Sahara Occidental: Le Conseil de sécurité appelé à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l'occupation marocaine

Alger — Le Conseil de sécurité onusien qui se réunit ce mercredi pour examiner les développements de la question sahraouie doit prendre des mesures concrètes pour accélérer le processus visant à mettre fin à l'occupation marocaine des territoires sahraouis, indiquent des diplomates sahraouis.

"Le Maroc tente depuis 30 ans d'entraver l'application de l'accord signé avec la partie sahraouie, sous l'égide des Nations unies en 1991. Il est désormais impératif pour le Conseil de sécurité de l'ONU de décider d'accélérer le processus visant à mettre fin à l'occupation marocaine et clore ainsi le chapitre de la décolonisation du Sahara occidental", a déclaré le ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek.

Il a indiqué, en outre, que le Conseil de sécurité était tenu, de par ses propres responsabilités et la nature juridique de la question sahraouie, de prendre les mesures nécessaires et suffisantes pour garantir au peuple sahraoui ses droits légitimes reconnus par l'ensemble des organisations internationales et régionales, en mettant fin à ses souffrances et aux violations systématiques que le Maroc continue de commettre dans les territoires occupés".

"Tant que le Maroc est incapable d'honorer ses obligations tenues sous la supervision du Conseil de sécurité, ce dernier, en tant que garant de l'accord entre les deux parties, doit conclure que la situation ne saurait tarder après de longues années d'attente et qu'après l'agression du 13 novembre, il est désormais impossible que les choses ne changent pas", a poursuivi Ould Salek

Il est prévu que le Conseil de sécurité de l'ONU discute, tard dans la journée lors d'une séance à huis clos, de l'évolution de la situation au Sahara Occidental, cinq mois après la reprise de la guerre entre la RASD et le Royaume du Maroc.

Au cours de cette séance, un exposé du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Chef de la Mission des Nations Unies chargée de l'organisation du référendum pour l'autodétermination au Sahara occidental (MINURSO), Colin Stewart sera auditionné, sur le travail de la mission, dont le mandat a été prorogé jusqu'au 31 octobre prochain, conformément au programme du Conseil de sécurité pour le mois d'avril.

L'absence de nomination d'un nouvel Envoyé du SG de l'ONU au Sahara occidental débattue au Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations Unies se penchera sur les développements de la question sahraouie en l'absence de nomination d'un nouvel envoyé personnel du secrétaire général (SG) de l'ONU, Antonio Guterres, au Sahara occidental, et ce, deux ans après la vacance de ce poste.

En effet, aucun envoyé n'a été nommé dans la région depuis le départ de Horst Kohler. L'ONU parle de difficultés à trouver un candidat jouissant de la confiance des deux parties.

Le Maroc, soutenu par son allié traditionnel, la France, tente de faire porter la responsabilité au Front Polisario, alors que les deux derniers candidats proposés par Antonio Guterres et approuvés par le régime du Makhzen sont connus pour leur allégeance à la partie marocaine, selon des observateurs proches du dossier.

Selon ces observateurs, le Maroc, qui a entravé le travail des anciens envoyés de l'ONU, les poussant même à la démission, rejette la nomination à ce poste de candidats issus de pays connus pour leur neutralité envers la question sahraouie, comme les pays scandinaves, l'Australie, l'Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas.

A ce propos, il a imputé le retard accusé par rapport à la désignation d'un nouvel émissaire aux "conditions préalables mises par l'occupant marocain ainsi que sa position défavorable", ajoutant que la nomination d'un nouvel envoyé personnel n'est pas un objectif pour la République arabe sahraouie démocratique (RASD) mais il s'agit plutôt d'un moyen devant avancer le processus pacifique en faveur d'une solution équitable et durable, basée sur le respect du droit immuable du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Le diplomate sahraoui a affiché l'attachement de son pays aux conditions de "compétence, de probité et d'indépendance" qui doivent être remplies par tout nouvel émissaire".

Pour rappel, la guerre entre la RASD et le Maroc a repris le 13 novembre dernier suite à la violation par les forces marocaines de l'accord de cessez le feu signé en 1991 avec le Front Polisario en menant une agression contre des Sahraouis dans la région tampon d'El Guerguerat.

Inscrit depuis 1963 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc.

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