lundi 19 avril dernier.

«Le président de la République, chef de l'Etat, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l'intégrité territoriale sur le champ de bataille. C'est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès, ce mardi 20 avril 2021 (hier, Ndlr), du maréchal du Tchad», a annoncé le porte-parole de l'armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l'antenne de TV Tchad.

En effet, des officiels de hauts rangs avaient informé, le lundi dernier, que le Maréchal s'était rendu, le weekend, sur le front opposant l'armée tchadienne à des rebelles qui avaient lancé une offensive à partir de bases arrières en Libye, le jour du scrutin présidentielle, le 11 avril dernier.

Ainsi donc, Idriss Déby Itno réélu avec 79,32% des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires énoncés lundi 19 avril, au soir par l'instance électorale nationale, ne fera pas son sixième mandat à la tête du Tchad. Une magistrature suprême qu'il s'est emparé à l'issu d'un coup d'Etat, en 1990. Militaire de carrière, il avait été promu au rang de Maréchal au mois d'août dernier.

TRANSITION MILITAIRE DE 18 MOIS

L'un de ses fils, général quatre étoiles de 37 ans et commandant de la garde présidentielle, Mahamat Idriss Déby Itno, dirigera un conseil militaire chargé de remplacer le défunt président, a annoncé l'armée à la radio d'État. A l'issu des 18 mois que va durer la transition, l'armée promet d'organiser des élections «libres et démocratiques». Selon l'armée, ce Conseil militaire de transition «garantit l'indépendance nationale, l'intégrité territoriale, l'unité nationale, le respect des traités et accords internationaux et assure la transition pour une durée de 18 mois», non sans poursuivre que «de nouvelles institutions Républicaines seront mises en place à l'issue de la transition par l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes».

LA STABILITE DE LA REGION MENACEE

La stabilité du pays et de la région inquiète plus d'un. Déjà, les rebelles, qui mènent depuis neuf jours une offensive contre le régime tchadien, ont promis de marcher sur N'Djamena. Pis, ils ont rejeté "catégoriquement" le conseil militaire de transition mené par le fils du défunt président. «Nous rejetons catégoriquement la transition (...) Nous comptons poursuivre l'offensive», a assuré Kingabé Ogouzeimi de Tapol, le porte-parole du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), joint par téléphone depuis Libreville par l'AFP.

Une inquiétude que semble partager la France. Dans le communiqué de condoléances confirmant le décès du président tchadien, le président français, Emmanuel Macron qui dit avoir perdu «un ami courageux» n'a pas manqué d'exprimer «son ferme attachement à la stabilité et à l'intégrité territoriale du Tchad». En effet, allié de Paris depuis près de trente ans, le Tchad d'Idriss Déby s'est imposé comme un partenaire éminemment stratégique dans la région. Le positionnement géographique du Tchad est une autre raison pour la France de soigner sa relation avec le Tchad. Le pays est un véritable carrefour dans le Sahel et constitue une position clé pour les mouvements Djihadistes et migratoires.

Dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, Paris compte aussi sur l'efficacité de l'armée tchadienne. Modernisée grâce à l'argent de la rente pétrolière du pays et habituée à combattre aux côtés des soldats français, les forces armées tchadiennes sont devenues indispensables au Sahel.

Plus de: Sud Quotidien

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